‹ De la cécité des couleurs dans ses rapports avec les chemins de fer et la marineChapitre 16 sur 19 · Exécution de l'examen et diagnose · texte numérisé non relu

Exécution de l'examen et diagnose

La 23rovision de laine à broder se place en un tas sur une surface i^laiie assez spacieuse et éclairée d'un jour j^lein. L'écheveau

' Frithiof Holmgren, Mém. 5, n" 24, p. 19.

contenant la couleur d'essai est pris du tas et mis de côté assez loin des autres pour ne pas être confondu avec eux pendant l'épreuve, et l'examinateur invite le sujet à chercher les autres écheveaux qui se rapprochent le plus de celui-ci pour la couleur et à les placer à côté de l'échantillon.

Il faut en premier lieu que le sujet sache bien de quoi il est question, c'est-à-dire qu'il doit chercher dans le tas les écheveaux faisant sur son sens chromatique, indépendamment du nom qu'il peut donner à la couleur, une impression semblable à celle de l'échantillon. L'examinateur doit bien dire que la ressemblance à tous les égards n'est pas nécessaire, qu'il n'y a pas deux écheveaux exactement semblables, qu'il s'agit uniquement de la ressemblance de la couleur et que par conséquent le sujet doit chercher ce qui est pareil, ce qui appartient à la même nuance, ce qui est plus clair et plus foncé de la même couleur, etc. Si on ne réussit pas à faire comprendre cela au sujet en se servant de la parole, il faut recourir à l'action. On fait soi-même réj)reuve, on cherche de sa propre main les écheveaux qu'on a en vue et l'on montre ainsi d'une manière pratique au sujet ce qu'on entend par une nuance, et l'on remet ensuite le tout dans le tas, sauf l'écheveau d'échantillon.

Comme on passerait beaucoup de temps à instruire ainsi tous les individus en particulier, il est avantageux, lors de l'examen d'une grande masse dans la même séance, de les instruire tous à la fois et d'ailleurs de les inviter à bien regarder l'épreuve des précédents pour être au courant eux-mêmes. On gagne par là du temps, sans rien perdre en sûreté; car une personne au sens chromatique vicié ne trouve pas plus facilement les vrais écheveaux dans le tas par le fait qu'il les a vu chercher et ranger ensemble un instant auparavant. Il commet tout aussi bien ses méprises caractéristiques, mais le voyant normal, en revanche, accomplit généralement sa tâche beaucoup mieux et plus vite, après avoir vu comment il faut faire. C'est là l'avantage de notre méthode.

Le tableau colorié sert à guider Fexaminateur dans le choix des couleurs de l'échantillon et dans l'appréciation des fautes du vicié. Nous avons cherché à y rendre les couleurs mentionnées dans ce chapitre. Nous les divisons en deux classes :

1° Les couleurs d' échantillons, c'est-à-dire celles que l'examinateur offre à l'examiné, et

2° les couleurs de confusion, c'est-à-dire celles que le vicié tire du tas, parce qu'il les confond avec celle du spécimen.

Sur notre tableau, les unes sont représentées horizontalement et marquées de chiffres romains (I, lia et II b); les autres se trouvent verticalement sous les couleurs d'échantillon et marquées de chiffres arabes (1 — 13).

Nous avons déjà dit pourquoi on ne peut pas construire de tableaux de cette espèce avec un petit choix de couleurs propres à tous les viciés. De plus, il est très-difficile sinon impossible de rendre parfaitement par la chromolithographie les couleurs souvent brillantes qu'on trouve dans la laine à broder. Si donc les couleurs d'échantillon de notre tableau répondent à notre but, cela ne peut être au même degré le cas des couleurs de confusion, par suite de la difficulté dont nous venons de parler et parce que là tous les viciés ne choisissent pas la même nuance d'une même couleur de confusion.

Mais le tableau n'est pas destiné à servir immédiatement à l'examen, bien qu'on puisse s'en servir à cette fin (cf. p. 115). Il n'a pour but que de guider l'examinateur dans le choix des couleurs d'échantillon convenables ou dans l'appréciation du vice du sujet.

A l'égard de la conformité entre les couleurs des écheveaux choisis par le vicié et les couleurs de confusion de notre tableau, il faut simplement s'attacher au ton de la couleur et généralement pas à l'intensité de lumière ou au degré de saturation; et dans tous les cas oii l'on juge nécessaire de s'écarter de cette règle, il ne faut pas s'attacher à l'intensité absolue, mais bien à l'intensité relative. Les couleiirs de confusion de notre tableau ne doivent indiquer que le sens dans lequel on commet des fautes, et elles remp»lissent certainement ce but.

Ces observations faites, on exécute l'épreuve et établit la diagnose suivant les règles et l'ordre que voici :

Épreuve I. L'échantillon vert est remis au sujet. Cet échantillon doit être la nuance la plus blanchâtre (la plus claire) d'un vert assez pur qui n'est ni vert jaune ni vert bleu pour l'œil normal, mais se trouve entre les deux ou tout au moins ne tire pas au vert jaune. La couleur d'échantillon correspond à I du tableau, bien que la couleur correspondante de la laine soit plus claire et nonobstant plus vive.

Rrfjle. Il faut examiner jusqu'à ce que le sujet ait placé près de l'échantillon tous les autres écheveaux de la même nuance ou encore, avec ceux-ci ou isolément, un ou plusieurs écheveaux de la classe correspondant aux couleurs de confusion 1 à 5, ou bien jus-

qu'à ce qu'il ait suffisamment montré par sa manière de faire qu'il Ijeut facilement et sûrement distinguer les couleurs de confusion ou qu'il ait fait preuve d'une difficulté incontestable pour accomj)lir cette tâche.

Diagnose. Celui qui place à côté de l'échantillon une des couleurs de confusion 1 à 5, c'est-à-dire la trouve semblable à I, est vicié. Celui qui, sans commettre entièrement cette confusion, y montre une disposition manifeste, a un sens chromatique faible.

Remarque. Nous rappellerons que nous aurions pu admettre plus de 5 couleurs de confusion. Mais nous avons ici en vue, non toutes les espèces de sens viciés, mais uniquement celles qui sont essentielles pour l'exploitation des chemins de fer; le nombre des couleurs admises est donc suffisant, ^misque celles-ci sont les plus importantes et les plus ordinaires. A propos du numéro 1 surtout, qui doit représenter le gris, nous rappellerons qu'il ne faut pas s'attacher trop à l'intensité de la lumière ni aux petites nuances des coideurs. Cela s'applique particulièrement aux écheveaux gris que le sujet confond avec l'échantillon. L'épreuve est suffisante, si elle n'a i^our but que de décider si une personne est viciée ou non, mais si l'on veut encore déterminer Vespi-ce et le degré de son seos chromatique vicié, il faut procéder encore à une épreuve.

Épreuve il. L'écheveau jjourine est remis au sujet. La couleur doit se trouver entre les nuances les plus foncées et les plus claires de l'échelle. Elle doit correspondre à peu près à lia du tableau, quoique la couleur de la laine à broder soit beaucoup plus éclatante et saturée et tire un j)eu plus au bleu.

Ilrgle. L'épreuve doit se poursuivre jusqu'à ce que l'examiné ait placé à côté du spécimen ou tous ou la plupart des écheveaux apjDartenant à la même nuance, ou bien en même temps ou isolément un ou plusieurs écheveaux de confusion 6 à 9. Celui qui se méprend choisit ou les numéros 6 et 7, c'est-à-dire les nuances claires et foncées du bleu et du violet, par préférence les foncées; ou bien les numéros 8 et 9, c'est-à-dire les nuances claires et foncées d'une esiDèce de vert et de gris, tirant au bleu.

Diagnose. 1. Le vicié d'après l'épreuve I qui ne prend à l'épreuve II que des écheveaux pourpres est incomjÀétement vicié.

2. Celui qui, dans l'épreuve II, prend, seul ou avec du pourpre (lia), du bleu et du violet (6 et 7), ou l'un des deux, est complètement aveugle jjour le rouge.

Page 1