OsiANDER, Handbuch der Entbindungskunst. Tübingen
d’inclinaison , en effet , les accidents ne devraient se montrer que d’un côté; d’ailleurs, l’œdème devient souvent général, toute l’économie participe au mal; il faut reconnaître l’existence d’une pléthore séreuse , que Chaussier attribua à la gêne mécanique de la respiration , et à l’imperfection de l’hématose, qui en est le résultat nécessaire. La soustraction des éléments solides du sang, au profit du fœtus, lui explique assez pourquoi chez la mère le sérum est en surabondance. ^
WiGAND ne laisse pas que d’être obscur et difficile à comprendre; il s’applique surtout à montrer l’influence qu’exerce l’œdème, soit local, soit général , sur les contractions de l’utérus , et sur la marche de l’accouchement; il admet une sorte de pléthore séreuse, à laquelle il donne le nom de Folllymphigkeit ; dans le degré le plus grave de la maladie, la matrice peut devenir elle-même le siège d’une infiltration séreuse. ^
Nous trouverons encore un partisan des obstacles mécaniques dans Bordot , qui conseille aux femmes enceintes de porter des jarretières élastiques y pour éviter les engorgements œdémateux et les dilatations variqueuses, qui sont le résultat nécessaire des autres.^
JoRG explique aussi par la pression de l’utérus , l’œdème local des extrémités inférieures; il n’est pas inquiétant, mais s’il gagne les grandes lèvres, la mère souffre, le travail s’en ressentira. Pendant la grossesse, le traitement ne peut être que palliatif.^
On est étonné de voir Siebold faire deux maladies distinctes de l’anasarque et de l’hydropisie de poitrine, dont peuvent être atteintes les femmes au moment du travail. Il énumère toutes les causes qui peuvent donner lieu à l’hydropisie, ces causes sont presque toutes de
t. Monneret et Fleury, Comp. de méd. prat. ; tome I, p. 106.
2. H. WiGAND, Die Geburt des Menschen ; herausgegeben von Nægele. Berlin, 1820.
3. L. Bordot, Instructions sur la santé des femmes enceintes, 1820.
4. Geoffroy Jorg, Handbuch der Krankheiten des fVeibes^ 1821.
nature débilitante; il n’oublie pas,dans sa liste les causes mécaniques, et surtout la pression de l’utérus sur les vaisseaux lymphatiques. ^
Quant à l’infiltration, à la pléthore séreuse, dit M.*”® Lachapelle, on conçoit qu’elle dispose à l’apoplexie séreuse; et si l’on admet qu’elle dépend de la compression des vaisseaux pelviens, on comprendra mieux encore cette prédisposition. La pléthore séreuse peut être considérée comme cause efficiente de l’éclampsie. ^
William Dewees reconnaît deux espèces d’œdème : 1.® celui qui dépend d’une cause mécanique; simple suite de la grossesse, il se dissipe souvent quelques jours avant le début du travail , cependant il n’y faut pas toujours compter; 2.° celui qui dépend d’un état hydropique de toute l’économie ; les efforts du médecin sont vains avant l’accouchement; il doit se borner à faire quelques mouchetures, même pendant le travail. ^
A.C.Bacdelocqije est plus explicite: « On ne saurait soutenir aujourd’hui, « ce me semble , que dans tous les cas ces infiltrations des membres « inférieurs sont dues à la compression exclusive exercée par l’utérus « sur les vaisseaux lymphatiques : l’opinion de Chaussier nous paraît « plus vraisemblable. . . On ne peut plus mettre en doute l’existence de «ce changement des liquides, de cette cachexie.., le nouvel état des « liquides est lié à l’existence même de la grossesse , il se rencontre « chez toutes les femmes , dans tous les lieux , dans tous les temps. ^ ®
Dans son intéressant mémoire, M. Lasserre reconnaît que les infiltrations du tissu cellulaire sont dues à une pléthore séreuse; qu’elles peuvent disparaître pendant les couches, mais que, lorsque cette résolution s’opère trop brusquement, il peut se faire de véritables conges-
1. A. Elias von Siebold, Handbuch zur Erkenntniss und Heilung der Frauenzimmer- Jfranhheiten ; 2.® édit. Francfort, 1823.