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IX—5@X "5 Psychogramme.
Gr LEE 20 D Dd D b1 Do 2, à 34 1 2 D'iEnen be M m (m) F FC CF C F (c) 1 1 1? » 2 Eux » 89 a 2 (?) oulx A Ad Hd objet vég. Anat Sexe 5 1 1 4 2 » 16 26 - re DATANT LOS H% = 2% Ro = 8207 Anat. % = 34% Sexe %, = 56% Langage : Succession : D G Stimulations: 11.
Répétitions : 11.
Impressions: 1.
Symétrie : 1.
Commentaire désadapté : 2 x.
délire (voudrait plier latéralement la carte). Construction par association allant de D à G — 2x. . Gestes persévérés — 6 x. | (Mie MONOD).
J. Mallet 4
Le test est typique d’un Parkinsonisme avec syndrome de persévération (voir notre chapitre sur psychisme parkinsonien) et légère débilité. Il n'y a ni coupure du réel ni créations autistiques. Le délire n'apparait pratiquement pas.
Quant à la personnalité du malade, celui-ci nous en indique d'emblée la structure bipolaire quand nous lui demandons depuis combien de temps il est à l’hôpital, à quoi il répond :
— « Quatre ans en réalité.
— Et trente ans en rêve. »
Ce qui nous oriente tout de suite vers une structure paraphrénique. A partir
de ce « Trente ans en rêve », on peut, pourvu qu’on veuille bien y passer des heures ou des journées, tirer bribe par bribe de G. des explications dont la sommeconstitue évidemment un délire paranoïde paralogique, impénétrable, etc... On serait tenté de croire que ce délire est'extrêmement touffu et luxuriant, mais que sa bradypsychie empêche G. de l’extérioriser, ou encore que ce délire serait touffu et luxuriant si G. n'était pas bradypsychique. Mais en réalité, ilen va tout autrement. D’abord G, s’il est bien bradylalique, n’est pas bradypsychique. Ensuite on a directement l'impression que ce délire de G. est actuellement une fabulation au fur et à mesure des questions qu’on lui pose. Fabulation de plus en plus difficile et qui se termine souvent par une pirouette. Si G. donne l’impression d’être bradypsychique, c'est qu’il n’est pas très intelligent et que cette fabulation est un peu laborieuse, et qu’ensuite il est bradylalique.
Cette fabulation se développe au moyen de clefs dialectiques issues d’expé-riences délirantes anciennes, interprétées, rationnalisées, conceptualisées jusqu'à laisser à G. les notions magiques de « Suivant », de « Double », de « Médium ».. d’ « Excès de voyance », etc... Quand G. n’est pas « dans le cirage », la fabulalation se développe aussi plus simplement par calembours. Exemple : G. affirmait être le roi de trèîle. Qu'est-ce que c’est ? « Roi des légumes » répond-il après un certain temps de latence et au bout d’un rire, certes plus niais que discordant, et dont l’automaticité nous paraît maintenant très discutable.
Nombreux sont les anciens thèmes de ce délire largement compensatoire qui
sont maintenant oubliés, ou niés, ou quelquefois remplacés par d'autres. Le. Dieu Lama, c'estsimplement : « Un livre qu'ila lu ». Chilpéric 1er ? Ilen aentendu parler. Quelques images oniriques anciennes demeurent vivaces et fertiles, mais la plupart se sont dégradées en concepts, et actuellement les expériences semblent beaucoup moins fréquentes, et imaginées beaucoup plus que vécues. Par ailleurs, on n'arrive plus à exhumer les hallucinoses, ou du moins leur diagnostic rétrospectif est impossible: l'histoire lilliputienne des Indiens n'est plus qu’une imagerie vue sur un illustré pour enfants, et qui aurait eu plutôt une persistance éidétique (1).
. Nous n’allons pas redonner des exemples de cette fabulation paranoïde résiduelle etcompensatoire, parfois assez amusante, que l'on pourrait extraire bribe par bribe à longueur des jours euphoriques du malade. Nous nous attacherons. plutôt à montrer chez lui la persistance, ou plutôt le retour de l'attachement à la réalité objective, et le peu de croyance qu’il accorde à ses élucubrations.
D. — Qui êtes-vous ? PEASS
R. — Je suis Jules Eugène G...
(1) Voir à ce sujet : Lang et Polatin : Spontaneous eidetic imagery in a case of chronic epidemic encephalitis. The journal of nervous and mental disease, May 1937,
t. XXON, p. 548.
ER
— Je suis le propriétaire de l'hôpital Sainte-Anne et de certains pâtés de maisons à Paris.
D. — Quel métier ?
R. — Camelot... Ça peut aller dans le même sac (rire). D. — Vous voyez encore des choses ?
— L'autre jour, j'ai vu un lion.
— Mais il n’y en a pasici, que je sache ?
— Non, il n’y en a pas, c’est moi le lion, ou tout au moins un lièvre (rire). — Que faites-vous ici toute la journée ?
— Je rêve... La nuit on m’emploie à rêver.
— Qui ça ?
— Marie X..., ça lui rapporte cent francs à chaque coup. Je ne sais pas si c'est la vérité. On m’a dit que quand les gens voient par mes yeux, ils lui donnent
cent francs. Je ne sais pas si c’est la réalité. C’est peut-être pas vrai. Je serais un médium.
RoREREUX
D. — Vous vivez ici une vie d'imagination ?
R. — Oui c’est ça.
D. — Puisque l’hôpital vous appartient, pourquoi ne fouchez-vous pas le loyer ?
R. — C'est bien ce que j'aurais envie de demander. A qui donc faut-il que je m'adresse pour réclamer ce truc-là ?
D. — Vous vous en garderez bien. Vous savez fort bien que vous êtes ici la cinquième roue d’un carrosse.
R. — (D'un air terrible) : Si je commandais la marche en arrière de l'hôpital,
vous verriez Ce que vous verriez.
D. — Eh bien! Allez-y !
R, — Ah! des clous! Je veux pas être écrasé sous le choc.
Ici on a évidemment affaire à une de ces «histoires de fou », telles qu’en imaginent les gens normaux.
En conclusion, le devenir du malade dans le temps a été le suivant : Encéphalite. Phase de latence. Phase perverse. Nouvelle poussée encéphalitique avec onirisme, aboutissant à un syndrome hébéphréno-catalonique. Ensuite, probablement à mesure que se localisaient les perturbations sur le système extra-pyramidal : disparition du syndrome hébéphréno-catatonique qui fait place à un syndrome parkinsonnien, et à un délire paraphrénique résiduel.
OBSERVATION II (inédite)
R.. Marie-Rose, née à terme. Marche à 15 mois. Parle vers 1 an. Pas de convulsion. Ni frère. ni sœur. Pas de fausse couche chez la mère. Famille dépourvue d événement psychopathique. Rougeoie à trois ans. Scarlatine à 4 ans.
Encéphalite épidémique à 6 ans (1928). Diagnostiquée alors sur l’état confusionnel fébrile, l'anxiété, la stupeur épisodique, les accès de somnolence, la sialorrhée, l'hyperglycorrachie. Traitée par salicylate et urotropine. L'enfant est demeurée plus ou moins confuse, anxieuse, onirique, et n’est redevenue réellement normale qu’au bout de six mois.