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De ces quatre observations il y en a deux qui appartiennent aux cirrhoses alcooliques.
L'observation I est une cirrhose de Laënnec, l'obser-
| vation II est une cirrhose hypertrophique. La manière
dont ces individus furent traités n’est point enregistrée. Dans l'observation III on ne sait rien sur l’indigène, puisque de son vivant il n’a jamais été à la visite et qu'il est mort subitement. Dans l'observation IV où l’on ne fait pas intervenir, il est vrai, la « cachexie paludéenne », l'hépatite parenchymateuse est déclarée paludéenne malgré l'ignorance avouée des antécédents.
Les faits cliniques rapportés par Véron dans son travail sur « les cirrhoses paludo-alcooliques » ne sont pas plus démonstratifs. -
Oss. I.— (1) Hornme de 50 ans « buveur et paludéen », entre à l’hôpital de Philippeville le 3 octobre 1882. Malade depuis un mois.
Troubles digestifs, perte d’appétit. Constipation. Léger ictère Région splénique douloureuse, Rate et foie légèrement augmentés de volume. Ascite quinze jours après l’entrée. Vénosités abdominales. Ictère plus intense. « Surviennent intercurremment des accès de fièvre palustre à type tierce.» Évolution rapide. Amaigrissement. Diarrhée bilieuse.
Au bout d’un mois et demi de séjour dans le service le malade. meurt dans la cachexie. Autopsie : 4 litres de liquide dans le péritoine. Foie : 1.750 grammes. Surface lisse, la coupe est
dure. Aspect granulé de la coupe.
1. Véron. Archives générales de médecine. Année 1884, 7e série, 2e semestre, p. 314, 315, 316 et 317.
CE à Fa Os. IT. — « A..., marchand de vins à Robertville, a eu de nombreux accès de fièvre palustre : les derniers remontent au mois d’août et l'ont quitté au mois de septembre.» A ce moment perte d’appétit, douleur de l’hypocondre gauche. Le travail est encore possible. « Un mois après, il commence à enfler, et :l se décide à entrer à l’hôpital, » Foie légèrement hypertrophié. Teinte subictérique. Quelques vénosités abdominales. Diarrhée légère. « Rate assez Peu et douloureuse, » Séjour d’un mois et demi à l'hôpital. « Il maigrit, se cachectise rapidement et meurt trois mois et demi après le début de l'affection. > Autop-
sie : Dans l'abdomen, « 5 litres environ d’un liquide citrin. »
Foie: 1.700 grammes. Pas de granulations. La coupe est dure.
Aspect granulé.
Os. IV. — « Du..., garde champêtre, 48 ans, paludéen et très alcoolique entre à l’hôpital de Blidah le 15 décembre. » Malade depuis un mois. A cette époque, perte d’appétit, vomissements, constipation. Douleur sourde dans l’hypocondre droit et dans la région splénique. On constate pendant son séjour à l’hôpital (du 15 décembre au 1°" février) : légère hypertrophie de la rate et du foie, douleur à la pression dans ces deux régions, « ictère tenace et généralisé », légère ascite. Amaigrissement. Sorti le 1: février, rentre le 18 mars « dans un état de cacheæie profonde ». Ictère très intense, fortes douleurs aux hypocondres, ascite en quantité moyenne, vénosités abdominales, émaciation squelettique. Diarrhée bilieuse très intense. Mort six Jours après son entrée à l’hôpital, 4 mois environ après le début de la maladie. Autopsie : 3 litres de liquide dans le péritoine. Foie 2.100 grammes, dur, jaunâtre ; la coupe est ferme, Rate
« assez volumineuge ».
Nous n'avons pas parlé de l'observation III qui concerne « un ex-gendarme alcoolique invétéré », l’auteur ne disant pas qu’il meurt de cachexie. Ce décès est dû à une cirrhose hypertrophique alcoolique.
La description clinique jointe aux résultats de l’autopsie montre dans les trois cas trois cirrhoses hypertrophiques alcooliques. Dans deux observations (Let II) les antécédents des malades sont fort incomplets. Puis la question ne s’est même pas posée de savoir si les accès de fièvre étaient légitimes mais bien plutôt symptomatiques et dus à l’état d’un foie alcoolique. Ici encore, le traitement avant et pendant le séjour à l’hôpital n’est pas relaté. Et enfin, chose à peine croyable, il n'est même pas fait mention de la rate à la nécropsie. Dans l'observation IV nous savons seulement que l’organe splénique était assez volumineux.
Parmi les affections du tube digestif qui se sont introduites dans le cadre de la cachexie paludéenne, nous devons signaler les troubles gastro-intestinaux. Eux aussi, jouent un rôle considérable dans la pathologie des pays chauds, de l’Algérie notamment. Pendant les années qui suivirent la conquête on les nota fréquemment chez des soldats dont beaucoup peu ou point acelimatés n’observaient pas vis-à-vis des boissons une tempérance suffisante. Pour des causes différentes, il en était et il en est encore aujourd'hui absolument de même chez les indigènes. La principale cause occasionnelle de ces troubles gastro-intestinaux, d’abord passagers puis chroniques, relève du Ramadan (époque du jeûne dans la religion musulmane). Finot l'avait noté
Treille 1
e mémoires de médecine miuarante jours est
en 4844 dans le Recueil d litaire (4) : « Le Ramadan qui dure q ) fournissent le plus d’affecbitués à une vie régulière ils pendant le jour,
l'époque où ils (les Arabes tions gastro-intestinales. Ha jent tout à coups forcés d'observer inuit au coucher du soleil, la diète la
se vo c’est-à-dire de m
plus sévère d'aliments et de boissons ; et le soir, au ils compensent ces longues heures de ieux qui se prolonge jusqu’à mis et de danses sans
coup de canon, jeûne par un repas cop nuit, qu'ils accompagnent de chant se livrer pour ainsi dire au sommeil. »
Or ces affections gastro-intestinales se traduisent toujours chez les indigènes par une augmentation de Yolume de la rate, et souvent du foie, de la dyspepsie, upe teinte parfois jaunâtre, du subictère et quelquefois même, mais beaucoup plus rarement, de l’ictère. Il faut bien savoir que l'auto-intoxication, les angiocholites, l'infection en un mot,peut déterminer chez eux comme chez les Européens des accès de fièvre. Il n’est pas permis d'ignorer que ces accès ressemblent trait pour trait aux accès de fièvre parfaite (2). Et il faut se convaincre