‹ De la cecité congénitale sans lésions ayant guéri quelques mois après la naissance [electronic resource]Chapitre 5 sur 11 · ANATOMIE DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

ANATOMIE DE LA RÉTINE

La rétine, ou membrane interne et nerveuse de l'œil, offre une structure très-compliquée.

Longtemps, on a cru, vu son extrême minceur et sa faible cohésion, qu'elle ne formait qu'une seule couche. Mais, Albinus en ayant découvert deux vers 1750, on revint sur cette première hypothèse, et Ton admit une couche externe ou nerveuse proprement dite, et une couche interne, qui, depuis, fut comme sous le nom de membrane limitante.

Successivement Jacob, 1819,Langenbeck, 1836, Han-

nover, 1840, Muller et Schultze, tout récemment, découvrirent et démontrèrent l'existence de nouvelles divisions naturelles, et, aujourd'hui, la rétine comprend dix couches parfaitement délimitées.

Voici quelles sont ces couches, en procédant de dedans en dehors :

10 Membrane limitante interne.

20 Epanouissement des fibres du nerf optique.

3° Couche des cellules ganglionnaires.

4° Couche granuleuse interne.

50 Couche granulée interne.

6° Couche granuleuse externe.

1° Couche granulée externe.

8o Membrane limitante externe.

9° Couche des cônes et des bâtonnets.

10 Couche d'épithelium pigmentaire.

Envisagée sous un autre point de me, la rétine peut encore être divisée en deux parties bien distinctes : 1° une charpente, formée de tissu conjonctif, charpente qui, de l'extrémité interne des cônes et de bâtonnets traverse les différentes couches de la rétine, qu'elle relie, pour se terminer, au moyen des fibres radiées de Millier, par la membrane limitante interne qui peut en être considérée comme l'épanouissement.

Nous laisserons de côté Tanatomiede cette charpente conjonctive, dont l'étude ne servirait en rien à notre sujet. Nous passerons également sous silence l'anatomie des diverses couches granulées, granuleuses ou celluloganglionnaire, nous bornant à insister sur la couche des cônes et des bâtonnets, ainsi que sur l'épitheliura pigmentaire qui en tapisse la face externe.

Paronteau. 4

1° Couches des cônes et des bâtonnets. — C'est après la couche pigmentaire, la plus externe de la rétine. Les éléments de deux ordres qui la composent sont dirigés verticalement et serrés les uns contre les autres. Etudions successivement chacun d'eux.

1° Les bâtonnets, éléments cylindroïdes, occupent toute l'épaisseur de la couche, et sont composés de deux portions très distinctes, connues sous le nom d'extrémités interne et externe.

L'extrémité interne, un peu plus courte et plus volumineuse que l'externe dépasse inférieu rement la membrane limitante externe, au-dessous de laquelle elle forme une pointe effilée, reliée elle-même aux granulations sous-jaccentespar un filament extrêmement grêle. Cette extrémité interne serait, au dire de Schùltze, décomposable en disques transversaux, analogues aux disques musculaires, et mesurant environ 0 m. 0003 ou 0 m. 0004 de diamètre.

Quant à l'extrémité externe, elle est obliquement tronquée à son sommet, et pénètre au milieu des cellules de la couche épithéhale sus-jacente.

2° Cônes . — Les cônes, éléments de moindre longusur que les bâtonnets, sont intercalés au milieu de ces derniers, et offrent une distribution différente, suivant que l'on considère les divers points de la surface rétinienne. Au niveau de la macula par exemple, il n'existe que des cônes. Un peu plus loin, on trouve un cône pour une ceinture de bâtonnets ; plus loin , encore un cône pour plusieurs ceintures concentriques, (Frey) d'où il résulce que les cônes sont en proportion Quitté? rique beaucoup moindre que les bâtonnets.

Pris individuellement, chaque cône offre la configuration d'une bouteille allongée dont la base traverse la membrane limitante externe, et vient s'appliquer sur la partie la plus excentrique de la couche granuleuse externe; tandis que le sommet (appelé aussi bâtonnet du cône), se termine en s'effllant, à une plus ou moins grande distance de la couche épithéliale sus-jacente.

Ajoutons enfin que, suivant S clrwalbe, les cônes et les bâtonnets seraient pourvus d'un axe central.

2° Couche épithéliale. — Cette couche qui, jusq'à ces derniers temps, avait été rattachée à la choroïde, appartient en réalité à la rétine.

D'une couleur brun foncé chez l'enfant et chez l'adulte, elle devient de plus en plus pâle, à mesure que l'on avance en âge, et finit par devenir grisâtre dans l'extrême vieillesse,

L'épaisseur de cette couche est excessivement mince : 0mm,009 en moyenne.

Suivant la plupart des auteurs modernes, elle se composerait d'un seul plan de cellules dans toute la zone postérieure de la rétine. Sur la zone choroidienne au contraire; cette couche est double ou triple, d'où résulte naturellement une plus grande épaisseur, et une coloration plus foncée.

Les cellules qui constituent le revêtement épithélial sous rétinien, sont polyédriques-hexagonales, et régulièrement juxtaposées forment une élégante mosaïque, au milieu de laquelle, suivant Frey, se remarqueraient quelques cellules plus volumineuses et A angles plus nombreux.

Toutes ces cellules épithéliales contiennent un noyan arrondi ou ovalaire, très-apparent chez le fœtus, par suite du nombre encore peu considérable de granulations, mais qui, chez l'adulte, est complètement caché par ces granulations dont la cavité cellulaire est ordinairement remplie.

Ces granulations sont arrondies, pins clairesau centre qu'à la périphérie,, et offrent de grandes variétés, tant dans leur nombre que clans leurs dimensions.

De plus, elles n'occupent pas toute la cavité do la cellule, mais sont groupées dans la moitié interne, c'est-à-dire dans celle qui est contiguë à la couche des cônes et des bâtonnets. De cette moitié de cellule partent, chez l'homme, des prolongements filamenteux et pigmentaires, qui s'infiltrent entre les cônes et les bâtonnets; ce qui est une preuve de plus à l'appui du rôle prépondérant et chimique joué clans l'acte de la vision par le pigment de la couche épithéliale sous rétinienne.

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