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SECTION PREMIÈRE

EXPRESSION DES TEMPS RELATIFS PAR DES MOTS VIDES APFIXés.

Le mot vide affixé au temps principal pour exprimer le temps secondaire peut être seul ou bien se cumuler avec celui exprimant le temps principal modiûé.

V CLASSE. «^ Mot vide seul et ne se cumulant pas avec un mot vide caractéristique du temps principal.

C'est le cas de Vaugment. L'augment existe en grec, en sanscrit; il disparaît totalement en latin, en gothique, en slavon; ce n'est pas un phénomène général ; il peut ne pas se former, car il est doublé d'un autre indice du temps secondaire dont nous parlerons plus loin, du raccourcissement de la désinence ou de la suppression de l'affixe caractéristiq[ue du temps principal, suivant les systèmes.

Cet augment est a en sanscrit, e en grec; il s'applique exactement à tous les temps secondaires.

Mais il ne sort pas de l'indicatif; il y a là un phénomène non expliqué. Son absence aux autres modes ne serait-elle pas un commencement de disparition? ou une limite d'apparition? ou une preuve de la confusion antique des temps et des modes, ce qui fait que la caractéristique d'un temps ne passe pas à un mode considéré comme un autre temps ?

■• CLAS68. — Mot vide se cumulant avec celui du temps

principal.

Plus souvent le mot vide du temps secondaire se cumule avec un autre, celui du temps principal. Alors le mot vide caractéristique du temps secondaire se place du même côté du verbe que celui caractéristique du temps principal, ou men de Tautre côté, de sorte que le verbe est enfermé entre les deux indices. Ce dernier cas est le plus fréquent. Mais cette différence de procédé n'est pas d'une importance majeure.

Tel est le système de beaucoup de langues de l'Amérique.

L'algonquin le met en pratique; le présent, il est vrai,

Bayant pas d'indice, l'imparfait s'en forme simplement en

sufiLxant ban. Mais le parfait se marquant par la préfixation

de ki, giy le plus-que-parfait s'en forme en conservant cette

préfixation et en y ajoutant la suffixation du même indice :

àan, qui devient ainsi général pour les temps secondaires. Le

futur se marquant par la préfixation de : ka, g a, on peut en

former un futur passé en cumulant la préfixation de ka et la

suffixation de ban. Le conditionnel est considéré comme

temps principal et se forme par la préfixation de da, ta.

En athapaske, l'imparfait préfixe : sh au présent qui n'a pas d'indice, le plus-que-parfait suffixe : ni au parfait, qui conserve son préfixe ig; le futur passé cumule la préfixation de : 9^ gi, indice du parfait, et la suffixation de : waLli^ indice du futur. Ex. : gi-tsag-walli^ j'aurai pleuré.

En iroquois, Timparfait suffixe kue au présent, qui sufûxait déjà s : k~atkahto-$, je vois; k-atkahto-s-kue, je voyais; le plus-que-parfait suffixe : ne au parfait, qui préfixait déjà : ua. Le futur passé cmnole deux préfixes, celui du futur, qui est : en, et celui du passé, qui est : ûa : en-ua-k-athahlô, j'aurai tu. Ici Tiadice du temps secondaire nest plus toujours le xnéme.

En Ju>loscbe, Timparfait se forme du présent en soffixant :

giriy hin; le plus-qae-parfait, du parfait en saffixant aussi : girty qai se joint aux suffixes des temps principaux; enfin, le potentiel, du futur indéterminé, par la même suffixation.

Le nahuati présente un système très complet. Le présent est sans indice, l'imparfait y suffixe : ya; le parfait préfixe : 0, le plus-que-parfait préfixe : o et suffixe : ha; le futur suffixe : s; l'optatif, dont nous connaissons Tanalogie avec le conditionnel, se forme de deux manières, ou en suffixant : ni au cohortatif qui préfixe : ma, ou en suffixant : Ma au futur qui suffixe déjà : s.

Ni'tla-powa, je compte; ni-tla-powa'ya, je comptais; oni'tla-powa, je comptai; o-ni-tla-powa-ka, j'avais compté.

En othomi, l'imparfait se forme par la suffixation de : mxd ou '/ma au présent, qui contient déjà la préfixation de : na; le plus*que-parfait, du parfait par la suffixation du même : -/ma au parfait déjà caractérisé par la préfixation de : A;^; le futur antérieur se forme par la préfixation de : wa au parfait qui a déjà préfixé : ks.

Le taraske suffixe : ha pour former le présent ; pour Fimparfait, il suffixe ha + mbi. Il n'y a pas d'autres temps secondaires.

En totonaque, le présent suffixe : ya, l'imparfait ajoute la préfixation de : ish .'paski-ya, j'aime; ish-paski-ya, j'aimais; le parfait suffixe : nita, le plus-que-parfait : nita, et préfixe : ùh :paski'nita et ish-paki-nita. Ici c'est donc l'affixe du temps secondaire qui se préfixe, et celui du temps principal qui se suffixe. Le futur est considéré comme le temps secondaire du présent (ce qui est une particularité), et se forme en préfixant : na : na-paski-ya; le futur passé se forme du mélange du plus-que-parfait et du futur, conformément à la théorie : ish-paski-nit-na.

En zapothèque, le présent se formant en préfixant : ta, l'imparfait en dérive en y joignant la suffixation de : ti; le parfait se formant par la préfixation de : ko, le plus-que-parfait se forme à son tour par la suffixation cumulée de : kala.

Le chiapanèque forme son imparfait, du présent, son

plus-que-parfait, du parfait par la suffixation de : ke.

En dehors des langues américaines qui en présentent le mieux la synthèse, ce procédé est encore employé dans des langues diverses.

Dans la langue australienne du Lac-Macquarie, les temps principaux se forment par suffixes ; les secondaires en dériyent en ajoutant un autre suffixe, mais le système est défectif.

Le parfait a pour indice : â contracté de : ala, suffixe; le plus-que-parfait y joint le suffixe : ta = âta. Il n'y a pas d'autres temps secondaires.

En nuba, le parfait s'expriraant par : kene, le plus-queparfait se forme par le redoublement de l'indice : ken-kene; le premier futur, par la préfixation de : fa, ht, bu, etc.; le futur second y ajoute : dare; de même le futur passé dérive de l'aoriste, en y ajoutant les indices du futur : fa, hi, etc. Par ailleurs, le système se rattache à celui des auxiliaires, en ce qui concerne la formation des temps principaux.

En koréen, les temps morphologiquement secondaires sont : \^\q futur passé qui réunit le suffixe du prétérit : at, et, etc. à celui du futur : keit; 2** l'imparfait qui ajoute au présent aoristique la suffixation de : eni; 3** le plus-que-parfait qui par la même suffixation dérive du parfait, lequel suffixait déjà : et, it, etc.; 4° le conditionnel présent qui par la môme suffixation dérive du futur, qui lui-même suffixait déjà : keit; 5® le conditionnel passé qui dérive du futur passé, en suffixant : eni à ce temps qui suffixait déjà à la fois : at et keit.

Ce qu'il faut remarquer ici, c'est que le conditionnel présent dérive du futur, comme en sanscrit, ce qui est conforme à l'idée psychologique ; d'autre part, que le futur passé est un mélange du prétérit et du futur absolument comme en grec; enfin que le conditionnel passé ne dépend plus du conditionnel présent, mais est un mélange de trois temps : F du temps secondaire commun, marqué par : eni; 2** du prétérit, marqué par : at, et ; 3° du futur, marqué par : keit.

Le siamois n'a qu'un temps secondaire, le futur passé, qu'il

forme en ajoutant le verbe auxiliaire : tai, iiidice du prétérit, au mot : tsa, et, indice du futur.

L'ibo emploie : na pour indiquer le présent et le parfait^ H pour le passé en général, les éléments kwa et ra, lesquels se combinent entre eux et avec : na; l'imparfait a ainsi pour indices : nye-re, et le plus-que-parfait : nye^kwa-ra.

Le woloff a pour indice des temps secondaires Taffixe : kon^ lequel forme l'imparfait, le futur passé ; cependant le plus-que-parfait n'y est pas un temps secondaire.

Dans une langue du Caucase, l'ude, le présent prend pour suffixe ; sa, y^a, et l'imparfait y ajoute : i, le parfait a pour suffixe : e, auquel le plus-que-parfait ajoute : •; l'optatif, si analogue à notre conditionnel, se forme du futur en suffixant : i; le conditionnel, qui existe indépendamment, se forme en ajoutant : gi au plus-que-parfait, formé déjà luimême par la cumulation de e et de i.

Le bedja forme le plus-que-parfait en ajoutant : sûr au parfait.

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