‹ De la carcinose herniaireChapitre 18 sur 22 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Les organes enfermés dans un sac herniaire, ce sac lui-même, plus ou moins tiraillés, traumatisés, au niveau de l’orifice de sortie, de la périphérie de la tumeur, peuvent donc être, sinon avec fréquence, du moins avec une certaine électivité, le point de départ d’une tumeur maligne ou tout au moins une sorte d’amorce pour la métastase d’un cancer préexistant sur un autre organe. Il n’est pas facile d’en saisir le mécanisme intime.

Dans l’ignorance où nous sommes de la cause intime

(lu cancer, on ne peut, en effet, sur le mode de production d’une de ses localisations rares, faire que de simples hypothèses. Faut-il admettre avec M. Lejars « que par les frottements, par la pression du bandage, par les alternatives de réduction et de sortie nouvelle, par les efforts et quelquefois le traumatisme du taxis, une hernie est, plus que toute autre tumeur, soumise à une irritation presque incessante, qui favoriserait le développement du cancer » ?

Peut-être, dans certains cas, la situation, la forme du sac sont-elles la raison de la localisation cancéreuse. « Quand les bactéries ou les cellules irritantes, nous dit Reindfleish (i), arrivent dans un sac séreux, elles s’étendent d’abord sur toute sa surface ; mais, comme leur action nocive ne s’exerce que peu à peu, elles vont gagner entre temps les points ou elles peuvent rester sans s’exposer à de nouveaux déplacements : soit les parties profondes des cavités séreuses, soit les replis ou recoins des cavités ; dans le péritoine, le repli rectovésical ; pour la plèvre, le repli thoraco-diapliragmatique ; c’est là que les néoformations commencent à se développer, c’est là aussi que nous les trouvons à leur plus parfait état de développement. » Quel recoin de cavité séreuse saurait, mieux que le sac herniaire, remplir ces conditions?

Mais la théorie de Reindfleish n’est elle-même qu’une ingénieuse interprétation des faits cliniques. Les faits

(1) Reindfleish ( Traité d'histologie pathologique ), eité in Th. de Nurdin, 1898.

indéniables sont : d'un coté, vieille hernie traumatisée; de l’autre, développement du cancer sur cette hernie ; par quel lien pathogénique doit-on joindre ces deux termes? il est actuellement impossible de le dire. On sait que, depuis longtemps déjà, on a soutenu les rapports de cause à effet du traumatisme et du cancer ; Velpeau, Virchow avaient soutenu cette relation directe du traumatisme et du traumatisme répété sur le développement des néoplasmes ; Verneuil s’est fait le défenseur de la même opinion. Dans la carcinose herniaire, « là aussi, il y a un document de plus pour le dossier traumatisme et cancer. Jusqu’à l’époque, prochaine peut-être, où nos idées sur l’origine et la nature du cancer seront fondées sur de meilleures assises, la pathogénie réelle reste encore obscure. Ce qu’il faut retenir, ce sont les faits et, parmi eux, il faut compter les néoplasmes herniaires » (i).

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