Titre XCIX. Perlz, t. V, p
4. Lex Rifntar.iïi, 60, de traditiombus etlestibus adhtbendis. Voyez form. de Goldast. 90,91 et 94.
doute, de graver plus profondément dans leur mémoire le souvenir de l'acte auquel ils venaient d'assister.
La tradition était donc faite dans l'assemblée du mal' lum ou devant un nombre de témoins déterminés par la loi, dans les deux cas, elle transférait immédiatement la propriété ; mais, lorsqu'on accomplissait la solennité en dehors de l'assemblée du[canton,racquéreur faisait donner par le vendeur caution de parfaire l'investiture devant le comte. Cette opinion nous paraît moins exagérée que celle qui n'admet qu'une tradition faite dans le mallum. Ces assemblées d'abord tenues souvent, deux fois par mois d'après certains auteurs, devinrent de plus en plus rares, leurs attributions et leur importance diminuèrent. On ne peut admettre que les mutations aient dû forcément se faire, devant des assemblées qui ne se réunissaient qu'une fois ou deux chaque année et peut être moins souvent (1). Mais on peut affirmer que Tusagc de donner aux mutations une certaine publicité se maintint. M. Augustin Thierry nous cite un acte de donation qui fut passé au XIV* siècle devant les notables de la ville d'Amiens (2).
La tradition faite dans l'assemblée des hommes libres, assemblée à laquelle tous étaient obligés d'assister (3), avait le double avantage de donner à l'acte certaine publicité et de fournir aux parties intéressées des moyens
1. Guizot, Essais sur i* Histoire de France. Essai IV. pages 220, et suiv. De Valroger, Thèse de doctorat 1858. Randa. Etude sur les registres français en Autriche, Bulletin de la société de législation comparée 1879, page 469 Irad. do M. Thevencl.
2. Augustin Thierry, suite à l'essai sur thislolre du Tiers Etat, page 416. Second frag. des monuments inédits:
3; Guizol, op, cil
de preuve en cas de contestation, mais cette tradition simple, telle que nous la comprendrions aujourd'hui, ne suffisait pas. Les peuples primitifs aiment à représenter les différents actes par des symboles qui frappent leurs sens, ils cherchent à matérialiser leurs idées, étudions ces formalités symboliques chez les Germains.
SECTION II
Symboles qui accompagnaient la tradition.
Du Gange, nous indique les symboles qu'on employait le plus souvent pour effectuer les transmissions de propriété. 11 faut citer d'abord le bâton parce qu'il fut le plus usité (traditio per festucam, infestucatio,scotatio, disent les textes). Le vendeur se dessaisissait de la chose, par la remise d'un bâton à un tiers et ce dernier le remettait à l'acquéreur. « Ratholdus tradidit et vestivit per durpileam et festucam, sibi foras exuttimalienum et spoliatum in omnibus dixit et omnia verpioit (l).i La loi Salique nous indique comment les choses se passaient dans le mallum. t Et postea très homines très causas demxindare debent, postea in ipso mallo requirant hominem qui ei non pertinet et sic festucam in laisam jactet (2) ». fl est question dans ce passage d'une donation, mais les actes à titre gratuit ne différaient pas sur ce point des actes à titre onéreux.
Il y avait beaucoup d'autres symboles, quelques-uns représentaient la chose qu'il s'agissait de transmettre,
1 . Klimralh, histoire du drotl public et privé de la Finance; travaux pour servir à Thisloire du droit, tome l. p. 355 des œuvres posthumes.