CONSERVATION DES ATTITUDES
Chez les Parkinsonniens, ce sont surtout des arrêts subits au cours d'un mouvement et rendant durable une phase intermédiaire quelconque d'un geste. « Tel malade arrête brusquement son bras à michemin, alors qu'ilavait commencé à porter un aliment à sa bouche. » (Guillain et Mollaret). « Puis brusquement, une simple parole, un bruit quelconque les sort de leur torpeur, et ils achèvent leur manœuvre plusieurs minutes après l'avoir commencée » (G. Levy). « De même, lorsqu'on leur demande de s’allonger, on les voit rester courbés, la tête penchée en avant sans appui (oreiller psychique) » (G. Levy). « Tous ces troubles s’apparentent encore aux spasmes et aux persévérations toniques; la réaction myotonique peut d’ailleurs exister mécaniquement et électriquement » (Guillain et Mollaret).
Chez le catatonique il ne s’agit pas de l'interruption brusque d'un geste normal par barrage moteur, spasme ou persévération tonique, il s’agit essentiellement de la prise active d’une position (d’allure symbolique) et de sa conservation une fois atteinte. Il y a parfois des mouvements (normaux d’allure) interrompus, mais c’est une interruption progressive (que Guiraud a appelé un évanouissement praxique et qu’il considère de même nature que le
.« fading mental »), et non une cessation brusque comme chez le parkinsonnien. D'autre part, le catatonique conserve les attitudes imposées, beaucoup plus souvent et beaucoup plus longtemps que le Parkinsonnien. De toute façon, on constate alors chez le catatonique soit une raideur, soit une flexibilité cireuse, soit une opposition musculaire localisée, soit rien du tout, mais jamais de rigidité extra-pyramidale. Nous avons vu dès notre exposé schématique
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du syndrome catatonique que le symptôme conservation des attitudes peut être la même résultante de causes différentes et qu'à lui seul il n’a donc aucune signification précise. Nous venons en: outre de voir que le terme de « conservation des attitudes » désigne: chez le parkinsonnien et chez le catatonique des phénomènes qui. en eux-mêmes sont déjà très différents, qui peuvent bien parfois. se ressembler sur des instantanés photographiques, mais pas si on. les étudie d’une façon complète dans le temps, sur des films.
Il est certain que dans la conservation des attitudes du Parkinsonnien intervient entre autres facteurs une inertie motrice, voire: psychomotrice spéciale, qui empêche la reprise rapide du mouvement pour le terminer. Certes, le temps d'immobilisation est beaucoup plus grand dans les états cataleptiques de l’encéphalite aiguë, mais il est encore trop grand chez le parkinsonnien pour s'expliquer sans cette inertie motrice. Cette inertie motrice se manifeste dans d’autres phénomènes : l’acte est déjà difficile au début, « comme s'il y avait un point mort à vaincre » (Hesnard), et il ne s’agit pas là d’un phénomène d'ordre brady ou akinétique tel que nous l'avons plus haut envisagé. Chez certains malades on peut constater à côté de l'inertie motrice de re-démarrage, l'inertie motrice d'arrêt. Un malade de Froment (R. N. 1921, t. I, p. 649: « Le déficit psychique dans les états parkinsonniens post-encéphalitiques ») « fréquemment s'arrête au cours d’un acte, parfois passe: indéfiniment le rasoir à la même place comme s'il se grattait ». Il s’agit bien en effet dans le deuxième phénomène d'un acte « coniinué », non d’un acte recommencé, d'une itération véritable au sens de Guiraud, l'acte de se raser impliquant en général que l’on passe plusieurs fois le rasoir à la même place. Une malade de Haushalter (« Répétition automatique post-encéphalique ». R. N. 1922, p. 475) prouve irréfutablement qu'il s’agit là d'actes continués : d'une part en se coiffant « elle continue indéfiniment à passer le peigne au même endroit de sa chevelure.…., etc. », de l'autre « si elle essaye de coudre, » arrivée au bout de l’excursion du fil, elle continue à tirer sur ce fil ».
Il ne s’agit probablement jamais d’une inertie purement motrice; il peut s'y mêler un trouble beaucoup plus élevé, un trouble de l'initiative : un malade de Froment (loc. cit.) « entrant le matin pour s'habiller dans son cabinet de toilette, ne sait pas par quoi commencer et demande à sa mère : « Que dois-je faire ? » Et un trouble de la conscience : un autre malade de Froment, cité plus haut: « si on l'interpelle il se remet tout de suite à agir, il n'évoque pas pour s’excuser l'impossibilité ou la difficulté de mouvoir ses.