‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 41 sur 47 · ATEN · texte numérisé non relu

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fièvre ; 3° sur l’heure des accès ; 4° sur le nombre des rechutes ; 5° sur les manifestations présentées à l’hôpital; 6° sur les dimensions de la rate durant la maladie ; 7° sur le traitement préconisé ; 8° sur tes symptômes mêmes de la cachexie ; 9 on ne s’explique pas, si l’on admet l'hypertrophie de la rate à la suite d’accès

< paludéens », comment celle-ci a pu rester normale.

Oss. 4, — D... chasseur, 23 ans.

Entré à l’hôpital le 4 décembre 1842.

Premier séjour du 12 novembre au 29 novembre « pour une fièvre quotidienne ».

4 décembre revient à l’hôpital : Symptômes d’embarras gastrique fébrile.

Le malade reçoit une dose de 6 décigrammes de quinine par jour. Du 25 décembre au 6 janvier, amélioration. « La matité splénique est très peu étendue. »

Malgré la quinine, le vin de quinquina, le sous-carbonate de fer, les forces ne reviennent pas.

24 janvier. — A cette date : la cachexie était parfaitement déclarée : Teint jaunâtre de la peau ; lèvres minces, décolorées; langueur dans la physionomie ; faiblesse extrême ; embonpoint conservé ; demi-surdité ; constipation, ventre souple. La rate et le foie sont à l’élat normal. Point d’œdème. On continua les toniques, les diurétiques, le vin de canelle, le quinquina, le sous-carbonate de fer, l’azotate de potasse, le sous-acétate d’ammoniaque ; frictions sèches et aromatiques sur la peau. Le

malade sort parfaitement guéri le 6 mars.

4° Aucun renseignement précis sur la fièvre ; 2° lacune

entre le 6 et le 24 janvier, jour où Jon déclare la cachexie

établie.

O8s. 5. — Elle concerne un nommé H... du 9° chasseurs qui était entré à l’hôpital, « pour une fièvre gastrique plusieurs fois récidivée et qui avait pris naissance au camp de la Tafna. » En raison des symptômes suivants :« Etat cachectique, vomissements opiniâtres, constipation, fièvre nulle », foie volumineux, rate grosse (15/11 cm.) M. Catteloup pose le diagnostic de cachexie paludéenne, n’accordant, semble-t-il, aucune importance à «une tumeur globuleuse au centre de l’épigastre sous la paroi abdominale à laquelle elle n’adhère nullement.» Un aide-major plus avisé, pose au contraire le diagnostic de « Squirrhe du pylore » (1)° L’autopsie le prouve surabondamment : le foie est cancéreux ; tous les ganglions du mésentère sont pris et la plus grosse

tumeur « comprime le pylore. >» Pas d’œdème, ni traces d’ascite.

Nous ne nous attarderons pas à discuter cette observation. Nous retiendrons simplement laveu de Catteloup : « Nous avouons n'avoir point diagnostiqué dans ce cas pendant la vie, l’altération que nous devions plus tard constater dans le foie. Vous er sommes très souvent réduit à n'avoir de positif sur ces affeclions-que ce qui nous est révélé à l'autopsie : les lésions anatomiques. » Tout commentaire affaiblirait la portée

. de ces lignes.

1. Rappelons que dans le cancer de l’estomac, lorsque la fièvre existe « elle revêt presque toujours le type intermittent, el ses accès sont comparables à ceux de la fièvre paludéenne. » (Courtois-Suffit. Maladies du tube digestif, p. 350, in Manuel de médecine, Debove-Achard. Tome V, 1895).

Oss. 6. — Elle vise un nommé B..., 24 ans, qui entre à l’hôpital d'Oran pour « des fièvres gastriques quotidiennes » dont il est atteint depuis huit jours. C’est tout ce que nous savons de ses antécédents. Ce qui est certain c'est qu'après quelques jours d’un traitement qui ne nous est point révélé, l'individu est pris « tout à coup d’un refroidissement » qui détermine de l’'ascite, de l’anasarque. Pour combattre cet état on lui donne de

la quinine à hautes doses ; il meurt en peu de temps.

Le protocole d’autopsie est muet sur les lésions rénales, ce qui pourtant valait la peine d’être rapporté, puisque nous avons aflaire à une banale néphrite a frigore aggravée par le traitement quinique. L'auteur nous fait connaître les dimensions de la rate (19/13 cm.) mais nous

‘ignorons ce qu’elles étaient du vivant de l’individu. Le foie a une « couleur bleue ». |

Dans la plèvre et le péricarde on note un épanchementi de liquide. Signalons une fois de plus le vague très grand qui plane sur cette fièvre gastrique dont les

manifestations ne sont même pas décrites.

Oss. 7. — Il s'agit d’un nommé M.., 34 ans (remplaçant, soldat du 2° escadron du train). |

Entré dans le service le 23 octobre 1850 « pour une ascite énorme avec anasarque suite de fièvres contractées à la Tafna ; deux mois d’invasion ».

A son entrée quoique ce soit «un paludéen » la rate est normale, ce dont il faut une fois de plus s'étonner, si l’on admet que la fièvre paludéenne fait gonfler la rate. Pendant le séjour à l’hôpital se déroule le tableau de l’anasarque avec œdème du

Treille à 8

poumon. Il y a des « accès de fièvre qui mouillent le lit », Bref

après le traitement institué pour combattre l’anasarque le malade

guérit.

Une fois de plus il n’y a aucune précision sur le caractère de cette fièvre avant et pendant le séjour à l’hôpital. Est-elle quotidienne ? Est-elle tierce ? Est-elle quarte ? Ces accès viennent-ils le matin ou le soir ? Ce malade a-t-il un pouls très fréquent ? Dans quelles conditions l’homme a-t-il contracté sa fièvre ? Et nous serions en droit de poser beaucoup d’autres questions : il serait intéressant de savoir si cette ascite est venue subitement ou lentement. |

Oss. 8. — Il s’agit d’un nommé P..., en Afrique depuis trois ans, c’est-à-dire acclimaté, qui avait dans ses antécédents une « fièvre gastrique » et des manifestations hépatiques ; il est emporté au bout de un mois et demi. « Le foie et la rate sont à

l’élat normal. »

Ons. 9. — B..., 9 chasseurs, 25 ans.

« Tombé malade au camp de la Tafna depuis le mois d'août 1850. Traité à l’hôpital avec le sulfate de quinine, il sortit au bout de quelques jours. »

Entre le 11 décembre à l’hôpital où l’on diagnostique une cachexie paludéenne : « état cachectique caractérisé par une teinte Jaunâtre de la peau, fièvre tous les soirs. Anorexie, abattement : légère ulcération dans le pharynx. » Malgré le sulfate de quinine, les toniques amers le malade a une céphalalgie

opiniâtre. « La fièvre devient continue ». OEdèmes des extré-

mités et des paupières ; ascite. On donne du sulfate de quinine à la dose de 3 grammes par jour entre le 25 et le 30 ce qui n'empêche nullement la réapparition des accès à cette date. On donne alors la quinine en lavement (3 gr.). « Mais le pouls reste fréquent et la peau se couvre de sueurs qui affaiblissent le malade. » ,

Le malade meurt le 14 janvier après avoir présenté du strabisme.

Aulopsie. — Embonpoint conservé. « Le volume du foie est à l'état normal. Son tissu est un peu plus dense. La rate n'a pas augmenté de volume. Elle est fixée par des adhérences fibreuses très denses et anciennes au diaphragme et à la paroi de l’hypocondre. » Il n’est pas fait mention de l’état des reins et des

autres organes.

O8s. 10. — P..., chasseur au 10° bataillon, 22 ans.

« A eu la fièvre pendant les mois de janvier et de février, contractée primitivement à l’Isser pendant les chaleurs. Traité à la caserne par le sulfate de quinine. »

Entré le 6 février 1842. Mort le 10 après ascite, anasarque, nausées, vomissements, état typhoïde, délire, coma.

Traité par « le sulfate de quinine à haute dose; révulsifs puis-

santis. »

Il s’agit d'un mal de Bright .très probablement. L'auteur range lui-mème ce cas dans les hydropisies méningiennes. La muqueuse de l'estomac « rougie par plaques, offre une multitude de plis qui laissent de profondes rainures ». « Le foie et la rate ont leur

volume normal. » L'état des reins n’est pas mentionné.

Oss. 11. — Il s’agit ici d’un soldat qui avait eu pour la quatrième fois « une fièvre rebelle ». Comme il a de l’œdème des ROIS et de la face, de l’ascite et un teint cachectique on pense à la « cachexie paludéenne ». L'individu meurt au bout de sept jours. A l’autopsie : « La substance des reins est pointillée de sang. La rate est très petite et adhère à la parois

costale au moyen d’une plaque fibreuse très dense. »

O8s. 12. — B..., qui entre à l’hôpital le 8 octobre (?) pour une fièvre quotidienne contractée aux environs de Lalla-Marghnia meurt subitement. « L'ouverture du crâne laisse échap=: per un bon verre de sérosité sanguinolente qui comprimait le

cerveau, »

Oss. 13 (in extenso). — Y..., 24 ans, entré le 8 octobre 1845 pour une ascite et une anasarque consécutive aux fièvres. Mort subitement, sans signes précurseurs, le 5 janvier suivant.

Aulopsie. — Sérosité abondante dans le crâne et dans l’abdomen. Le volume du foie et de la rate est excessivement petit, et leur tissu est très dense. Le foie est aplati comme la rate du

cheval.

Oss. 14. — C..., considéré comme « cachectique paludéen » parce qu'il avait « des fièvres qui revenaient tous les quinze ou vingt Jours ».

Mort subite.par hydropisie méningienne. « Le foie et La rate

ne sont pas volumineux. »

Oss. 15. — Mort subite due à des phénomènes méningés.

Oss. 16. — Soldat qui entre dans le service « pour une fièvre

rebelle ». Il y meurt presque subitement d’un œdème de la

glotte confirmé à l’autopsie. Aucun détail sur la fièvre et le traitement, aucune mention sur la rate à l'hôpital comme à l'amvhithéâtre.

Oss. 17. — Elle rapporte le cas d’un homme qui avait un simple embarras gastrique fébrile. Ce soldaten guérit du reste, mais non sans avoir présenté les symptômes d’une intoxication quinique très nette (démarche titubante, ivresse quinique);, l’auteur doit sans doute considérer cette intoxication comme une

manifestation de la cachexie paludéenne. Il n’est pas question

de la rate.

Oss. 18. — C’est un soldat qui aurait eu de la cachexie paludéenne à la suite d’une fièvre tierce: « Le foie et la rate avatent une malilé normale. » Symptômes analogues au cas précédent. Guérison.

Pour ces deux derniers cas, il est évident que l’auteur a été cruellement embarrassé. Aussi croit-il bon deles ranger sous le nom de névroses du mouvement et de dire, avant de les rapporter: « Nous sommes obligé de désigner sous ce nom un état général qui, sauf les symptômes que nous allons décrire, ne présente de la cachexie paludéenne dont il fait partie, que les altérations de la peau avec un commencement d'anémie. Le malade n’offre aucune lésion appréciable dans les viscères. Le foie et la rate ont leur volume normal (4). »

Malgré ces restrictions, le mémoire de Catteloup ne saurait entraîner notre conviction. Remarquons bien

que J’auteur nous dit lui-mème que < dans la cachexie,

1; Catteloup,Woc ci. p.61

on rencontre fréquemment un engorgement de la rate compliquant des accès fébriles » (1), il a même soin de revenir sur ce point ; «on voit souvent, dit-il, des engorgements et des ramollissements de la rate et du foie à l’autopsie de ceux qui ont succombé à la suite de fièvres. (2) »

Or, dans les 18 observations de ce mémoire fondamental, sur lequel se sont appuyés tous ceux qui ont écrit sur la cachexie paludéenne, voici ce que nous trou- VODS :

8 cas, où la rate est de dimensions normales.

2 cas, où — est diminuée de volume.

2 cas, où — n'est pas mentionnée.

4 cas, où — est hypertrophiée consécutivement

à un cancer du pylore.

5 cas, où — est hypertrophiée par suite d’infec-

tions diverses.

Dans les cas suivis de mort et d’autopsie l’aspect de la rate et sa consistance à la coupe ne sont pas signalés, sauf un ou deux cas où les renseignements donnés sont par trop succincts.

Tel est le mémoire qui est le point de départ et même plus, la clef de voûte de la cachexie paludéenne. Comme nous l’avons montré par l’examen des faits cliniques et anatomo-pathologiques on a accordé à

ce travail un crédit vraiment injustifié.

Si nous interrogeons l’anatomie pathologique au cas

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