‹ De la certitude:Chapitre 18 sur 20 · DB LA CB1ITITI7DB · texte numérisé non relu

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et de plus vide qu'une pareille abstraction. A. force d'élever Dieu au-dessus de la créature, on le rend inutile et étranger à la création. Mais du moins le but qu'on se propose est-il atteint? Pense-t-on par ce moyen rendre impossible toute confusion entre Dieu et le monde ? Nous ne craignons pas de le dire, c'est le résultat diamétralement opposé qu'on obtient. En effet, ce qui donne à l'être infini une eiistence distincte de celle du fini, et en même temps une existence réelle et positive, ce sont lesiattribuls intellectuels et moraux dont la conscience seule peut nous donner une idée : c'est la pensée, et par conséquent la conscience, la raison, la liberté, etc. C'est grâce à tous les attributs de cette espèce qu'il nous apparaît comme créateur, comme Providence, comme un objet de respect et de crainte, d'adoration et d'amour. Essayez de l'en dépouiller sous prétexte qu'ils ne sont pas dignes de lui ; ne lui laissez que les qualités absiraites et pour ainsi dire mathématiques que Von consent à lui accorder, l'unité, la simplicité, l'immensité ; il n*est plus alors que la substance inerte des choses, l'élément inconnu et inépuisable dont elles sont formées, le principe aveugle et fatal qui se transforme indifféremment en matière et en esprit, nétant pas plus Tun que l'autre dans son essence in-

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oommunicable , ou plutôt étant Tua et l'autre à la fois, quoique inaccessibles aux sens et à la conscience, comme la substance de Spinosa. L'auteur da mémoire, comme on le suppose facilement par Tensemble de ses idées, repousse avec horreur cette conséquence. U ne veut pas dire que Dieu soit privé des attributs sur lesquels se fondent nos espérances et nos conyictions religieuses ; mais ils diffèrent complètement, selon lui, de ceux qui portent les mêmes noms dans la nature humaine. Cette distinction ne remédie à rien, ou, pour parler plus franchement, elle n'a aucun sens. S'il n'y a rien de commun entre la raison humaine et la raison divine^ entre la liberté humaine et la liberté divine, entre la justice qui fait la règle de nos actions et celle que j'attribue à l'auteur des choses, il n'y a plus rien de stable et de certain, il n'y a plus rien en quoi je puisse espérer, en quoi je puisse croire, et j'aurai dépouillé l'homme, sans profit pour la grandeur de Dieu, n y a un égal danger à rendre la nature divine inaccessible à la raison et à la confondre entièrement avec elle. L'école d'Alexandrie est tombée dans la première de ces deux erreurs, et l'école allemande dans la seconde ; mais l'une et l'autre, malgré la différence de leurs principes, sont arri*

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vées, ptr des méthodes presqoasemblables, à des résultats identiques, à la confusion de tous les êtres au sein d'une substance inintdligenle et iniih telligible. plus Yoisine du néant que de Tinfiiii, et à la nation de la liberté humaine.

Nous nous arrêterons peu aux damières parties de la conclusion. L'une, relatife à l'homme, eil un véritable traité de morale accompagné d'une démonstration de la liberté et de l'immcMrtalité de l'àme. On y trouve des conTÎctions sages, élevées et défendues avec chaleur, mais rien qui attiie particulièrement l'attention. Nous ferons seulen^ntremarquer que ce morceau ne se lie pas d'une manière bien visible aux théories précédemment exposées. L'autre, relative à la nature et à la oéition, n'est, sous la forme d'une paraphrase de la Genèse, que le développement des idées que nous avons combattues tout à l'heure. Nous n'avons aucune idée ni de l'acte de la création ni de la iaculté créatrice, quoique nous soyons obligés de confesser que le monde a été créé, c'est-à-dire que Dieu lui a communiqué l'être par lui seul, sans le concours d'une matière étemelle. L'idée de la création, conmie toutes celles qui nous servent ï déterminer la nature divine, est donc une idée purement négative. £Ue écarte ce qui pourrait

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porter atteinte à la rapréme unité, elle détruit le dualisme û unanimement adopté, selon Tauteur, par tous les philoso|rfies païens; mais elle ne nous apprend absolumait rien sur le véritable rapport de TuniTers et de son principe. Même en tenant compte de la distance qui sépare le fini de Tinfini, il n est pas permis de dire que Dieu produit le monde comme notre Tolonté libre les résolutions qui en émanant, ou notre intelligence sa propre pensée; il n'y a aucune analc^^ aucun terme de aHnparaîaon entre les Cûts de la conscience et ee qui se passe dans les régions de l'absolu* Le mot créateiBr n est donc pas srnonjme de €mi$ef puis-* que cette idée est tool a fait incompréhensible k notre esprit sans respérieoce de notre propre acti^ Tité. Cest une antre tfreur de croira que Dieu ne fidt rien sans le concours de la pensée ou de Tinr tdligenœ. Cette ùmile^ ifjnk à mallrififée pins haut, est idVokfA àts^âeiaien^AiUèK»:^. Bien loin qu'elle paine être mairie comme k f^tvm pe des dioses oo on de s» «ttril^ds k» pkH uéteh^ifm, elle n'est qu'on 4^ eff^^ Vrs» {km UauïAé^ de la puissance tnatn^: efie ne %ê^:tA ^ wé tt$u^^ fJhêê âeré dans Tcrir^ iTi^Mftl 4^ é^t^àM^:^ ^^ la terre sur laqu^ t^jm imi#'^/m. ku ^âtn^ ^m la doctroe de t a«te»«r^ i «mi^^^ i/^M fM 4êà UM

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ce que nous croyons ; il ne renferme pas seulement des objets spirituels et des objets sensibles, des esprits et des corps ; mais les esprits et les corpsi pour me servir d'une de ses expressions, ne sont que deux points imperceptibles sur la carte de h création. En outre, des existences que nous connaissons, ou dont nous avons coutume de peupler le temps et l'espace, il y a celles dont nous n'avons aucune idée, qui ne s'adressent ni à nos sens, ni à notre intelligence, ni à aucune de nos facultés, qui ne sont ni esprit ni matière, ni aucune combinaison de ces deux éléments. Car pourquoi de tels êtres ne seraient-ils pas possibles? Qu'est-ce qui nous autorise à croire le contraire? Or au point de vue de l'absolu, il n'y a aucune difiérence entre la possibilité et la réalité. Tout ce qui est possible, l'être infini lui doit l'existence, sous peine d'encourir le reproche de stérilité ou de faillir à sa nature, qui est de produire sans mesure et sans fin et de communiquer l'être à tout ce qui peut le recevoir. Il est difficile d'abandonner la raison d'une manière plus complète. Pour être conséquent avec lui-même , l'auteur aurait dû nous dire quelle est la faculté avec laquelle il a sondé l'abime de l'in* fini, et découvert ces existences si incompréhensibles pour nous. On concevrait qu'il parlât ainsi

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