‹ De La Captivité Et Du Postliminium: Essai Sur La NeutralitéChapitre 28 sur 83 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Un état peut-il toujours demeurer neutre ?

Quand la guerre éclate entre deux puissances, nous avons dit que celles-ci doivent un respect absolu à tous les Etats étrangers qui ne veulent prendre aucune part ni directe ni indirecte aux hostilités. Dans l’état habituel d'indépendance et de souveraineté complètes d’une puissance à l'égard des autres, il est hors de doute que si d’une part un belligérant quelconque ne peut pas exiger d’une puissance tierce son assistance et ses secours dans la guerre qu’il se propose de commencer ou qu’il a déjà entreprise, ilest d’autre part non moins certain que ce tiers n’a pas à intervenir de son propre chef dans le règlement du conflit de deux Etats étrangers. L'intervention armée

n’est pas permise d’après le droit des gens naturel, la complète indépendance d’un Etat repoussant des actes d’un pareil arbitraire. En revanche l'intervention amiable est absolument licite. Un Etat peut offrir sa médiation propre, ou celle d’uné autre puissance, soit même une médiation collective de divers gouvernements, dans le but d'empêcher un conflit d’éclater, ou de le faire cesser s’il a déjà commencé. |

Le droit de rester neutre est fondé sur la nature même de la personnalité politique de l'Etat. En vertu de sa liberté naturelle, chaque gouvernement peut soutenir son droit de neutralité dans toute guerre entre plusieurs autres Etats. :) -

Certains cas ont provoqué quelques controverses dont la solution n'offre pourtant aucune difficulté sérieuse. Une hypothèse a été posée ainsi : Deux souverains sont en guerre; le souverain qui est parent d’un des belligérants peut-il rester neutre ? Ne doit-il pas aide et se-

1) Kivster, Droit des gens moderne de PEurope, 434 ct 435.

« W», (ee

Page 1