‹ De la carcinose herniaireChapitre 4 sur 22 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Si l’on se reporte aux Traités classiques au sujet de l’envahissement des hernies par le cancer, on voit que ce point du chapitre « Complication des hernies » y est généralement passé sous silence ou à peine indiqué.

M. Jaboulay, cependant, dans le Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet, lui consacre quelques lignes. Pour lui, l’épiploon est plus souvent que le tube digestif le siège des néoplasmes herniaires ; le néoplasme malin peut être primitif ou secondaire ; il rappelle les faits, que nous aurons l’occasion de revoir, de Godet, Cannuet, Le Dentu ; « les tumeurs malignes, dit-il, peuvent se développer dans l’intestin hernié, comme dans le reste du tube digestif ; cependant, on n’en connaît que des observations peu nombreuses. »

Dans l'article rédigé par M. Le Dentu, dans le Dictionnaire Jaccoud , il n’est pas signalé de néoplasme vrai au chapitre des « Hernies compliquées », p. 539 ; on ne trouve sur ce sujet aucune indication, non plus, dans le Dictionnaire Dechambre .

M. Boursier, dans le Dictionnaire Encyclopédique , article Hernies, signale cette complication possible de lésions cancéreuses dans les hernies et ajoute que « ces lésions n’y sont presque jamais primitives ».

Enfin, chose qui nous peut fixer sur le peu de fréquence de celte complication, M. Berger, dans ses « Dix mille observations de hernies », c nrapporte aucun cas de carcinose herniaire.

Mais, si Ton s’adresse aux mémoires originaux ou aux indications des Revues bibliographiques, la moisson des faits devient un peu plus abondante.

En 1889, dans un travail déjà cité, M. Lejars, étudiant dans leur ensemble les tumeurs malignes ou bénignes herniaires ou péri-herniaires, s’occupe plus spécialement des tumeurs malignes herniaires, dont l'histoire clinique ou anatomique lur parait présenter un plus vif intérêt. Il distingue les néoplasmes malins du contenu du sac (intestin, épiploon, mésentère, ovaire et testicule) ; il ne connaît pas d’observation du mésentère cancéreux isolément, comme nous en rapportions tout à Y h cure un exemple.

Faisant un long retour en arrière, il cite les faits de Dupuytren qui en i834 avait vu « un squirrhe de l’intestin hernié » ; de Cannuet qui, en 1862, présentait à la Société anatomique un épiploon hernié cancéreux ; de ChaulFard qui, en 1882, a publié une observation d’un cas de cancer de l’intestin grêle hernié ; de Godet qui, dans sa thèse, en i883, nous rapporte l'histoire d’une malade atteinte d’épiplocèle ombilicale cancéreuse ; de Le Dentu qui, à quelques jours d’intervalle, faisait publier dans la Gazette des Hôpitaux une relation fort instructive de tumeur maligne herniaire sur un sujet préalablement porteur d’un sarcome des fosses nasales ; de Sonnenburg qui décrit un cas, assez discutable, il

est vrai, de végétation polypeuse de l’intestin hernié. M. Lejars y ajoutait une observation personnelle de cancer de l’intestin liernié avec accidents d’étranglement. Enfin, fort de la connaissance de ces faits, il cherche à dégager les lignes principales de l’histoire de cette complication herniaire.

Toutes ces observations seront relatées dans cette première partie de notre travail. Nous y ajouterons quelques faits connus antérieurement à 1889 et que M. Lejars n’avait pas cru devoir signaler : une observation de Arnaud (cancer de l’intestin hernié) qui, pour dater de 1749? n’en est pas moins suggestive ; une publication de cancer de l’épiploon, de A. Ghilds, dans le « Medical Times » de 1807 ; un fait de Mixter qui, publié dans le « Boston Journal » de 1888, n’avait pu être connu à temps de M. Lejars.

Depuis 1889, le seul travail d’ensemble que nous ayons rencontré à ce sujet est dû à M. Jonnesco qui, en 1891, dans un article sur la « Tuberculose Herniaire » a tenté d’établir le diagnostic de ces deux complications rares des hernies : tuberculose et cancer.

En même temps que lui, signalons la publication de Th. Manley dans le « Medical Record » sur un cancer dans une hernie inguinale opéré et guéri.

Depuis, nous rencontrons une importante communication de Raoul t à la société Anatomique en 1892, où il retrace 1 histoire et présente les pièces anatomiques d un malade atteint de cancer de l’intestin hernié et du sac herniaire.

Micliiels. dans sa thèse déjà citée, rapporte en nom-

bre des laits de testicule cancéreux dans des hernies congénitales et étudie la marche des accidents consécutifs à cette variété de testicule cancéreux ectopié. Enfin, Nurdin, dans sa thèse de 1898, a étudié, d’après M. Jonnesco, la tuberculose herniaire et comme lui discuté le diagnostic de la tuberculose et du cancer herniaire.

Soit un ensemble de quatorze observations, y compris la nôtre, dont l’exposé constituera la première partie de ce travail.

Page 1