LARMES
«On a voulu, dit M. Divry, rapprocher le négativisme de certains phénomènes neurologiques, consistant essentiellement dans Îa persistance d'une innervation donnée, tels que le réflexe de préhension, le réflexe de succion, la persévération tonique ; mais dans tous ces symptômes, on ne retrouve pas le dosage de l'opposition à l’action motrice extérieure qui est propre au négativisme. Kleist, qui n’est certes pas suspect de vues psychologiques outrancières, les.
en sépare également. |
On pourra consulter avec intérêt à ce sujet l’article de D. E. Schneider dans The Journal of Nervous and mental disease, 1938, intitulé : « The clinical syndrome of Echolalia. Echopraxia, Grasping and Sucking ». Spécialement le cas numéro 8: « Schizophrenia, Echolalia and Echopraxia to a fellow-patient, and to a lesser extent to the examiner. Grasping and Sucking movements ».
Rappelons que l’on n’a jamais trouvé la moindre trace de négativisme chez les parkinsonniens.
Les tremblements, les myoclonies, les mouvements choréiques et athétosiques, les spasmes de torsion ne s’observent pas au cours de la catatonie.
Mais il existe, depuis l’encéphalite épidémique, des tas d'observations d’hébéphréno-catatoniques chez lesquels certains ont observé des symptômes «rappelant » les mouvements choréiques, athétosiques, etc... ; d’où ils infèrent que la catatonie est un syndrome «voisin » des syndromes extra-pyramidaux. Nous pensons que ces considérations n’ont pas d'autre valeur que descriptive. La neurologie est une science précise pour laquelle un mouvement anormal est un mouvement athétosique, par exemple, ou ne l’est pas: S'il ne fait que le « rappeler », on n’a aucun droit de conclure à une localisation identique, ou de se payer de mots en parlant de loca- Jisation voisine. Ce qu'il y à à faire, c’est l’élude des symptômes qu'entraiînent les lésions combinées, et les lésions diffuses. Mais l'étude faite en sens inverse, partant du mouvement complexe parakinélique, le décomposant en une somme de mouvements anormaux simples, et en induisant des localisations anatomiques, nous paraît une errance à l’aveuglette, aussi ingénieuse qu'elle puisse paraître.
e) Le syndrome de eatalepsie sénile
Où il y a plus qu'une analogie avec le syndrome catatonique, c'est, non pas dans la rigidité artério-sclérotique pure type Fôrster, mais dans le syndrome isolé par Lhermitte et Hecaen sous le nom
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de : « Troubles de la psychomotilité chez le vieillard » (A. M. P., 27 avril 1942, p. 62), ou de «Syndrome de catalepsie sénile » (Gazette des Hôpitaux, 10 juillet 1942, p. 297). Il comprend :
19 La difficulté de « dénervation » : différente du grasping reflex, et qui n’est sous-tendue ni par la contracture pyramidale, ni par l’hypertonie extrapyramidale ;
2° L’oppositionnisme : « Contracture spontanée. d'apparence volontaire, des muscles antagonistes du mouvement passif que l’on s’efforce de réaliser » ,
Défaut de dénervation et oppositionnisme sont « sujets à de brusques changements d’intensité selon les dispositions de l’attention du patient et selon aussi les objurations qui lui sont faites. De ce fait, l’on peut rapprocher cet oppositionnisme des phénomènes catatoniques que Claude et Baruk ont fort bien analysé. »
30 La catalepsie, surtout du troisième type de Kleist, qui apparaît indépendante de toute rigidité musculaire comme de toute exaltation des réflexes de posture. Elle serait d'observation très banale, cependant il semble qu’elle apparaît d'autant plus nette et prolongée que la sénescence psychique et plus profonde et c'est chez le dément sénile que la catalepsie se révèle 2vec le plus d'intensité et de pureté. Cette catalepsie frapperait par l’absence du sentiment de fatigue et l’extrême degré d’immobilité des membres, même dans les positions les plus incommodes. Tout se passerait comme si le sujet oubliait l’existence de ses membres et avait perdu le sentiment d’une partie de son corps, d’où l'hypothèse d’une perturbation de la notion de l’image corporelle, que Lhermitte et Hecaen étayent de quelques autres constatations. Il leur semble cependant que ces syndromes diffèrent des catatonies authentiques en ce sens qu'ils résistent à toute tentative de suggestion ;
49 Un état psychique de déchéance sénile,
Nous reproduirons leur interprétation anatomique : « Dans ses travaux sur les troubles de la psychomotilité, Kleist se donne une peine infinie pour rattacher les divers syndromes qu'il décrit à des lésions localisées de l’encéphale ; nous ne pouvons suivre cet auteur dans-cette voie. En effet, ni par les symptômes cliniques, ni par les constatations anatomiques, nous ne croyons légitime d'incriminer dans le déterminisme des perturbations psychomotrices Gu vieillard tel ou tel système spécialisé. Les lésions se montrent trop diffuses pour qu’une systématisation soit à envisager. Certes, il est possible que dans tel cas un dispositif encéphalique soit plus spécialement atteint, mais ceci n’est que l'exception. Et si Lhermitte et Susie ont observé dans un cas de catalepsie pure une atteinte profonde du cervelet, il faudrait se garder de conclure que la lésion du cervelet soit nécessaire à la us de la catalepsie du vieillard. Ce que l'observation anatomo-clinique révèle, c’est l'existence d’une désagrégation diffuse des fonctions corticales sur laquelle s’accusent des lésions dispersées plus profondes sur certains systèmes, qui font
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de ces déchéances du vieillard des démences en « mosaïque ». Plus haut en effet, les auteurs mentionnent: «si l’on interroge les grandes fonctions neuro-psychiques telles que les gnosies, le langage, l'identification de l’image corporelle, les praxies, l'orientation temporelle et spatiale, l’on observe très fréquemment que celles-ci se montrent altérées plus ou moins sévèrement... Mais nous avons éliminé, de parti pris, les apraxiques, les agnosiques et les aphasiques pour ne pas fausser une observation en elle-même délicate ».
Ceci nous conduit à imaginer dans la catatonie de l’adulte des désagrégations partielles émergeant encore bien moins; qu'il s’agit de lésions d’une extensité au moins égale et d’une intensité encore plus uniforme (moins en « mosaïque ») et aussi légères, dynamiques et reversibles qu'on voudra.
Précisément au cours de l’encéphalite épidémique il peut exister.
une phrase catatonique authentique à l'acmé ou au décours des manifestations aiguës, commenous pensons l'avoir suffisamment montré (et après une phase dont la tonalité fondamentale est la confusion mentale doublée peu à peu en harmonique d’un syndrome schizophrénique puis d’un syndrome schizophréno-catatonique.)
Cette phase catatonique correspondrait à la plus grande extension des perturbations fonctionnelles. Elles vont ensuite régresser de la périphérie vers la base du cerveau, et il ne restera plus guère qu'un syndrome extra-pyramidal lésionnel. Dans les hébéphrénies ordinaires par contre les poussées catatoniques répondraient à des poussées perturbatrices allant vers les noyaux de la base et déterminant d’abord des phénomènes d’excitation ou de libération (hyperkinésie, parakinésie). Dans la catatonie encéphalitique par contre il est logique que l'atteinte centrale primitive amène d'emblée un état akinétique, c'est en effet ce que l’on observe.
En un sens l'atteinte du système extra-pyramidal semble donc indispensable à la réalisation du syndrome catatonique, maisil n’est pas suffisant, il faut des lésions beaucoup plus excentriques, et alors parler de composante extra-pyramidalé n’a plus guère de signification.
Enfin, il y a toujours chez les catatoniques des troubles végétatifs, et la sphère des instincts a probablement pour supports les noyaux végétatifs étagés du diencéphale au bulbe. L’atteinte de ces centres est probablement un élément indispensable à la réalisation d'une catatonie vraie. D'autre part on a tout lieu de penser que ces centres sont atteints chez les hébéphrènes. Ceci expliquerait la fréquence avec laquelle le syndrome catatonique se rencontre chez eux.