‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 36 sur 47 · Kelsch et Kiener. Loco citato, p · texte numérisé non relu

Kelsch et Kiener. Loco citato, p

ta

sèche. » La fièvre baisse pendant un certain temps, puis prend.

une marche rémittente et la mort survient le 18 avril.

Ainsi le malade aurait eu des fièvres, mais : « sa robuste constitution demeurait cependant intacte ». De plus les accès ultérieurs ne sont pas caractérisés. En revanche, nous voyons décrits tous les signes de l’intoxication éthylique que l'anatomie pathologique vient confirmer. Le foie est volumineux (2.575 gr.), « bords mousses, consistance ferme, aspect muscade... La capsule adhérente partiellement au diaphragme est soulevée par une multitude de granulation miljaires jaunâtres ».

Dans le second cas (1) il s’agissait d'un journalier maltais, âgé de 55 ans, qui aurait contracté les fièvres intermittentes trois ans auparavant dans la région de Bône. Les accès au début sont « rebelles mais sans gravité ; depuis lors, accès rares et irréguliers ; il fait usage journalier d’anisette, notamment à jeun le matin », mais affirme n'avoir jamais fait d'abus.

A l’entrée à l'hôpital, dysenterie, gonflement du ventre, œdème léger des membres inférieurs. Épanchement ascitique avec tympanisme. Circulation veineuse de la région des hypocondres, diminution de volume du foie, hypertrophie de la rate. Selles muqueuses et sanglantes, augmentation progressive de l’ascite, ponction abdominale. Écoulement de sérosité pendant vingt-quatre

heures. Péritonite. Mort un mois après l'entrée à l’hôpi-

1, Kelsch et Kiener. Loco cutato, p. 698.

ui 4, Der ra

tal. À l’autopsie on trouve un foie pesant 1.300 grammes, petit, avec une capsule foncée et une surface granuleuse. Les granulations sont en très grand nombre.

Il ressort de l’observation même que les accès de fièvre intermiftente furent sans gravité, peu fréquents et irréguliers: Dès lors, pourquoi faire jouer un rôle à < ces antécédents palustres » ? Ces accès tenaient sans nul doute à l’état de son foie. Notons, en outre, qu'ici encore nous nous trouvons en présence d’un éthylique chronique. Cette ingestion quotidienne d’anisette, même sans abus, permit de réaliser ce type de l’alcoolisme lent, discret mais sûr.

Si nous poursuivons l’analyse par une autre série d'observations parues dans les Archives de Physiologie (1) il s'en faut de beaucoup que nous puissions orienter notre conviction dansle sens du paludisme.

Résumons ces cas :

1° Un disciplinaire âgé de 25 ans entre à l’hôpital de Bône, le 15 mars 1875. Il avait eu des accès de fièvre intermittente et venait d’être « soumis à de durs châtiments, prison et séjour prolongé dans un silo ». Mort le 26 avril, après avoir présenté de l’ascite, des épistaxis abondantes et de l’ictère. L’autopsie révèle un foie diminué quant aux diamètres transverse et antéropostérieur ; la surface présente « un fond de couleur noirâtre sur lequel font saillie des tumeurs jaunes du volume d’un grain

de mil à celui d’une noix ». Rate triplée de volume. La rubrique

1. Kelsch.et Kiener. Archives de physiologiè normale et pathologique. Des affections paludéennes du foie. Année 1878, 2e série, tome V.

A Di

de l’observation porte : Gachexte palustre terminée par ascite, ictère intense, somnolence et hémorragies. (Obs. 1, p. 356. Loco citato. Année 1879, 2° série. Tome VI).

2 Un journalier de 40 ans qui « a eu tous les étés des fièvres intermittentes sans symptômes graves » eut six semaines avant son entrée à l’hépital une nouvelle atteinte de fièvres intermittentes et continua néanmoins son travail. Il entre à l’hôpital pourascite due à une cirrhose éthylique. Six mois après il « succorbe dans la cachexie avec un ensemble de symptômes (ictère faible, somnolence, pétéchies reproduisant dans leur expression atténuée les phénomènes caractéristiques de l’ictère grave ». Foie clouté (1.573 gr.) Plusieurs litres de sérosité dans le péritoine. Rate — 800 grammes.

Le paludisme est incriminé (Obs. II, p. 360 et p. 367, loc. TE) E

3° L'observation de Bel Kassem ben Amar (40 ans) estintitu-

e : Gachexie paludéenne, cirrhose nodulaire. (Obs.III, Loc. cit. p. 368).On ne sait rien pourtant sur cet individu « mort subitement la veille à la colonie pénitentiaire d’Ain-el-Bey où il était détenu. Le médecin chargé du service de santé de l’établissement ne put nous donner aucun renseignement car le sujet en question ne s’est Jamais présenté à la visite ».

4 « Ch..., 40 ans, amené à l’hôpital de Philippeville le 7 décembre 1876 ; il a été trouvé sans connaissance, étendu sur la grande route près de Jemmapes ; on ignore ses antécédents » (Obs. IV, p. 597). Meurt dans la nuit du 7 au 8 sans avoir repris connaissance, et après des manifestations de méningite cérébrospinale, comme le déclarent les auteurs de l’observation (1).

1. Kelsch et Kiener. Annales de Physiologie nr et path., 2° série, 1878, tome V.

Page 1