‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 35 sur 47 · Lancereaux. Loc. cit., observation, p · texte numérisé non relu

Lancereaux. Loc. cit., observation, p

Phase À La

so — mois : nouveaux accès de fièvre. Accroissement de la faiblesse, 1894. Admission nouvelle à Saint-Antoine (séjour de mai à, août).

La perte de l’appétit, l'intensité de l’ictère, une faiblesse générale, des vertiges nécessitent son entrée à l’Hôtel-Dieu (service de M. Lancereaux).

27 août 1894 : L’examen du malade décèle une teinte jaune, brunâtre, bronzée de la peau, un prurit intense.

Foie volumineux ; commence entre la quatrième et la cinquième côte et descend en bas jusqu'à l'ombilic.

Rate énorme. Petit diam : 18 à 19 centimètres.

— Grand diam : 28 à 29 centimètres.

Urines des vingt-quatre heures : 1 1. 1/2.

« Le malade se plaint de pesanteur et de somnolence à la suite des repas, de ballonnements du ventre, d'éructations gazeuses et de constipation ; il a des pituites tantôt blanches, tantôt vertes le matin à son réveil, des nausées et des efforts pénibles de vomissements. Le sommeil est mauvais, le malade accuse des cauchemars et des rêves terrifiants, des réveils en sursaut et en sueur, des crampes dans les mollets,la nuit surtout.et enfin des picotements et des fourmillements dans les pieds. Il ya une hyperalgésie très marquée au niveau de la plante des pieds qui, jointe aux phénomènes précédents, conduit à reconnaître ‘un certain degré d'intoxication par les boissons avec essences, et en effet le malade reconnaît qu’il prend chaque Jour plusieurs apéritifs (absinthe, amer Picon, vermouth). Néanmoins, ajoute M. Lancereaux, en présence des phénomènes observés chez lui,

nous n’hésitons pas à porter le diagnostic de : hépatite et

splénite paludiques. »,

7 on — D'’août à octobre état stationnaire, La température oscille de : 35°5 à 37°.

15 octobre 1893: Ce jour-là survient: « Vers 3 heures du soir un violent frisson suivi de chaleurs et de sueurs abondantes et ce même accès se répète quotidiennement jusqu'au 17 novembre, malgré l'administration quotidienne de 1 à 2 grammes de quinine. La température du matin qui est de 35°9 à 35°5, monte au moment de l’accès jusqu’à 3 et plus. »

En 1895 accès de fièvre irréguliers. Le foie est descendu jusque dans la fosse iliaque. La rate mesure 17/26.

« La température oscille entre 36° et 38° mais de temps en à autre vers 3 heures du soir, elle monte brusquement jusqu’à 39° et même 395 tandis que le malade éprouve des frissons. Ces accès se montrent d’une façon irrégulière, de préférence au printemps et à l’automne, parfois aussi pendant l'été; ils se manifestent d’abord tous les quatre ou cinq jours puis tous les quinze ou vingt Jours, »

La mort survient en décembre 1896 après une diminution pro-

gressives des forces et du poids du corps.

De cette observation on peut dégager les réflexions suivantes : l’individu présentait au plus haut degré les signes d’une imprégnation alcoolique de vieille date. En outre, on notait chez lui, comme on le fit à Saint- Antoine, tout le cortège symptomatique d’une cirrhose hypertrophique avec ictère. Il est bon de remarquer que son séjour dans la Bresse fut marqué de quelques accès seulement de fièvre intermittente ; et que de 19 à 36 ans il n’eut aucune atteinte de fièvre. Les accès

notés à partir de ce moment ne furent influencés nulle-

ment par le sulfate de quinine puisque l’on était en présence d'accès fébriles dus à des accès hépatiques. En nous reportant denouveau au Traité de MM. Kelsch et Kiener nous constatons la présence d’hépatites chroniques paludéennes qui ne sont en dernière analyse, comme le nota M. Lancereaux, que des cirrhoses alcooliques. Et cette cachexie qui survient, ne tient nullement à une atteinte de malaria antérieure, mais

bien à l'alcoolisme.

Dans le premier cas (1), il s’agit d'un maréchal des logis de spahis de 39 ans, entré à l'hôpital de Biskra le 26 mars 1873. « Habitudes alcooliques». Versl’âge de29 ans ce malade aurait eu «une forte atteinte de fièvres palustres. » Depuis, il a des accès irréguliers revenant à des intervalles éloignés. Détaché dans le Sud Algérien, ce sous-officier eut en octobre 1872 « une fièvre grave avec perte de connaissance, délire, vomissements et diarrhée».Puis « un état dyspeptique avec vomissements bilieux, fréquents retours de la diarrhée, teinte subictérique des téguments, tuméfaction douloureuse des hypocondres a amené progressivement une anémie profonde et la perte des forces. >» A Biskra « on a constaté une cachexie profonde, muqueuses pâles, sclérotiques jaunâtres ; hébétude, parole lente et difficile, marche chancelante, vertiges, rêves nocturnes, tremblement des mains. Foie volumineux, débordant les côtes de quatre travers de doigt, dur, lisse et douloureux à la pression.

« Rate tuméfiée, vomissementsbilieux le matin, diarrhée inces-

sante ; dix à quinze selles liquides par jour ; soif vive; langue

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