RETRAIT DU DRAIN
Cet acte n’est à envisager que lorsque plusieurs tentatives de décollement intrapleural ont échoué (ouverture du drain à l'extérieur sous contrôle radioscopique puis injection prudente de lipiodol dans le trajet fistuleux sans exercer de pression sur la seringue, Le trajet doit aspirer lui-même le lipiodol. Aucune trace d’air ne doit exister dans le drain et la seringue bien remplie de lipiodol. Enfin on doit examiner à nouveau en scopie une heure après lPinjection le malade demeuré en position déclive, le lipiodol étant souvent très lent à fuser vers les diverticules étroits). On le fait précéder d’un raccourcissement lent et progressif de ce même drain. Théoriquemment on ne le retire entièrement que lorsque son extrémité a pu sans incident en venir à ne plus qu’effleurer la plèvre. Tout décollement intrapleural visible à la radio les jours suivants est considéré
comme un échec : on remet alors le drain.
Les échecs viennent toujours de la persistance d’une lésion à l'extrémité du trajet. On a donc cherché à atteindre cette lésion par le canal du drain: on a injecté à Châteaubriant quantité de substances « décapantes », « cautérisantes », « sclérosantes » définissant ainsi les actions que l’on souhaitait.
En fait, le nitrate d’argent, moins choquant nous le verrons plus loin, en crayon qu’en solution même étendue, semble le produit de choix, quoique la quinine-uréthane soit aussi à considérer.
PEN, ne
Les résultats sont d’ailleurs en rapport non telle-: ment avec le produit qu'avec les difficultés et la longueur du trajet. Les trajets courts et rectilignes étant influençables, les trajets longs et compliqués l'étant beaucoup moins.
Une réserve cependant pour empêcher une systématisation trop hâtive :
Dans certains vieux pyothorax, ceux qui vivaient depuis longtemps avec leur pleurotomie et leur pyothorax, sans autre traitement, suivant les conseils de Ecole d’'Hauteville, on trouve des parois pleurales si déformées et si dépourvues de vitalité que leur accolement ne peut suffire à les symphyser. Dans ces cas, il persiste des trajets extrêmement capricieux, sans direction précise, avec des ramifications, des coudes bizarres. Ces trajets sont sans rapport nécessaire avec des perforations et une pleurectomie n’apporterait pas nécessairement un progrès sur aspiration. Il faut revitaliser la paroi en nécrosant sa surface atone et les injections modificatrices font merveille à la longue.
Nous arrivons alors à cette période où la pleurectomie devient une éventualité discutable. Une série d'échecs de retrait du drain, la manifestation régulière d’une perforation persistante au bout du trajet, bien plus encore : une fente irréductible amènent peu à peu le malade et le médecin à se décider.