Gaucher. Thèse de Paris, 1882, n° 31, p
Nous ferons la même remarque pour la splénomegalie primitive de Debove et Bruht (maladie qui d’ailleurs est la même que celle décrite par M. le professeur Gaucher). Les observations 6, 9, 41 et 12 sont intéressantes, parce qu'on y voit outre une hypermégalie énorme une anérhie et une cachexie progressives, et que l’erreur n'a pas été commise {1). Le fait mérite encore plus d'être souligné pour l'observation 13 empruntée à Lodi: Dans les antécédents du malade on relevait une fièvre tierce qui dura trois mois. Puis, quand l'affection fut établie, il y eut une fièvre vespérale irrégulière; la rate mesurait à l’autopsie 19/22.
Beaucoup d'auteurs auraient été tentés de mettre cette
mort au compte de la cachexie paludéenne.
A l'heure actuelle nous sommes obligés de faire une place à part à l’ictère infectieux chronique splénomégalique. Ce syndrome décrit par Hayem puis par Lévy (2) en a sûrement imposé pour du paludisme avant d’être identifié.
Bien que le malade de l’observation I ait eu des accès de fièvre à son retour du Sud Algérien et une hypertrophie manifeste de la rate, Lévy n’en fait pas pour cela une splénomégalie palustre. Les faits lui ont donné parfaitement raison. Combien d’autres seraient passés à
côté du diagnostic !
Sans insister sur l’ensemble symptomatique de la
1. Cf. Archives générales de médecine. Ann. 1884, article: Splénomégalie primitive, par Bruhl.
2. Lévy (J). De l’ictère infectieux chronique splénomégalique.
Thèse de Paris. Juillet 1898, p. 9 et p. 73.
maladie de Banti (qui se joindra, si son existence est réelle, aux états confondus avec la cachexiepaludéenne), nous signalerons encore le Xala-Azar. « Jusqu’en 1903, écrit Wurtz (1), le Kala-Azar était confondu avec le paludisme, » Or, nous savons qu’on a signalé le Kala- Azar en Tunisie.
Il n’est pas jusqu'à la syphilis qui ne puisse dans certains cas et à une certaine période mettre le diagnostic en suspens. |
« Le typeintermittent, écrit le professeur Fournier (2), est sans contredit celui qu’affecte le plus fréquemment la fièvre syphilitique de forme essentielle... Dans leur forme la plus complète ils (les accès) se rapprochent plus ou moins de l’accès fébrile d’origine palustre, en ce sens qu'ils peuvent être décomposés en trois stades successifs où prédominent tour à tour le froid, la chaleur et les sueurs. Mais ils n’affectent que très rarement cette forme parfaite, s’il m'est permis de la gratifier ainsi ». Qu'il nous suffise done de marquer au passage l'erreur que l’on peut commettre dans un pays « à malaria » si l’on ne prend garde à la physionomie générale de l’accès. Avant de faire entrer le paludisme en ligne de compte il est done sage de ne pas prononcer tout de suite, si l’on n'est pas absolument sûr de son diagnostic. Comme preuve de ce que nous avançons, . prenons à témoin un cas de Barthélemy (3) ; ainsi
1. Brouardel-Gilbert. Nouveau traité de médecine et de thérapeulique. Article de Wurtz, p. 230. Tome VI (1906).