IL — RÉUNION DE LA BANQUE DE FRANGE AU DOUAINE PUBLIC
Art. 4 «'. La circulation des valeurs est une fonction essentieUemeat sociale.
L'anarchie dans cette fonction est la seule cause des crises financières, commerciales et industrielles.
En conséquence :
Art. ^. — La Banque de France est déclarée institution d'utilité publique.
Elle est réunie au domaine de la nation , et fonctionne k son compte. Elle prend le titre de Banque nationale de France,
Art. 3. — Une commission, nommée par l'Assemblée nationale et prise dans son sein, procédera immédiatement k la liquidation de \a Banque de France.
Les actions seront remboursées d'après le coars moyen des douze derniers mois, en rentes sur l'État.
Art. 4. — L'administration de la Banque de France, reformée par r Assemblée nationale, est placée sous la surveillance de chacun des Représentants du peuple et de la Chambre de commerce de Paris.
Dans les départements, les chambres de commerce et les conseils municipaux ont de droit la surveillance des opérations des comptoirs. Art. 5. — La Banque est indépendante du gouvernement central, et placée hors de son action.
Aucun ministre ou fonctionnaire publie ne peut faire partie ni du conseil d'administration de la Banque nationale , ni du conseil de surveillance.
Art. 6. — Les opérations de la Banque nationale embrassent le crédit agricole et industriel, aussi bien que l'escompte et la circulation.
Art. 7. — Le taux de l'intérêt, pour les crédits et escomptes, sera fixé provisoirement à la Banque nationale , à partir du recouvrement de l'emprunt, à 3 pour cent , sur les sommes versées en billets, et 3 et demi pour cent sur celles versées en numéraire.
Art. 8.— Le nombre d'annuités par lesquelles il sera facultatif aux emprunteurs snr hypothèque de se libérer, non compris la première année, pour laquelle l'intérêt seul sera perçu et retenu d'avance, ne pourra exoéder vingt.
Art. 9. — Une loi spéciale , ainsi que les nouveaux statuts de la Banque nationale , détermineront les règles et conditions du crédit foncier.
Art. 40. — Les bénéfices réalisés par la Banque nationale seront ajoutés à son capital, jusqu'à ce que ce capital, en monnaie et lingots, ait atteint le chiffre d'au moins 1 ,500 millions, et suffise a toute la circulation du pays.
Ce capital réalisé, le produit de la Banque pourra être appliqué aux dépenses publiques, ou le taux de Vintérêt être réduit aux frais d'administration.
Iir SÉRIE
lllanlfei»te du PECPLE '•
Patriotes,
Nous sommes les élus de vos suffrages ;
Nous Yeno;is à vous coiume des suppliants, la j^rauche d'olivier à la main, Ja cousternatîou daas le cœur.
Qu'avoos-uous fait de cette révolution ^ue vous ^viez confiée à notre garde, si pleine d'espérance et si pure, aux élections d'avril et de juin?
La presse muselée, l'ouvrier démoralisé, le Peuple des barricades calomnié, l'Assemblée nationale décimée, les répujblicains delà veille traduits devant les conseils de guerre, condamnés, déportés, proscrits, suspects ; le règne du sabre substitué au règne de la loi ; une parole sardonique et froide rempIaçaAt chez l'homme du pouvoir une parole pompeuse et vide ; un état de siège qui se prolonge, qui ne finira que par la volonté du Peuple, et le Peuplie est dans les fers !
' Le jouroal le Peuple, auquel ce Manifeste servait de spécûBea» a pu^é son premier numéro le SI septembre. Ce Manifeste devait être •igné de plusieurs représentants du peuple qui reculèrent devant les circonstances. (iV. de VÉd.)
une constitution monarchique dont toute la pensée se résume en ces mots, refus de travail à l'ouvrier ! la misère^ le désespoir, le sang des pères, les larmes des mères, les cris des orphelins ; à côté, le capital réactionnaire et conspirateur qui rit et triomphe... tous répondent!
Ah ! sans doute nous ne formons dans l'Assemblée nationale qu'une minorité imperceptible ; nous n'ayons rien pu empêcher, nous ne pouvons rien, et, devant la conspiration des égoïsmes, toutes nos protestations resteront impuissantes. Mais une grande responsabilité n'en pèse pas moins sur nos létes ; et nous croirions avoir démérité de la République et de voti e estime, patriotes, si dans ces circonstances décisives, où l'union seule et la discipline font notre force, nous ne pensions pas à nous rapprocher de vous.
Le succès de la contre-révolution nous a rejetés sur la défensive : c'est la défense qu'il s'agit en ce moment d'organiser, en attendant que nous puissions organiser la victoire. Et c'est comme gage de bataille que nous venons demander à votre patriotisme un dernier effort, l'acte de vertu suprême du chrétien et du citoyen, la Patience !
La patience est le tout de l'homme : patience au travail et patience à l'étude, patience à la guerre, patience dans la persécution. C'est la patience qui lait les héros et les génies, qui donne la victoire au droit sur la force, à la pauvreté sur la fortune. C'est la patience qui fait les peuples libres, les grands peuples. Les complots, les provocations à la révolte vous environnent : que le Peuple soit, comme Dieu, patient parce qu'il est tout puissant et immortel, patiens quia œtemus, dit l'Ecriture.
Donnez-nous donc, ô travailleurs, nos frères, donnez-nous pour quelque temps encore la patience ; écoutez nos paroles de paix et de sacrifice, et nous vous promettons en échange justice pour vous, honte et condamnation pour vos ennemis.
Nous venons, contre un gouvernement qui méconnaît son origine et sa fin, mais que nous ne désespérons pas de
ramener encore, reprendre l'œuvre commencée, il y a dixhuit ans, par Godefroy Cavaignac, contre le gouvernement à jamais infâme de Louis-Philippe.
En fondant \e Peuple, organe de la pensée ouvrière, nous venons constituer Tunité des travailleurs en présence de l'anarchie des privilèges, poser l'idée révolutionnaire, ridée progressive, en face des projets réactionnaires, des idées rétrogrades. La Révolution de février, qui devait satisfaire à tous les vœux du Peuple trompé en juillet, la Révolution de février n'est déjà plus, comme celle de 4830, comme celle de 89 et 92, qu'une étape dans la route de notre émancipation ; ce sera la dernière.
Nous ne sommes d'aucune secte, d'aucune école : nous ne jurons par l'autorité de personne. Nous sommes du Peuple. Au Peuple seul, disait Platon, il appartient de créer des mots et des formules : toute expression, toute conception individuelle est une prison pour la pensée du Peuple. Le Peuple a nommé la République démocratique et sociale : Nous sommes de la République démocratique et sociale. Nous avons , comme le Peuple , pour principe la liberté , pour moyen l'égalité, pour but la fraternité.
La liberté, c'est-à-dire l'âme , la vie , le mouvement, la spontanéité , progressive dans son développement , infinie, absolue dans son essence et son idéal ; L'égalité , progressive et absolue ; La fraternité, progressive et absolue.
Toute notre science consisté à épier les manifestations du Peuple, à solliciter sa parole, à interpréter ses actes. Interroger le Peuple, c'est pour nous toute la philosophie, toute la politique.
Nous voulons la famille , et nous la voulons pour tout le monde. Qui donc, parmi nous, hommes du Peuple, a jamais attaqué la famille? Qui ne sait que l'homme de labeur est aussi, et par excellence, l'homme d'amour?... Nos yeux ont cherché les ennemis de la famille, et nous avons trouvé que
ceis ennemis de la famille étaient précisément les nôtres. Vous, dont l'ambition est de gagner de quoi nourrir une femme et la rendre heureuse, voulez-vous savoir quels sont les ennemis de la famille? Portez le flambeau chez votre voisin le capitaliste, le rentier, l'homme de boursej le gros salarié, le parasite, l'intrigant, l'oisif; pénétrez dans sa vie intime ; interrogez sa femme, sa bonne^ son petit garçon, et vous saurez quel est celui qui, par son égoïsme avare, par ses amours désordonnées, corrompt les mœurs publiques et dissout la famille. C'est la misère qui fait l'ouvrier libertin et fornicateur ; chez lui il y a horreur naiurelle du vice et entraînement à la vertu. C'est le luxe qui rend le riche incestueux et adultère : la satiété et la paresse sont en lui des agents indomptables de désordre.
Nous voulons le mariage monogame , inviolable et sans tache^ contracté en toute liberté d'amour, dégagé de motifs sordides, résoluble seulement par la mort ou )a trahison. Ou donc trouverez-yous cet idéal de mariage, si ce n'est parmi vous, ouvriers et ouvrières? Les riches, non plusq[uele rois, ne connaissent l'amour en mariage.
Nous voulons le travail , comme droit et comme devoifi et sous la garantie de la Constitution , pour tout le monde. Le droit à l'assistance, dont on nous entretient avec une philanthropie hypocrite, n'est que le corollaire, la sanction da droit au travail, c'est l'indemnité du chômage.
N'est-il pas étrange que nous en soyon^ réduits à de pareilles professions de foi?
Le Sauvage fait la guerre au Sauvage afin de ne pas travailler. Le plus grand mal qu'il souhaite à son enneooi est de cultiver un champ. Et nous, parce que nous demandons à travailler, on nous traite de Sauvages!*..
Le Grec et le Romain, grands travailleurs au commencement, mais engoués de politique, mirent les nations i}aos la servitude afin dd se décharger sur elles du travail, et de var quer sans distraction à leurs execpjces parlementaires. Ia
politique, dit Virgile, fol le métier des enfants de la Iout^ : Tu regere imperio populos , Romane , mtmento ; hœ tibi erunt artes, C'étaU un principe , parmi les publicistes de Tantiquité ^ que rhomme de travail ne pouvait ^tre un homme politique : aussi, loin de refuser le travail au prolétaire , ils le lui imposaient de force. — Aujourd'hui , nos politiques ne veulent ni travailler ni nous donner le travail. Ils voudraient tout pour eux, le travail et le gouvernement.
Au moyen âge , le système , le point de vue , les idées , tout se modifie. La ca^te féodale , non plus qu'autrefois la caste praticienne , ne prend part active au travail : elle le laisse au vilain. Mais, au lieu de contraindre, elle se fait payer. Par lettres-patentes (voilà l'origine de ce que nous Sippelons patentes), et moyennant redevance, à tous ceux qui voudront travailler le seigneur donne crédit de la terre , crédit du commerce, de l'industrie et des arts, crédit, en un mot, du travail : absolument comme le Juif et le Lombard donnaient crédit de leur argent. Le peuple travailleur, après un long esclavage , avait tellement pris goût à la besogne, que la caste oisive en était venue à penser qu'au lieu d'exiger de lui le travail, elle pouvait le lui vendre ! C'est le principe de tout le droit féodal.
De nos jours, sous ce régime de bancocratie, ne travaille pas qui veut, même en payant. L'ouvrier a beau laisser à son exploiteur 10, 20 et 50 pour cent de son salaire légitime : il n'obtient pas de travaiL Le travail, autrefois privilège de l'esclave, est devenu le privilège du propriétaire. On se battait jadis pour ne pas travailler, c'était la guerre sociale ; on se bat aujourd'hui pour travailler, c'est la guerre sociale. La civilisation est allée d'un pôle à l'autre : on se tuait d'abord parce q^u'il n'y avait pas de loisir pour tout le monde , et cela pouvait se comprendre ; on se tue maintenant parce qu'il n'y a pas de travail pour tout le monde, et cela ne se comprend plus.
Nos capitalistes législateurs refusent de reconnaître le
droit au travail : Peuple, encore une fois, nous te demandons la patience!...
Pour nous conformer au langage vulgaire, et afin d'éviter toute calomnie, toute équivoque, nous dirons que nous voulons la propriété, la propriété, c'est-à-dire la libre disposition pour chacun des fruits de son travail, de son industrie et de son intelligence.
Mais nous voulons la propriété , comme le travail , pour tout le monde, parce que, dans la société, la faculté de produire est comme la faculté d'acquérir, infinie.
Nous voulons la propriété, moins l'usure, parce que l'usure est l'obstacle au développement de la production, à l'accroissement et à l'universalisation de la propriété.
On a dit que la propriété ainsi entendue, ainsi dépouillée de ce qui en fait le privilège et l'abus , n'était plus la propriété. — Hommes de pratique encore plus que de théorie, nous laissons cette discussion aux savants ; il nous sufBt, en maintenant la possession individuelle, de l'affranchir de toute inégalité et monopole.
Nous voulons, pendant cette époque de transition, que la révolution de Février a inaugurée, le respect de la propriété acquise, sauf la réduction progressive du privilège. Quel est donc, parmi nous, celui qui prêche la confiscation et le vol? Les doctrines les plus hardies sur la propriété ont circulé parmi le Peuple : combien ont-elles fait de pillards?. .. Nous avons cherché les voleurs , et nous les avons trouvés , avec les impudiques et les adultères, à la cour de l'ex-roi, dans la pairie, à la chambre des députés, aux ministères, partout, excepté parmi les travailleurs. Nul n'est plus ennemi du vol que celui qui travaille. C'est contre le vol privilégié qu'a été faite la révolution de Février : avis aux instigateurs et fauteurs de contre-révolution.
Nous voulons le maintien du principe d'hérédité, c'està-dire la transmission naturelle du père au fils des instruments et des produits du travail , non la transmission du
monopole, du droit du seigneur. En quoi le principe d'hérédité, qui relie les générations et fait la force de la famille, sera-t-il contraire à l'égalité et à la fraternité, lorsqu'il ne servira plus à transmettre et accumuler des privilèges ?
Famille, travail, propriété sans usure et sans abus, en d'autres termes, gratuité du crédit, identification du travailleur et du capitaliste ; hérédité des droits , non des privilèges ; tels sont les éléments de notre droit public, de notre science sociale.
Or, la base économique de la société ainsi modifiée , tout revire, tout change dans la société. Les causes de misère deviennent cause de richesse ; les agents d'inégalité et d'antagonisme , agents d'harmonie et de fraternité. Sous ce nouvel horizon, les idées, la philosophie s'élargissent et se réforment ; la science et l'art prennent une autre signification, un autre style ; la religion est expliquée.
La France a montré , dans ces derniers temps , combien elle était religieuse , religieuse dans le cœur et dans la raison. La religion, dans notre incomparable pays , est le ferment secret de tout ce qui a vie, autorité et durée. Les questions économiques, si vastes qu'elles se posent, ne suffisent pas à notre intelligence contemplative et pleine de tendresse ; les grands problèmes de la philosophie nous laissent indifférents et tristes; l'idée pure ne peut nous ravir. Il faut à notre âme quelque chose de plus que le nombre et la mesure, quelque chose au-delà même de Tidèe.
Où sontj parmi nous, les matérialistes elles athées? Nous avons regardé autour de nous, et nous ne les avons découverts que parmi ceux qui nous calomnient et nous persécutent. Voyez-vous cet être froid et laid, subtil et souple comme le serpent, railleur, chiffreur, sans pudeur, qui d'une voix argentine conclut toujours aux mesures impitoyables ; qui ne veut pas du droit au travail ; qui vous parle de la Providence, et qui adore la fatalité ; qui ne voit dans la religion qu'un instrument de politique, dans la loi qu'une
convention^ dans la Révolution qu'un fait! Cet iKwme-là^ c'est un matérialiste^ c'est un impie.
Oui, nous voulons la religion : mais que personne ne s'y trompe. La religion, pour nous, n'est pas la symbolique : c'est le contenu, le mot de la symbolique. Pour découvrir la vraie religion, il faut recommencer notre exégèse, montrer philosophiquement, à l'aide des nouvelles données sociales, le surnaturalisme dans la nature, le ciel dans la société. Dieu dans l'homme. C'est quand la civilisation nous apparaîtra comme une perpétuelle apocalypse, et Thistoire comme un miracle sans fin ; quand, par la réforme de la société, le christianisme aura été élevé à sa deuxième puissance, que nous connaîtrons la religion. Alors aussi nos calomniateurs, arrachés à leurs mythes, sauront quel est notre Dieu, quelle est notre foi...
Nous voulons comme forme de gouvernement et de société la République. Nous sommes les irréconciliables ennemis de la royauté, de tout ce qui y touche, de tout ce qui y ressemble. La royauté est une vieille fiction dont le sens est depuis longtemps connu, dont la restauration serait un outrage à la raison publique, à la dignité nationale. La royauté est le contraire de tout ce que nous voulons et que nous attendons de la République.
La République est l'égalité coordonnée des fonctions et des personnes : la royauté n'en est que la hiérarchie et la subalternisation.
La I^épublique exclut la distinction des castes : la royauté ne peut se passer de castes. A la féodalité nobiliaire, elle a substitué la féodalité mercantile : pourquoi aurions-noui chassé Louis-Philippe, le type, l'élu de la caste bourgeoise, si nous devions conserver une bourgeoisie^ si nous voulions cultiver cette semence de laquelle a surgi la jpire espèce de royauté, la royauté constitutionnelle?
La République est l'organisation du suffrage universel : avec la rojauté, ce suffrage n'est qu'une loterie« — Nous
dirons plus tard ce que nous entendons par ces mots : Orgnnisation du suffrage universel.
La République suppose, avec la division des fonctions^ l'indivisibilité du pouvoir. — Nous prouverons que le support le plus ferme du despotisme^ la pierre angulaire des monarchies^ se trouve justement dans cette distinction des pouvoirs en législatif, exécutif et judiciaire; distinction où la liberté, l'égalité, la responsabilité, le suffrage universel, la souveraineté populaire, les principes de justice et d'ordre, périssent tous.
La République est la centralisation du crédit, du commerce, de rindustrie, de Tagriculture, aussi bien que de la police et de renseignement : la royauté n'en est que l'anarchie ou le vasselage.
La République est un régime de responsabilité et de droit : la royauté ne subsiste que par la faveur et la corruption.
L$L République est, comme la religion, essentiellement expansive et universelle, embrassant le monde et rélernité. — La royauté, toujours personnelle, locale, stationnaire, virant chez soi ejt pour soi, la royauté est l'ennemie du genre humain et du progrès.
La République dirait à TAutrichien : a Je veux que tu sortes de l'Italie ! ï> Et l'Autrichien en sortirait. Elle dirait au Scythe : a Je veux que tu laisses ma Pologne chérie ! x> Et le Scythe reprendrait la route du désert. — La royauté dit aux tyrans : a Frères, combien me donnerez-vous, et je vous livre l'Italie et la Pologne?... »
Aux tendances bourgeoises du gouvernement et de TAssemblée nationale; aux restrictions apportées à l'exercice du droit de suffrage ; aux entraves jetées sur la liberté d'association et la liberté de la presse ; au projet de constitution monarchique soumis aux délibérations des représentants du Peuple ; à la guerre faite aux idées sociales ; aux pactes conclus avec les usuriers ; à l'abandon des nationalités polonaise
et italieone ; aux transactions entamées avec les gouvernements aristocratiques de l'Europe, il est facile déjuger que notre pays est en pleine voie de restauration royaliste. A peine l'hercule populaire a tranché une tête de dynastie que de ce tronc exécré il en surgit de nouvelles, repullulat hydral Là est en ce moment le péril, là doit se porter l'effort de notre résistance.
Républicains, comptez sur nous!... Mais si vous voulez que notre dévouement soit utile, qu'il nous soit permis à notre tour de compter sur votre appui. Et cet appui, quel est-il? nous vous le répétons en finissant, cet appui, ce qui fait votre force et la nôtre, c'est la patience.
Gardez- vous de céder aux perfides instigations de ceux qui vous poussent à la révolte et à la guerre civile : la guerre civile est le seul moyen de succès qu'ait en ce moment la royauté. Les choses, par la combinaison providentielle des événements, sont arrivées à ce point, que si le Peuple reste quelque temps immobile, la royauté, avec son inf ernaUcrtége, est perdue à jamais.
Patience donc, citoyens ; aucune vérité sur les hommes et sur les choses ne vous sera par nous dissimulée, aucune résolution timide suggérée. Mais, encore une fois, patience! c'est tout l'avenir du Peuple, et le salut de la République.
JLsk Présideiiée*
Novembre.
Muse du pamphlet, du pamphlet révolutionnaire, coiffe ton bonnet phrygien, brandis ta pique, et chantons la Jlfarseillaisel A moi Desmoulins» à moi Rouget de Tlsle, à moi Chénier, Paul-Louis, Déranger, Cormenin ! prêtez-moi vos traits et vos flammes. Vieux Lamennais, n*as-tu point encore quelques Paroles pour les Croyants? Viens aussi, jeune poète qui mis en. rimes sanglantes la misère du travailleur. La contré-ré vol «Ation s'approche, assise sur un sac d'écus, pleine du vin de la colère des rois. Faubouriens, aux armes! Montagnards, ceignez vos écharpes !... Et toi, Lagrange, mon ami, qui juras de mourir pour la souveraineté du Peuple, prends tes capsules et ton fusil ! Que le tocsin sonne! que les lampions, les lampions s'allument comme dans les nuits de février ! que le Chœur des Girondins, que le Chant du Départ retentissent, que la voix du cornet à piston remplisse mon cœur d'un saint enthousiasme ! J'entends les cris des monarchiens, des valets du capital, des exploiteurs du prolétariat : Fêtons, célébrons, esclaves, la venue de notre maître ! Noël, noël, nous allons nommer le Président! Noël, noël, VIVE LE ROI !....
Mais non, amis, pas d'émotion ! C'est le carnaval dynastique. Restons chez nous, rougis et bleus ! et puisque Dieu Ta voulu, et que les hommes le permettent, regardons par la fenêtre, les bras croisés, cette descente de la Courtille I