‹ De la catégorie du tempsChapitre 23 sur 30 · IM · texte numérisé non relu

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ou indirectement Toptatif en guise de futur, ou se créent un futur dans Toptatif, qui disparaît comme tel.

La première de ces formations est un procédé général des langues indo-germaniques, mais indirect. Nous avons vu que le futur est composé du thème verbal, auquel on joint le futur du verbe : être. Ce futur du verbe : être est is-ja^ s-ja^ se composant à son tour de : is^ 5, racine du verbe substantif, et de ja^ qui est le symbole de l'optatif et dont l'origine remonte à Fauxiliaire ; e, ja^ aller; le futur du verbe : être, qui forme le futur des autres verbes, n'est donc qu'un optatif. C'est ainsi que se forment les futurs suivants : en sanscrit : bhaw-isjâmi, je serai; kar-isjâ-mi, je ferai. (Le premier de ces exemples est curieux; le verbe : être s'y sert d'auxiliaire à luimême.) En zend : wax'Shja, il dira; en grec originairement : (jL£v-e<r-Jo, Ssix-cT-Jw; en lithuanien : gers-ju, je boirai.

La seconde de ces formations se fait sentir en hongrois, mais il faut remarquer que l'optatif emprunté est lui-même tiré du participe futur. Le hongrois qui d'abord exprime, comme les autres langues ouraliennes, son futur par une périphrase, finit par se créer un futur désinentiel en and qu'il emprunte à l'optatif, lequel disparaît alors peu à peu; l'optatif avait lui-même emprunté cet indice au participe, de sorte qu'il y a en réalité ici ce fait remarquable d'un temps qui passe de mode en mode, du participe à l'optatif, de l'optatif à rindicatif.

A ces cas il faut ajouter celui que nous signalerons tout à l'heure à propos-du subjonctif.

Cet emprunt de l'optatif se comprend très bien, et il est étonnant qu'il n'ait pas été plus fréquemment en usage; il existe un lien psychologique étroit entre le futur et l'optatif. Quoi de plus naturel qu'un temps imaginaire, c'est-à-dire purement subjectif, non seulement quant à son point de re^ père, mais quant à son idée même, s'exprime précisément par le mode imaginaire, s^ubjeciif aussi, pat l'optatif.

Cinquième mode. — Emploi du subjonctif.

Ici encore il s'agit d'un mode qui fait fonction de temps, ce qui prouve une fois de plus la confusion fréquente de ridée de temps et de celle de mode.

En grec, à l'époque homérique, le subjonctif tient souvent lieu de futur, et alterne même avec lui pour remplir sa fonction; il suffit de citer dans Homère : oux ecrcreTat ouSe ys^xau;

ou mt)<r iSot), cnjBe iS(i>[jiat.

Des locutions analogues se trouvent dans le sanscrit védique.

Le latin emploie son subjonctif en fonction de futur : /%ram^ fçres, feret, puis il se différencie un second subjonctif pour remplacer le premier : feram^ feras^ ferat, A son tour, il est vrai, le futur réagit sur le subjonctif et exprime le subjonctif imparfait dans : ferrera^ ferres^ ferret.

Mais il ne faut pas oublier que le subjonctif : feram^ feres^ feret^ détourné par l'indicatif futur, était lui-même venu de l'optatif disparu. En effet, feres •=. fera-i-s, feret = fera-i-t, lesquels renferment l'indice de l'optatif ; i; de sorte qu'en réalité c'est plutôt à l'optatif que le futur doit son origine ici.

Comment expliquer cet emprunt fait au subjonctif? Le lien psychologique du futur et de l'optatif se conçoit beaucoup mieux. C'est qu'il existe, d'autre côté, un lien morphologique très étroit entre le subjonctif et l'optatif; les indices : a du subjonctif et : i de l'optatif s'échangent souvent entre eux. Quoi d'étonnant à ce que cet échange se soit étendu du cas de leur emploi ordinaire à celui de leur emploi fonctionnel?

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