‹ De la catégorie du tempsChapitre 4 sur 30 · PREMIERE CLASSE · texte numérisé non relu

PREMIERE CLASSE

MOTS YIDES ADVERBIAUX EMPLOYÉS PIRSCTEMEIfT

Ces mots vides sont employés très fréquemment, comme nous le verrons plus loin, pour les temps subjectifs; ils le sont moins pour les temps objectifs, mais cependant dans les langues suivantes :

Le logoné, le mandara, le maba, le samoyède, les langues ooraliennes, le nuba, le madekass, l'esquimau, les langues indo-germaniques.

L'esquimau a ceci de spécial qu'il ne marque pas les temps objectifs par des indices véritablement grammaticaux. Au point de vue des temps subjectifs, cette langue, comme beaucoup d'autres, n'a pas le futur, qui est remplacé par l'optatif; elle n'a pas non plus de parfait, l'action est toujours censée passée, à moins qu'on n'exprime le contraire ; c'est l'inverse de certaines langues qui n'ont pas de présent, par ce motif que c'est le présent qui est sous-entendu. L'esquimau ne possède pas non plus de présent, puisque si l'action était présente, l'interlocuteur la verrait, il serait inutile de la raconter. Il n'a donc ni présent, ni futur, ni passé en ce qui concerne les temps subjectifs.

La particularité de cette langue n'est pas moins grande lorsqu'il s'agit des temps objectifs. Elle les possède tous et même d'une manière plus complète, mais elle les exprime non par la flexion, mais par des indices en grand nombre, excepté le parfait objectif, l'accomplissement complet de l'action, qui ne s'exprime pas. Chaque degré d'avancement de l'action se trouve exprimé, et non pas trois degrés seulement, non par une conjugaison, mais par une dérivation dont les éléments isolés n'ont plus de sens, mais qui sont d'origine tantôt adverbiale, tantôt verbale. L'esquimau appartient réellement aux langues à aspect dont nous parlerons plus loin.

Le sanscrit possède dans un des systèmes qai interprète l'i final de la désinence des temps primaires, et en tont cas dans Va ou Ve de laugment des temps secondaires, un indice adverbial exprimant la proximité ou Féloignement; nous ne reviendrons pas là-dessus.

Le logoné forme le duratif en suffixant : Tadverbe : âl, maintenant; Taoriste en suffixant : na; en mandara, le duratif suffixe : na au positif, ka an négatif; le maba suffixe : re à Taoriste; le temps contraire n'est pas marqué.

Dans les langues samoyèdes, c'est Taoriste qui dérive du duratif, au moyen de la suffixation de Tune des syllabes : sa^ ha, su, ju, sh, ish, tj.

Les langues ouraliennes laissent le duratif sans indice, excepté en ostiake, où il se forme de Taoriste en ajoutant : t, d, dl; et marquent Taoriste par les désinences : i, e, dont l'origine exacte est mal connue. En finnois : rakasta-n, j'aime, à l'aoriste devient : rakast-i-n; olen, je suis, devient ol'in; en mordwin, pela-n, je crains, devient : pel-i-n; palâva-n, je suis embrassé, devient : palâ-v-i-n; en hongrois, vàr-ok^ j'attends, devient : vàr-e-k.

En nuba, les personnes se marquent par des pronoms préfixés, mais les deux temps objectifs, par des indices qui ont une origine pronominale devenue méconnaissable; l'un de ces indices marque le duratif et a pour caractéristique : r, l'autre marque l'aoriste, et a pour caractéristique : s.

Le madekass marque trois temps, mais plutôt subjectifs qu'objectifs, le présent, le passé et le futur, par des préfixes ; nous renvoyons au chapitre suivant.

On voit que ce mode d'expression, si fréquent pour les temps subjectifs, est assez rare ici; il reparaît quelquefois cependant, puisé dans le participe.

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