MOUVEMENTS SPASMODIQUES RYTHMÉS DE KREBS
Krebs insiste dans sa thèse sur la torsion du membre sur son axe, sur le caractère spasmodique des mouvements, sur l'impuissance du sujet à les maîtriser, parce que tous les muscles du membre se contractent à la fois. Ils laissent des séquelles vertébrales, parfois une hypotonie musculaire sans atrophie.
RYTHMIES DE MARINESCO.
Elles modifient le rythme respiratoire, pas le rythme cardiaque. Elles sont souvent douloureuses.
MOUVEMENTS BRACHYSYNCINÉTIQUES DE PIENKOWSKI
Etudiés surtout chez des enfants, ce sont nettement des spasmes. Pienkiowski insiste sur l’attitudedes extrémités. Il dit: « J’ai constaté des mouvements semblables quatorze fois sur les 150 casayant servi à établir une statistique. 4 fois ils se présentaient déjà à la fin de la période aiguë, d'habitude déjà dans la période de transition. »
Jamais le mouvement n’aboutit à des «attitudes caricaturales, ne pouvant être imitées, comme c'est le cas dans l’athétose. Plus nous nous éloignons de la période aiguë, plus ils deviennent faibles, et lorsqu'on voit se manifester une véritable rigidité extra-pyramidale, ou bien ils disparaissent complètement, ou l’on voit pour ainsi dire àleur place un tremblement parkinsonnien proprement dit ».
Guillain et Mollaret font remarquer que le terme de « syndrome excito-moteur » sous lequel G. Lévy groupe les mouvements anormaux post-encéphalitiques suivants : mouvements choréiques, bradycinésies, myoclonies, tremblement isolé, est au moins gratuit car il peut tout aussi bien s'agir de libération d’automatismes. Ils font aussi remarquer que le terme même de « mouvements » pourraitétre critiqué car certains de ces phénomènes sont en réalité sur
de Dole.
la frontière même des troubles moteurs et des troubles du tonus ». C'est à notreavis ce qui les distingue desitérations dusyndrome catatonique qui sont dépourvues de troubles toniques. La même différence existe entre les parakinésies de Kleist et les mouvements mégasincinétiques (sans rythmicité) de Pienkowski : mouvements. involontaires étendus, caractérisés par un synergisme composé, spasmodiques, stéréotypés comme destics: «Ils se produisent d’habitude dans la période de transition. Les malades ne sont pas en état de les maîtriser. Lorsque leur intensité est moins grande, ils parais-sentgënés etles complètent enleur donnant laforme de mouvements volontaires ». Kleist a donné une formule inverse à ses dyskinésies parakinétiques : «€ Au plus haut degré de l’agitation parakinétiqueil y a gêne de l'accomplissement des mouvements complets et de l'expression verbale » (Nervenartz, 1943 « Die Katatonien »). Il existe: une grossière ressemblance entre ces mouvements anormaux et les pseudo-tremblements de la pseudo-sclérose de Westphal-Strümpel, nous ne nous y attarderons pas. Ils disparaissent en se dégradant en quelques mois.
En conclusion, Pienkowskiémet entre autres hypothèses : «Pour qu'en général, ce type de mouvements puisse se produire, il est indispensable que l'équilibre et l'harmonie entre l’écorce et les centres moteurs soient rompus». « Les mouvements de type mégasyncinétiques se produisent comme conséquence de l'émancipation des fonctions de posture, en particulier des fonctions du noyau rouge... » Dans les parakinésies le niveau de libération est certainement plus haut et, le « mouvement anormal » n’a plus de composante tonique, mais en revanche il a une répercussion mentale.
Rapprochons nous encore de la période aiguë de l’encéphalite.. Nous trouvons parfois des états cataleptiques qui sont « intermédiaires » entre le syndrome catatonique et le syndrome parkinsonnien. Ce sont les « formes de stupeur lucide » de Hesnard (Encéphale, 1920 « La psycho-encéphalite aiguë épidémiqne », p. 449). Le malade se fige peu à peu, de la tête aux pieds... ». «II fait preuve d’une sorte. de viscosité de l’activité volontaire ». La conservation des attitudes est du type des actes interrompus, mais avec un arrêt de très longue durée. Ils « n’ont pas la rigidité véritable des parkinsonniens ». L'observation n° 1 de Marinesco dans son article « Con-tribution à l'étude des formes cliniques de l’encéphalite épidémique » (Revue neurologique, janvier 1921, p. 1} est équivalente. Marinesco fait remarquer que cet état cataleptique peut en imposer pour une léthargie. En réalité, sa malade ne dormait que peu d'instants par nuit. La malade se fige et s’immobilise de plus en
plus, elle parle de moins en moins, elle a un trismus progressif, sa déglutition est de plus en plus difficile. « La piqûre, comme l'excitation par les objets chauds, produit une rétraction du membre, mais c’est un mouvement lent. À gauche, la réponse plantaire en extension peut durer pendant 5 minutes, à droite, il y a plutôt une flexion qui est également durable ». « La catalepsie des membres supérieurs est extrêmement accusée, ils suivent, sans aucune résistance, les mouvements qu'on leur imprime, ils sont comme de la cire molle, et gardent l'attitude qu'on leur donne. ».
Nous avons personnellement observé dansle Service du D'Puech un syndrome analogue survenu à l’âge de 13 ans chez un comilial après une blessure infectée. Au début, il y avait un léger état crépusculaire, un certain maniérisme et une énorme bradypsychokinésie. Il y avait une conservation des attitudes surtout par actes interrompus. Debout : attitudes en flexion, plicature du tronc. La mobilisation des membres ne montrait pas de contracture extrapyramidale, mais des oppositions musculaires variables localisées qui une fois vaincues, faisaient place à une flexibilité cireuse. Cette viscosité est devenue de plus en plus raide, l'enfant est deveru akinétique, muet et gâteux, il avait toujours de gros troubles végétatifs à type de sudation et de salivation. Rien n'autorisait à affirmer un trouble extra-pyramidal isolé malgré des fibrillations linguales, des secousses choréiques des doigts, des secousses des muscles faciaux et une tendance nette à la rétropulsion. L'enfant a été retiré par sa famille, dans un état désespéré, avec une eschare sacrée, après échec de tous les traitements anti-infectieux y,compris la pénicilline. « Ces formes de catatonisme lucide, dit Hesnard, sont de gravité variable. Notre malade a guéri facilement et sans trace. Un cas comparable, cité par Anglade et Verger, a été mortel, la stupeur d’abord lucide, s'était compliquée de confusion grave, puis de narcolepsie avec eschare sacrée. L'autopsie indiqua des lésions d'œdème et de congestion pie-mériens, avec chromatolyse cellulaire, infiltration de cellules embryonnaires périvasculaires dans tout le cortex ainsi que dans le mésencéphale. » C'est bien là où nous voulions en venir, il s’agit dans ces cas de lésions diffuses, sans grosse prédominance sur le système extra-pyramidal (1). Finalement on a vu à cette phase de l’encéphalite quelques
(1) Sont équivalentes les deux observations suivantes :
1° Guiraud et Ey : « Syndrome hébéphréno-catatonique mortel (lésions étendues à tout le névraxe, dégénérescence mucocytaire). Soc. clin. de méd. mentale. Séance du 19 avril 1926. Bulletin: mars-avril 1926, p. 49.
20 Marchand, Abely et Bauer : Syndrome Feb ionttae (étude clinique et anatomo-pathologique). Soc. clin. de méd. mentale. Séance du 17 mai 1926. Bulletin-: mai-juin 1926, p. 66.
syndromes catatoniques ou hébéphréno-catatoniques authentiques, mais ils étaient transitoires et n'avaient aucune valeur pronostique quant à l'évolution ultérieure d’une hébéphréno-catatonie. On en trouvera la liste dans la bibliographie.
d) Autres syndromes extra-pyramidaux fixes
La question de l'assimilation des symptômes de la série catatonique et des symptômes de la série parkinsonnienne nous semble réglée. Mais on a pu voir des analogies avec d’autres manifestations extra-pyramidales. Par exemple avec la maladie de Wilson, à propos de certaines mimiques des catatoniques. Mais, dans la maladie de Wilson, fait remarquer Baruk, la contracture est globale et se produit à l’occasion de l'effort. La vie du regard est conservée, ce qui contraste avec le regard mort des catatoniques. Chez ceux-ci la mimique est souvent dissociée, frappant par exemple d'immobilité certains muscles de la partie moyenne du visage, avec conservation de l’activité de la partie haute du faciès et des muscles périmentonniers. La rigidité wilsonnienne semble caractérisée par une véritable « rébellion musculaire » qui brutalement s'oppose à l’acte voulu et puis soudain lui cède.
Il reste bien entendu que nous ne considérons pas les dissociations mimiques des catatoniques comme purement volontaires. Bourguinon et d'Heucqueville, après étude des chronaxies, s’expriment ainsi : « Sans s'inquiéter de ce que, psychologiquement, le malade éprouve pendant sa mimique paradoxale, ses muscles ne peuvent fonctionner autrement qu'ils ne font, physiologiquement, en raison de leur chronaxie. Notre observation apporte un élément de preuve de plus en faveur de l’idée que, dans la D. P., il existe, sinon des lésions anatomiques des centres, du moins des troubles fonctionnels en rapport probablement avec des altérations physico-chimiques ».
Par ailleurs Divry dit dans son rapport sur la catatonie : « Certains auteurs, comme Fränkel, ont envisagé à rebours, pourraitt-on dire, le problème des rapports entre les troubles extra-pyramidaux et la catatonie, en faisant valoir que, dans les affections sous-corticales, telle que la maladie de Wilson, la pseudo-sclérose de Westphal, on peut observer des troubles psychiques rappelant ceux de la catatonie et qui seraient dus à la répercussion du désordre moteur sur la sphère psychique. Je me suis donné la peine de relire les observations de Westphal, sur lesquelles table notamment Fränkel et je dois dire qu’il faut accorder une singulière élasticité à la symptomatologie psychique de la pseudo-sclérose pour la
superposer à celle de la démence précoce catatonique | »
J, Mallet 3