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membres, mais il déclare qu'il ne sait pas à quoi il pensait, qu'il a eu comme une absence. » Quant à la malade de Haushalter. «pour faire cesser les répétitions les ordres impératifs n’ont aucun effet, mais il suffit de taper la main. »
Cette étude des actes continués, nous amène insensiblement aux itérations vraies au sens de ‘Guiraud, sans qu'il y ait comme pour lui une solution de continuité. On voit chez les parkinsonniens des palikinésies et des palipraxies, surtout la palilalie et la paligraphie. Dans la palilalie il y a bien une itération en ce sens que des. mots Sont « re-commencés », mais il y à aussi que le malade continue à parler, et que la solution de facilité est évidemment de répéter la même chose (1). :
Chez certains malades cette inertie motrice d'arrêt se double parfois d'une inertie motrice de démarrage, il y a alternative de palilalie et de mutisme. Un cas a été signalé par Babinski intervenant après une communication de Pierre Marie et Mlle Lévy : « Palilalie et syndrome parkinsonnien par encéphalite épidémique. R. N. 1922, p. 74), un autre par Sterling, un troisième par van Bogaert (4 Ocular paroxysms and palilalia » The journal of nervous and mental disease, 1935, p. 57). Dans ce dernier cas la parole réapparaissait uniquement au cours des crises oculogyres et commençait d’abord par être palilalique.
Enfin, certains auteurs ont signalé des mutismes isolés. Babinski, Jarkowski et Plichet (« Kinésie paradoxale. Mutisme: parkinsonnien. R. N., avril 1921). Le malade écrit pendant son. mutisme : « Je voudrais parler bien souvent et ne puis le faire. Quelque chose n'arrête et pourtant je voudrais bien parler : cela
(1) Ce sont les réactions de persévération qui semblent le mieux caractériser l’aspect
des réactions individuelles des Parkinsonniensaux tests d'association verbale de Kent Rosanoff. Pour Bychowsky les nombreuses persévérations notées chez les Parkinsonniens ont un caractère purement « formel » et ne sont aucunement déterminées parun contenu affectif. « La forme extrêmement primitive de ces persévérations en général — et ceci auprès d'individus sans tares intellectuelles — prouve son caractère purement moteur » (Bychowsky). Les « R. de dissociation partielle », en elles-mêmes non augmentées, sont constituées essentiellement de « compléments de mots ce qui est, semble-t-il, anormal (Aubrun). Ce fait pour Bychowsky, « a une importance spéciale. Il signifie visiblement l'attachement aux éléments moteurs du langage... Il semble que la personne que l’on examine, ne puisse se détacher de l'image motrice du mot inducteur : elle peut seulement produire « un complément de mot ». Ce phénomène nous rappelle, sous plusieurs rapports, la palilalie... Le complément de mot serait un compromis entre la tendance à la palilalie et un effort associatif» Bychowsky. Ztsft, f. d. g. Neur. und Psych., 1923, vol. LXXXIIT, pp. 201-246, cité par Aubrun : « L'état mental des Parkinsonniens », 1937. Baillière). ! D'autre part, on a mis en évidence chez les Parkinsonniens, l’hyper-ténacité de l’attention (Veit). L'on conçoit qu’en s’aggravant cette tendance puisse donner naïssanceau syndrome de persévération (Monnier). D'après Aubrun le syndrome de persévération existerait dans 1/4 des cas. Au test de Rorschach on remarque une tendance élevée à la stéréotypie associative (pourcentage élevé des interprétations animales).
m'agace de ne pouvoir le faire quand parfois on a tant à dire». Que l'inertie motrice soit plus spécialement localisée à la parole s'explique parfaitement ici, le mutisme survenant pendant des phases ou s’exacerbent les troubles lingo-salivaires, et probablement laryngés, et où l’on est même obligé d’écarter les mâchoires de la malade pour la faire manger. Tel est le mutisme parkinsonnien (1). Mais il ne s’agit pas d'un trouble purement moteur, c'est la motricité volontaire et réfléchie qui est atteinte : la palilalie disparaît à la lecture, elle disparaît sous certaines influences affectives, colère, peur, si elles arrivent à faire réapparaître une motricité plus automatique (la motricité automatique étant aussi atteinte chez ces malades). Un cas de palilexie a été signalé par van Bogaert (loc cit.), mais il confirme ce que nous venons dedire car cette palilexie n'apparaît qu'au moment où il s’agit de tourner la page.
Un malade de Schiff et Courtois (Encéphale, 1928, p. 467, « Encéphalite épidémique chronique à forme de psychose hallucinatoire fantastique. Hallucinations palilaliques ») dont les symptômes facio-labio-salivaires sont très accusés aurait eu une palilalie intermittente. Les auteurs citent seulement comme hallucinations palilaliques, les phrases : «Il est fou », ou «il est mort », répétées 3 fois (2). Quoi qu'il en soit, les concepts behaviouristes expliquent assez facilement la chose. Chez l'enfant la pensée est d’abord parlée, ce n’est qu'avec l'inhibilion sociale et l'évolution qu'elle devient de plus en plus implicite, sans mouvements larvngés, etc. On peut imaginer chez le sujet soit une évolution incomplète sur ce point, soit une régression (3).
Enfin, G. Lévy, dans son article de la Presse médicale du 12 septembre 1931 : « Les formes conscientes de l’automatisme verbal », signale une malade palilalique et écholalique avec répétition parfois de la parole intérieure. La même explication nous semble valable: pour elle. Par ailleurs, la malade de G Lévy, n'est ni parkinsonnienne, ni pseudo-bulbaire. Mais elle a 73 ans,elle marche à petits pas, elle a des « trémulations « vélo-mentono-laryngo-
(1) Notons en passant qu’on n'a jamais trouvé la moindre trace de « négativisme » ‘ chez les Parkinsonniens.
(2) Voir également, à propos de la palilalie hallucinatoire, les observations de Masquin, Maréchal et Altman, d'une part, et celle de Schiff et Lacan, de l’autre
(Bibliographie : chapitre paraphrénie).
(8) « Des contractions intempestives des muscles de l’isthme bucco-pharyngien, des constricteurs des mâchoires ou des lèvres déforment quelquefoisun mot de ma parole. Quand je pense, lis ou écris, il m'arrive fréquemment d'éprouver, au passage d’un mot, une gêne, un arrêt oui est comme une ondulation spasmodique, en particulier dans la langue, tellement la pensée reste liée à son habituelle extérioration motrice ». (Dr Delater «auto-observation d'encéphalite léthargique »). Paris médical, 30 octobre
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diaphragmatiques. G. Lévy affirme que sa malade n'a pas de troubles mentaux, seulement elle énumère des symptômes de déficit, entre autres : désorientation dans l’espace, troubles mésiques. Bréf, la malade à probablement des lésions extrêmement diftuses et un état pré-démentiel. L'écholalie se rencontre chez ce genre de malades, chez les idiots et chez D. P. catatoniques, pas chez les Parkinsonniens chez lesquels, par ailleurs, la palilalie a un caractère tonique, spasmodique.
Que voyons nous chez les catatoniques et hébéphréno-catatoniques ?
Des actes continués, mais ils sont, dit Guiraud, empreints de mollesse, avec tendance au ralentissement et à l'effacement. Chez les Parkinsonniens ils ont un caractère tonique, spasmodique. La palilalie chez les catatoniques est très rare dans la forme spasmodique avec accélération et aphonie progressive (caractéristiques formelles qu'on retrouve dans la festination et la micrographie progressive) qu'elle a chez les Parkinsonniens. Guiraud en cite deux cas dans son article sur le symptôme stéréotypé. Cependant, dans son article intitulé : « La palilalie peut-elle être considérée comme un symplôme de la série catatonique ? » (4. M. P., 2 juin 1941, p. 232) Fromentv expose le cas d'une malade qu’il considère non pas comme une hébéphrénie banale, mais comme une forme d’encéphalite, avec lésions striées, palilalie d'un haut degré et, accessoirement, nombreux symptômes confusionnels et schizophréniques. La malade meurt rapidement de tuberculose généralisée. Le cerveau a été expédié à Mme C. Vogt à Berlin qui a interprété les lésions comme « un état marbré du noyau caudé et du thalamus ». Nôüûs notons dans l'observation de Fromenty que le malade « répétail rarement des lambeaux de phrase le plus souvent des mots et des syllabes » avec accélération fréquente et débit.
Plus généralement chez les hébéphréno-catatoniques il s’agit d’une palilalie régulière sans accélération, comme dans les affections beaucoup plus diffuses que les syndromes post-encéphalitiques : Maladies de Pick et d'Alzheimer, démence sénile, pseudobulbaires.
: Corame dans ces affections l'écholalie est souventassociée. Souvent ta’ palilalie est à tel point noyée dans la verbigération qu'on se demande si on a vraiment le droit de l’isoler en tant que sympfôime. Ce n’est pas la palilalie qui alterne avec le mutisme chez certains catatoniques, mais’ la verbigération. Le trouble est d’un nivéau’ plus élevé, trouble de l'initiative plutôt qu'inertie motrice. Pour Kiléist il s'agirait d'un déficit frontal. Dans son article du
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Nervenartz de janvier 1943, « Die Katatonien », il s'exprime ainsi : «Tandis que les enseignements de la pathologie cérébrale d’après les blessures et les maladies en foyer lient mouvements (Bewegung) et tendances (Strebung) au tronc cérébral, l'initiative (Autrieb) provient du pôle frontal... L'une des deux formes (de catatonie) dans laqueile ce trouble est le plus net et touche électivement la parole (catatonie de la paresse à la parole de Léonhardt) rappelle le tableau de l’atrophie frontale de Pick ». Il y existe aussi de l’agrammatisme et des troubles de la pensée logique. La forme antagoniste, « catatonie portée à la parole de Léonhardt » est caractérisée par une certaine difficulté à cesser de parler. Il n'y a pas de mimique attentive. Il y a parfois des phénomènes d'écho et des stéréotypies.….
Chez les D. P. la paligraphie serait pour Guiraud beaucoup plus fréquente que la palilalie. Il donne de remarquables exemples de répétition syllabique et surtout littérale dans son article sur stéréotypie. Elle est beaucoup plus « pure » que chez les parkinsonniens (sans accélération, sans micrographie progressive) et plus généralement que chez les malades porteurs de lésions à grande prédominance extra-pyramidale. Dans un article à la Société médico-psychologique, de juillet 1946 : « Apraxie digitale et apraxie constructive dans un cas d'hémorragie bilatérale symétrique des corps striés », Pfersdorff expose le cas d’un malade porteur de foyers hémorragiques symétriques dans la partie moyenne des corps striés, surtout dans les putamens. La paligraphie chez ce malade est mêlée à la micrographie progressive, d’une part, et d'autre part à une sorte de distorsion des vocables. Il écrit par exemple, au lieu de « que votre règne arrive », que votre « renque arrefine ».
Les symptômes rencontrés chezles catatoniques sont donc beaucoup plus voisins de ceux que l'on trouve chez les malades porteurs de lésions très diffuses que de ceux rencontrés chez les Parkinsonniens post-encéphalitiques, dont déjà les lésions débordent le système extra pyramidal.
Le procédé de Guiraud dans son article sur stéréotypie consiste à isoler de ces symptômes certaines caractéristiques formelles qu'ils ont en commun chez ces deux sortes de malades, et à conclure à des localisations lésionnelles extra-pyramidales identiques ou voisines. Touten admirant profondément la finesse de son analyse, nous ne pouvons le suivre dans cette voie. Le même procédé appliqué au symptôme tremblement devrait logiquement aboutir à localiser les lésions responsables de ses diverses modalités au même endroit. A l'extrême un grasping-reflex et uneréaction myotonique au niveau de la main, si on les isole du contexte clinique,
et sion ne s'occupe que de leur aspect visuel, se ressemblent singulièrement. Nous ne pensons pas que dans un tableau clinique, on puisse valoriser un symptôme à tel point que le reste du tableau disparaisse, à plus forte raison un des éléments purement descriptif du symptôme. Notre analyse personnelle a donné aussi, forcément, dans cette perspective arlificielle, qu'on veuille bien y voir la cause des « analogies » qui y apparaissent encore entre les deux syndromes.
Nous ne pouvons maintenant mieux faire que de citer Steck Archives Suisses de Neurologie, 1927, vol. XIX, fase. 2, p.113: «Il est certainement erroné de vouloir localiser les stéréotypies dans le corps strié, comme par exemple le fait Buscaïno. Cet auteur est allé très loin dans la localisation basale, revendiquant toutes les fonctions pour le corps strié au détriment de l’écorce et tombant ainsi d'un extrême dans l’autre. L'ensemble du cerveau est atteint dans la majorité des formes catatoniques de la démence précoce de même que dans la paralysie générale. Nous ne pouvons que confirmer l'opinion de Kleist qui, dans un travail récent, déclare expressément que la stéréotypie est un trouble complexe dont l’apparition est favorisée par des lésions portant sur les noyaux de la base et l'hémisphère gauche, et par des troubles aphasiques et apraxiques. Il souligne dans ce même chapitre le fait que la persévération n'apparaît pas en dehors des lésions corticales. Nos observations sur la persévération se rapportent également à des séniles et artério-scléreux chez lesquels à côté d’un état lacunaire des noyaux de la base, la lésion corticale est évidente. »
c) Syndromes moteurs transitoires du décours de l’E.E.
A mesure que l'on se rapproche de la phase aiguë de l'encéphalite épidémique, peut-être plus exactement de la phase où les lésions ont le plus d’extensité et le moins de focalisation (qui peut être postérieure à la phase aiguë clinique)les analogies avec la <atatonie deviennent plus sérieuses. On a décrit au décours de la période aiguë une série de « mouvements anormaux » qui ont une caractéristique spéciale, la rythmicité.
BRADYCINÉSIES DE G. LÉVY
Ce sont desmouvements lents, sans finalité, mais mimant un geste coordonné, de grande amplitude, se reproduisant identiques à euxmêmes à intervalle de temps sensiblement égal (40 mouvements à
A Eee
la minute par exemple). Certains d’entre eux sont accentués par les excitations extérieures. Ils semblent avoir un caractère spasmodique. Ils durent un à deux ans. Ils peuvent coïncider avec.le syndrome parkinsonnien. Ils peuventsegénéraliser(chorée salutante rythmique). Ils entraînent presque toujours des douleurs locales et de l’amaigrissement. Ils laissent très fréquemment des séquelles : hypertonie, parésie, spasmes, atrophie,ankyloses, troubles trophiques ; ils disparaissent pendant le sommeil.