ANATOMIE
La région testiculaire, forme chez les ruminants, une masse ovoïde, bilobée, pendante sous la région inguinale et comme pédiculée sur la paroi abdominale inférieure.
Ce qui caractérise particulièrement, chez le taureau, l'appareil testiculaire, est la grande longueur du cordon et la disposition du testicule attaché par une de ses extrémités, en sorte que son grand axe affecte une direction verticale.
Cette disposition est importante à signaler au point de vue chirurgical, en raison des modifications qu’elle entraine dans les procédés opératoires.
Le canal inguinal, d’après M. le P' Bourdelle, est court, à parois exclusivement aponévrotiques. L'orifice supérieur ou péritonéal, est étroit, compris entre les deux branches du muscle couturier.
L'orifice inférieur ou sous-cutané, forme un anneau inguinal en forme de fente allongée, étroite, qui ne répond pas exactement au pli de laine. Cette fente mesure 7 à 9 centimètres de long sur 2 ou 3 centimètres de large. Elle est limitée en avant par un bord
antérieur très aminci, en arrière par un bord plus
épais, formant une lèvre rabattue en avant qui tend à recouvrir l'orifice. La commissure externe est légèrement arrondie, limitée par des fibres arciformes plus épaisses que chez le cheval; la commissure interne est aiguë et repose sur un tendon pré-pubien très résistant.
Les bourses, ou enveloppes du testicule,compren: nent trois couches, dites superficielles et trois autres dites profondes. Les trois premières se divisent en : scrotum, dartos et tissu sous-dartosien.
Le scrotum est rosé, ou pigmenté suivant les races, glabre ou à peu près ; il ne forme qu'une seule poche, rendue biloculaire par une dépression médiane antéro-postérieure, Ce raphé médian sert de guide pour pratiquer l'incision.
Le dartos adhère très intimement au scrotum, il forme deux sacs qui s’adossent l’un à l’autre sur le plan médian et est en rapport avec les couches profondes par le tissu conjonctif sous-dartosien.
Les trois couches profondes comprennent le crémaster, la tunique fibreuse et la tunique séreuse.
Le crémaster est un muscle à contraction rapide s'étendant de haut en bas depuis l’orifice péritonéal jusque sur la glande testiculaire, où ses fibres se terminent par des lamelles aponévrotiques fixées sur la face externe de la tunique fibreuse. Le crémaster n’entoure qu’incomplètement le cordon.
La tunique fibreuse qui est épaisse et résistante chez le taureau, donne à la gaine vaginale la forme d'un sac allongé dont le fond est ovoïde et le goulot
mit
étroit et étiré ; elle se continue en haut avec le fascia transversalis et s’insère chez nos animaux au pourtour de l’anneau inguinal supérieur par d’importants tractus conjonctifs.
La tunique séreuse ou tunique vaginale résulte de la pénétration du péritoine dans la gaine vaginale, elle comprend deux feuillets dont l’un pariétal, très mince, adhère intimement à la tunique fibreuse, et l’autre viscéral recouvre les organes testiculaires.La tunique vaginale comme la tunique fibreuse est particulièrement adhérente au niveau de l’anneau inguinal supérieur. Cette disposition, alliée à la brièveté du méso-déférentiel qui réunit ses deux feuillets à ce niveau, fixe en quelque sorte le cordon testiculaire à son extrémité et favorise les procédés de castration par torsion libre. l
Le testicule chez le taureau acquiert un plus grand volume que chez les solipèdes, il est ovoïde et présente cette disposition verticale que nous avons déjà signalée.
L’épididyme est très développé. La tête large et aplatie, surmonte l'extrémité supérieure ; la partie moyenne, étroite et allongée est placée sur le bord postérieur du testicule ; la queue, mieux détachée que la tête se trouve au niveau de l’extrémité inférieure ; après s'être recourbée, elle remonte pour constituer le canal déférent.
Le cordon testiculaire est plus long, plus fort que chez le cheval, il résulte de l'association de l’artère
spermatique en avant et du canal déférent en arrière
qui sont réunis par le feuillet viscéral de la tunique séreuse. Comme ces organes sont très souvent l’objet d'opérations communes, on a pris l’habitude de désigner sous le nom de cordon testiculaire, l’ensemble formé par le canal déférent, l'artère spermatique, les veines, les nerfs, la tunique séreuse, la tunique fibreuse et le crémaster.
Menveux dans une explication fort obscure semble indiquer que chez les ruminants, indépendamment du feuillet fibreux homologue de l'unique fibreuse des autres espèces domestiques, il existe un feuillet supplémentaire externe, disposé comme le dartos et s'insérant au pourtour de l’anneau inguinal supérieur. Or, ce feuillet supplémentaire n'existe pas, les classiques vétérinaires, qu'ils soient antérieurs ou postérieurs aux affirmations de Menveux n’en font jamais mention. De plus Robin et Bressou, par des dissections répétées et minutieuses, pratiquées chez le taureau, le bélier et le bouc, ont montré que chez tous les ruminants domestiques,lagaine fibreuse du testicule a une disposition et une structure absolument identiques à celles des autres espèces
domestiques.
NoïTiONS PRÉLIMINAIRES
Là castration a pour but de privér les animaux de leurs fonctions reprodüctrices. Lé procédé de castration par torsion libre,dit procédé de Menvëux, du nom du vétérinaire, qui Sans en être l’auteur l’a décrit le premier, est un mode d'émasculation qui consiste à séparer le testicule du éordon,après avoir vaincu la résistance de ce dernier organe en le tordant plusieurs fois sur lui-même, jusqu'à rupture:
L'âge auquel il convient de pratiquer la castration chez le taureau varié ; il est subordonné à la destination ultérieure de l’änimal. Il est de toute évidéñce que l’on doit Gastrer beaucoup plüs tôt que les autres, lés sujets destinés exclusivement à l’alimentation de l’homme.
Faite dans les six premiers mois de la vie, les sujets deviennent mous, lymphatiques ; leur squelette est ample, mais léger. La tête fine, l’encolure grèle, le train postérieur très développé par rapport au train antérieur, ce qui n’exclue pas une poitrine profonde et une côte arrondie. Telles sont les for-
mes que revêtent les animaux mutilés très Jeunes et
ce sont ellés qui prédisposent le plus les individus à l’engraissement.
Cette castration hâtive fournit d'excellents animaux de boucherie, mais par contre elle ne donne pas les qualités d’un animal moteur. Il faut donc la faire plus tardive pour obtenir la prédisposition maximaä au travail. En effet c’est par le développement des muscles de l’avant-train (encolure,épaule, poitrail, avant bras) que se trouve conditionné le meilleur coefficient de force et de tirage. Or le taureau est remarquable par l’ampleur de ces mêmes régions ; il faudra donc le castrer tard pour obtenir la conservation de la plus grande partie de ces formes.
Ainsi, si la neutralisation sexelle du taureau était pratiquée à l’âge qui convient, on verrait moins de bœufs caractérisés par une poitrine profonde, une côte plate, un fanon long, un garrot élevé et mince, des genoux rapprochés et des membres gros. Leur ensemble forme un type qui est loin d’être celui de force musculaire que l'on demande au bœuf dé travail.
Quant-aux taureaux destinés à la monte,il faudrait que leur choix soit judicieux, pour obtenir des produits plus aptes au travail et à l’engraissement.
Plutôt que de castrer immédiatement après la monteles reproductaurs dont les formes sont parfaites,dont les descendantssont beaux et forts, il serait également préférable de les conserver entiers Jjus-
qu'à quatre et même cinq ans.
le
Dans l'espèce bovine, suivant la destination, ou les services demandés aux animaux, la castration peut donc se pratiquer à un âge très variable.
La castration par torsion libre d’après les uns est applicable surtout aux animaux de 2 à 3 ans ; pour d’autre elle peut ‘être pratiquée à tous les âges. Nous nous rangeons du côté de ces derniers; ce procédé peut être eflectué sans inconvénient sur les tous jeunes animaux, de même que sur les vieux sujets. 3
Le choix du moment de l’intervention a son importance. Il convient d'opérer aux époques de l’année où la température est favorable, c’est-à-dire, au printemps ou vers la fin de l'été ; pourtant si l'on n’a à castrer qu’un ou deux sujets, on peut le faire à toute époque, à condition de les tenir à l'abri du froid, du chaud et des autres facteurs météoriques.
Il ne sera nécessaire de faire subir à l'animal aucune préparation spéciale ; il conviendra seulement qu'il soit à jeun le jour de l'opération.
On devra surseoir à la castration s’il sévit dans la région ou dans la localité une maladie infectieuse, ou si l’animal n’est pas en parfait état de santé.
L'intervention sera pratiquée le matin de préférence, afin de permettre une meilleure surveillance des opérés et de remédier à certains accidents possibles, j