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La brigade est ici en colonne double ; le 2e régiment se déploie à gauche, tandis que le 1er change de direction et se forme à gauche en bataille, quand il est arrivé à hauteur du point où doit s'appuyer sa droite.
Dans les théories allemandes, le flanc offensif répond à une position en avant sur le flanc de l’ennemi, tandis que le flanc défensif s’applique à une position parallèle à la ligne de bataille et en arrière, telle que A B dans la figure ci-dessous.
Un des dispositifs d'attaque le plus employé est le suivant :
Le 2e régiment se déploie ; le 1er se forme en échelons, l’aile droite en avant. C'est dans cet ordre que nous avons vu la lre division de grosse cavalerie autrichienne se porter, à Sadowa, à la rencontre de la cavalerie prussienne de l'armée du prince Frédéric-Charles. Si le 2e régiment charge, le 1er couvre son flanc; si c'est. le 1er qui doit attaquer, le 2e forme la réserve ; dans ce cas, il envoie un de ses escadrons appuyer le point extrême du premier échelon.
Les masses de brigade se forment et manœuvrent comme celles de régiment; les deux régiments sont sur la même ligne (fig. 1), ou l’un derrière l’autre (fig. 2), ou bien encore en colonnes doubles par régiment, à intervalle de masse (fig. 3).
Enfin de nouvelles instructions sur les charges, les ralliements, l’emploi et la place des réserves, terminent les évolutions de brigade.
Les règlements ne comportent pas d'école de tirailleurs, parce que la cavalerie n’a ni mousqueton ni fusil; elle éclaire par des vedettes, des hommes détachés qui rentrent dès qu'ils aper-
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çoivent l’ennemi; leur rôle se borne à prévenir. On a reconnu, à ce qu’il paraît, les inconvénients de cet état de choses ; car les journaux militaires de l'Autriche annoncent qu’on va donner à la cavalerie un fusil se chargeant par la culasse.
Ecole du cavalier. Instruction. — Si l’on descend maintenant aux détails de l’instruction première; on y trouve plusieurs innovations qu’il est important de signaler. *
Bien que le cavalier ne soit recruté, surtout pour la cavalerie légère, que dans les provinces où la population est toujours à cheval, on s’occupe, dès son arrivée au corps et pendant le premier mois, à l’assouplir et à le rompre par la gymnastique et la voltige sur le cheval de bois.
Puis on lui fait répéter tous les mouvements, aux difïérentes allures, sur un cheval tranquille, tenu à la longe, et ce n’est que quand il se trouve ainsi familiarisé avec ces exercices qu'on le met en selle sur un cheval libre. Son instruction peut être ainsi menée beaucoup plus vite, et à six mois généralement les hommes sont formés.
La théorie recommande de ne faire faire aux jeunes soldats que des séances très-courtes, une demi-heure, trois quarts d’heure au plus, afin que la fatigue ne vienne pas à fausser la position réglementaire; mais, en revanche, ces séances sont répétées au moins deux fois par jour, quelquefois trois. En Autriche comme en Prusse, les officiers et sous officiers de peloton sont chargés, sous leur responsabilité, de l’instruction de leurs hommes, ce qui établit une certaine émulation.
Quand les cavaliers sont arrivés à l’école d’escadron, on ne leur laisse pas oublier les premiers principes qu’ils ont reçus. Tous les jours, à moins que le temps ne s’y oppose absolument, les pelotons montent à cheval en tenue de manœuvres et sont exercés aux allures vives pendant une demi-heure, dans des carrières en plein air ou au manège, sous la direction des sous-ofliciers, chefs de reprise, cl la surveillance de leurs officiers. Après cette demi-heure, les chevaux sont promenés au pas et en main, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus chaud; on les ramène alors aux écuries. Voilà ce qui remplace nos promenades
journalières, el il faut convenir que cela vaul mieux, comme instruction, pour les hommes et les chevaux ; l'application de ces dispositions dépend, il est vrai, de l'effectif des hommes présents. En Prusse et en Autriche, on ne donne pas de congés à la cavalerie, ou, du moins, dans une proportion insensible ; de plus, le pied de paix est à peu près le même que le pied de guerre. Il se présente donc là une question de budget qu'il ne nous appartient pas de résoudre.
Vitesse des chevaux. — Enfin, pour donner aux chevaux de la vitesse, aux hommes l’habitude des allures vives, les cavaliers sont exercés fréquemment dans la campagne, sur un vaste espace disposé en forme de quadrilatère avec des coins arrondis.
Les côtés ont chacun quatre cent cinquante
pas (300 mètres), et la piste, une longueur totale de dix-huit cents pas (1,200 mètres).
Des poteaux (A B, A C) indiquent les distances exactes de deux cent cinquante et de quatre cent cinquante pas, correspondant à la vitesse réglementaire du trot et du galop.
Un peloton ou un demi-peloton y est exercé en même temps, les hommes à cinq ou six pas les uns des autres sur la piste. On fait d’abord trotter les chevaux pendant un quart d’heure, puis pendant vingt-cinq ou trente minutes, en augmentant successivement l’allure , mais sans laisser jamais dépasser la vitesse réglementaire de deux cent cinquante pas à la minute.
Quand le trot est bien réglé, les cavaliers sont exercés au galop, d’abord pendant dix ou quinze minutes, après lesquelles ils se mettent au pas. Les premières reprises ne doivent pas être de plus de mille pas. A mesure que la force des chevaux se développe, la durée du galop augmente, et elle finit par être portée ju;qu’à trois mille pas (2,000 mètres), à la vitesse uniforme de quatre cent cinquante pas.
On exerce ensuite les hommes par rangs de cinq ou six cavaliers.
. Le trot à l’anglaise y est admis ; on ne l’interdit que dans les défilés, les parades ou pour l’instruction des recrues.
La cavalerie autrichienne peut ainsi se porter rapidement sur un point, s’y déployer et entamer
ses charges, à des distances où elle n'a rien à craindre des balles de l'infanterie. La question se réduit donc pour elle à savoir si, malgré sa vitesse, elle pourra traverser sans trop de danger la zone de feu que les nouvelles armes traceront devant elle. L'expérience de la campagne de 1866 semble avoir prouvé le contraire.
Rappelons enfin que jusqu'à présent cette cavalerie a été formée par divisions et qu’elle n'a pas été répartie avec les corps d’infanterie, ou du moins dans une proportion insignifiante. L’armée autrichienne se transforme en ce moment, et nous ne savons pas encore ce qui sera arrêté pour la combinaison des différentes armes entre elles.
Règlement prussien. — Le règlement prussien offre beaucoup moins d’intérêt; il ressemble assez au nôtre et ne s’en distingue que par une grande sobriété de détails.
Ecole de régiment. — Les escadrons doivent toujours être dans l’ordre direct, et ce n’est qu’exceptionnellement qu’ils peuvent se former par inversion ; le commandement doit alors l’indiquer comme chez nous, et, le mouvement achevé, on reprend le plus tôt possible l’ordre primitif.
La colonne serrée est un des mouvements les plus employés ; on la forme par un mouvement de flanc, c’est-à-dire par des mouvements par trois, qui remplacent en Prusse ceux que nous
faisons par quatre, ainsi que nous l’avons déjà remarqué, quand il s’est agi de l’ordonnance de
Les déploiements s'exécutent au contraire par peloton. La cavalerie est pourvue d'une arme à feu, et on l’emploie souvent en tirailleurs. Ce sont les quatrièmes pelotons qui sont destinés à ce service, à moins qu'un escadron ne soit spécialement désigné.
Charges. — Dans la charge, on constitue toujours une réserve à l'avance; elle est formée par les troisièmes pelotons qui sortent du rang et se réunissent pour prendre la position indiquée; souvent on les répartit par moitié sur chaque aile. On ne comprend guère l'avantage de celle disposition qui diminue la force des escadrons et met sous les ordres d’un officier des hommes qu’il ne connaît pas, qu’il n’a pas l’habitude de commander; il semblerait bien plus rationnel de désigner un escadron comme réserve. Quant aux quatrièmes pelotons, on les conserve pour les déployer en tirailleurs après la charge ou leur faire couvrir le ralliement.
Dans les charges en colonne, le quatrième escadron se place à droite et à gauche de la dernière subdivision ; ses pelotons se portent ensuite à la hauteur du premier escadron, dès que la charge commence, et ils se déploient en tirailleurs sur les flancs de l’ennemi ; ils se rallient ensuite en arrière.
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Echelons. — Les échelons se forment habituellement sur les escadrons du centre, ceux des ailes en arrière et couvrant les flancs de l'échelon principal.
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Colonne d'escadron, — Un emploie aussi, comme en Autriche, la ligne de colonnes, qu'on désigne sous le nom de colonne d'escadrons ; on s’en sert aujourd'hui le plus habituellement, môme dans les manœuvres. Dans la campagne de 1866, c’était la formation qu’avaient adoptée presque toutes les brigades que nous avons vues agir individuellement, et cela s'explique par la nature du terrain couvert ou resserré qu’elles avaient à parcourir et sur lequel les colonnes serrées n’auraient pu se mouvoir.
Demi colonne. — La théorie indique encore comme usuel le mouvement par demi colonne, qui n'est parle fait qu’un demi-à-droite par peloton, destiné à gagner du terrain sur le -flanc ou
à prendre une position oblique, par rapport à la première.
Evolutions de brigade. — Dans la brigade, les régiments se forment sur une ligne, à douze pas d:intervalle :1e plus ancien par numéro, adroite, s'ils sont de même arme, ou le régiment léger à droite, celui de grosse cavalerie à gauche.
Les ploiements ou déploiements, les formations en bataille, ne diffèrent pas des nôtres.
Le règlement admet la colonne double comme mouvement de manœuvres.
Echelons. — Les échelons se forment par régiment ou par escadrons accouplés deux à deux :
Sur le centre.
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ou sur les ailes’.
Charge en colonne. — Dans la charge en colonne, le premier régiment prend seul cette for-
malion, le deuxième se déploie à hauteur du quatrième escadron sur les deux ailes.
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Le règlement donne enfin de longues instructions sur le ralliement et le rôle des réserves.
Dans l'organisation de l’armée prussienne, telle qu’elle a été fixée depuis la dernière guerre, la cavalerie doit être répartie en campagne, avec les troupes d’infanterie, dans les proportions suivantes : 1 régiment à chaque division d'infanterie, 1 division à chaque corps d’armée, ce qui fait un total de 6 régiments par corps d’armée, ou de 78 régiments pour la mobilisation complète de l’armée du Nord qui se compose de 43 corps; l’ensemble de l’arme ne comprend que 76 régiments, et c'est sans doute pour remédier à ce déficit que des ordonnances récentes viennent de prescrire, pour le pied de guerre, la formation de régiments de marche avec les cinquièmes escadrons ainsi que la réorganisation régimentaire de la cavalerie de la landwehr, mesure à laquelle on semblait avoir renoncé après 1866. U n’est donc plus question de réserve générale, et le principe meme en paraît abondonné ; on s'appuie à Berlin, pour motiver ce fait, sur le peu de