OBSERVATIONS
OBSERVATION N° 1. M. JOU. — Tuberculose pleuropuimonaire traitée par une pneuimo-séreuse un peu tardivement. Résultat immédiat satisfaisant en dépit “'adhérences assez larges au sommet. Le pneumothorax est entretenu de juillet à fin décembre 1931: A cette date, brusquement fièvre élevée, de plus, amaigrissement rapide, Le malade est conduit d'urgence à l’hôpital de Châteaubriant après une vomique, pour un pyotorax surinfecté. Le Docteur FRUCHAUD fait une pleurotomie suivie d’une thorasceplastie en deux temps opératoires. (Janvier 1932).
Résultat tès satisfaisant, la fièvre disparaît rapidement, l’état général s'améliore. Le collapsus obtenu bien que très important laisse une fistule pleuro-cutanée persistante à la base. Le malade reprend ses occupations professionnelles. En janvier 1936, on essaie laspiration continue en cure ambulatoire. Il en résulte une amélioration sensible de l’état général .du malade, la fente résiduelle se rétrécit sans disparaître complètement. La cure est toutefois poursuivie, mais avec irrégularité, ce qui explique peut-être l’échec partiel de la méthode.
Au cours de l’hiver 1939, au cours d’une partie de chasse, le malade aurait fait une grippe pendant trois semaines. Revu à l’écran, on constate que la fistule s’est
agrandie et remonte beaucoup plus haut sous la thoracoplastie, Une perforation pleuro-pulmonaire devient évidente sept années après la fermeture de la première perforation par la thoracoplastie. Reprise de l’aspiration continue, la perforation est rapidement masquée ; nouvelle amélioration de la poche qui se réduit.
Au début de la guerre, M. Jou…. doit déployer une très grande activité pendant plusieurs semaines. Il fait en novembre une poussée fébrile, puis une petite hémorragie pleurale après laquelle il se fait examiner le 22 novembre. On constate alors qu’il y a eu une pleurolyse totale de la plèvre, jusqu’à l’apex, non seulement au niveau des régions symphysées depuis deux ans par Paspiration ou même depuis près de huit ans par la thoracoplastie, mais également jusqu’à l’extrême apex qui était symphysé en 1931, quand la pneumo-séreuse a été commencée.
Perforation pleuro-pulmonaire à nouveau ouverte ne permettant pas la reprise de l’aspiration continue. Expectorations bacillifères par intermittence.
Nous présentons cette observation pour montrer comme est trompeuse l’opinion qui consisterait à croire définitives les symphyses ou les guérisons obtenues par collapsothérapie. De même qu’il y a des évolutions dans un moignon tuberculeux sous pneumothorax, de même il y en a sous thoracoplastie, La collapsothérapie n’est pas à elle seule un traitement du pyothorax! Il s’agit d’un problème plus complexe qui se refuse à toute systématisation hâtive. Dans ce cas, on aurait pu croire à une guérison plus facile et pourtant le pyothorax finit par être des plus gravés parmi ceux qui nous intéressent.