‹ De La Captivité Et Du Postliminium: Essai Sur La NeutralitéChapitre 3 sur 83 · CHAPITRE" T · texte numérisé non relu

CHAPITRE" T

De la captivité et de ses effets

SECTION I

Comment devient-on captif ?

Les Romairs acceptèrent le principe reconnu déjà par tous les peuples leurs contemporains : que les prisonniers de guerre peuvent être réduits en servitude. Cette règle appartient donc au jus gentium. Aussi la législation romaine décidait-elle que : captif est tout individu fait prisonnier de guerre sans distinguer si c’est un romain qui tombe au pouvoir de l'ennemi ou un adversaire qui est pris par des soldats romains.

En considérant les intérêts moraux et matériels qui étaient en jeu dans les guerres de l’antiquité, on s’explique facilement l’acharnement et le caractère particulièrement sanglant de ces luttes nationales. On ne se battait pas seulement pour l'honneur de la patrie, mais il fallait sauver la religion domestique, le prêtre et le chef à la famille et sa propre liberté.

Des idées des anciens sur le jus inter gentes, qu’ils ne considéraient surtout que comme la réunion de quelques règles pratiques, au lieu d'y voir l'institution d’un pouvoir supérieur idéal ayant pour but d’établir des liens de droit entre les Etats considérés en tant que personnes morales, il résulte que ces règles internationales n'étaient pour eux que de simples normes, dont ils croyaient pouvoir librement s’écarter selon leur bon plaisir ou leur intérêt. Ils ne comprennent pas encore que les rapports des Etats entre eux doivent être assimilés, dans la mesure du possible, aux rapports des particuliers d’un seul Etat, qui sont soumis à une législation unique. Leur droit des gens a une base philosophique, en principe; mais il repose sur les usages, les traités, les pactes de fédération étroitement interprêtés ; sa sanction est la guerre.

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