INTRODUCTION. XXI
reux du mot, c'est-à-dire quand on a mis à part cette métaphysique universelle où Ton reconnaît sans peine, sous une forme de plus en plus réfléchie, la raison du genre humain, il n y en a véritablement que quatre. L'un est le dualisme, qui met à peu près sur la même ligne l'esprit et la matière, qui les regarde tous deux comme des principes éternels, nécessaires, infinis, et les fait concourir ensemble à la formation de Vunivers. L'autre est le matérialisme, où Ton ne reconnaît pas d'autre existence que celle de la matière et des corps ; où tout est expliqué par le développement spontané ou le mouvement fortuit de la nature physique. Le troisième, soutenant précisément la thèse opposée, ne voit partout qu'esprit et intelligence , ne veut rien admettre qu'un monde spirituel, invisible et supérieur à l'intelligence elle-même. Ce système, selon les limites dans lesquelles il s'arrête, selon qu'il s'en tient à la raison ou aspire à s'élever audessus d'elle, prend le nom d'idéalisme ou de mysticisme. Enfin, le dernier et le plus grand de tous, c'est le panthéisme, selon lequel l'esprit et la matière, la pensée et l'étendue, les phénomènes de l'âme et ceux du corps, se rapportent également, soit comme des attributs , soit comme des modes différents , à un seul et même être , à la fois un et
multiple, fim et iAfim , humaiûlé^ natiyre et Dieu. Qa ne peut génère eompter le dualisme» qui ftdÂsptfu depuis des siècles de la seène du monde et ^i n'a jamais eiila durée ni l'importance cpi'onikd attribue. La matière première des anciens ne représente en aucune manière un être réel, un principe positif i^i partage avec Dieu le privilège de rétemité ; elle n*esL que la limite inévitable des choses et lensembledes^ conditions qui en déterminent la possibilité ; car rélre tout- puissant lui-même ne peut faire que ce quîi est possible. Le matérialisme n'inspire plus que le mépris et le dégoût ; de son propre mouvement îL s'est retiré de la métaphysique pour se renfermer dans les amphithéâtres de médecine, et ceux-là même qui le conservent encore dans la théorie de Vhomme, n'osent plus le reconnaître comme une explication sufûsante de l'existence en général. Un. des derniers apôtres du matérialisme en France et^ sans contredit , le plus illustre , Broussais , dans l'ouvrage même où il attaque avec le plus de vio^ lence le spiritualisme contemporain (1), a écrit cesmots : « L'athéisme ne saurait entrer dans une tête bien fiaiite et qui a sérieusement médité sur la nature. ti> Un fait encore plus curieux, c'est qu'il j
(1) DaM'Mii.(roiir« éUphréiwlogi$.
» dw hMunei anfoHidlim qm, en adartiairt toutes
Im» oonséqueMe» et tous la âémmts essentiels de
l/«théîsme» en eonfondant rame tTec le eorps, em
supfMâmant Tidée du deroîr» en ne laissHit an sen*
liment et à la raison aucufl pnTilége sur les sens,
irepoussent aiec indignation le titre de maténih
listes. On a cherché récemment un refipge dans le
mystici^ne ; on s est flatté d'y troorer un moyen
de conciliation entre le christianisme et la philo^
Sophie et le dernier mot de tous deux ; mais cett»
tentatiTe, également repoussée des deux c6tés et
ne rendant absolument ii rien, ni aux besoins de
la science, ni à ceux de la foi, n'a abouti qu'à une
restauration malheureuse des plus extrayagantes
chimères de la gnose. Si le mysticisme a quelques
diances de renaître, ce n'est pas sous cette forme
et ayec de pareilles prétenticms ; ce n'est pas avec
le caractère d'un système complet de philosophie
ou de Ûkéolo^e; mais comme une réaction dans
qudques âmes solitaires du sentiment religieux
contre l'ascendant exclusif des intérêts matériels»
ou contre le retour de la déyotion mécanique et
des passi(ms intolérantes d'un autre âge. Le pan*
théisme seid, tel qu'il a été conçu et dé?el<^^ en
Aflemaçcie par deux hommes d^un rare génie, a
pu séifaiire quel^K temps des esprits sérieux et
xxnr iirrmoDrcTioir.
n'est pas incapable de les ébranler encore; mais qu'on me dise qnel nouveau développement il est susceptible de recevoir. Depuis les plus humbles phénomènes de la matière jusqu'à l'être infini, ainsi qu'il le conçoit et*après qu'il l'a conduit par un nombre indéterminé d'évolutions à la plénitude de son existence , il a eu l'ambilion de tout embrasser dans son sein, de tout expliquer, de tout comprendre; et, autant que sa nature et celle de la raison le permettaient, il a réussi dans cette entreprise. Il a subordonné à son point de vue et comme assimilé à sa substance non-seulement la philosophie, dans l'ensemble de ses parties et avec tous les systèmes qu'elle a mis au jour, mais toutes les autres sciences sans en excepter une ; et aux sciences il a ajouté l'histoire entière de Tart et de la religion. Enfin, rien ne manque à cette vaste et brillante synthèse , si ce n'est deux choses absolument incompatibles avec le principe du panthéisme , mais dont la raison humaine ne fait pas volontiers le sacrifice, sans lesquelles aucun système ne pourra jamais compter sur son assentiment : la conscience en Dieu et la liberté dans l'homme. Aussi qu'est elle devenue, quel spectacle nous offre-t-elle en ce moment? A peine debout, cette nouvelle tour de Babel, qui devait
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mbler Finlervalle du ciel à la terre , s'est i^crou- \ sous son propre poids; Vun des architectes n'a 18 voulu la reconnaître et s'est mis à construire ' d'autres fondements un édifice tout nouveau ; ouvriers qui ont aidé à la bàlir et les hôtes très- '^ers, théologiens, philosophes, naturalistes, ;toriens, hommes d'état , jurisconsultes, qu'elle lit réunis un instant dans sa magnifique ennte, se sont dispersés dans toutes les directions . sont restés pour se faire la guerre les uns aux très. En un mot, l'anarchie et la discorde sont jourd'hui dans l'école de MM. de Schelling et îgel. La division s'est d'abord établie entre les siitres, un seul des deux étant demeuré fidèle à i-même et digne du nom de philosophe; puis e est descendue aux disciples de celui-ci. On itingue en ce moment parmi eux, comme dans is assemblées politiques, une gauche, une droite, i centre, une extrême gauche ; et toutes ces frac- >ns, comme il arrive aux sectes religieuses issues ime souche commune, sont beaucoup plus hoses les unes aux autres que des écoles radicaleent distinctes.
Ainsi, de quelque côté qu'on se tourne, il n'y a as d'issue pour une philosophie purement spélalive. La bonne et la mauvaise métaphysique ont
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4i^tw 4M^ ^jfi^fi^f^, oo hii a&Mirait au moins les ffmf^\iu^ ^U^mst^ da rrsped en pnnî^sanl les éfUim d^ r<(^fjrit par les plus eflroyables tortures lUi mf\m, \}HU% le» choses que ni Tune ni Tautre m i\myifmm\i ou ne fKiuyaient s'assujettir, c'était Im ^//HiturrMt ou la tradition qui régnait en souyef a)u^/ i'Sm'mw. A^ castes entre lesquelles la so-