‹ De la certitude dans ses rapports avec la science et la foiChapitre 15 sur 46 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

n'est pas qu'on ne fasse cet aveu d'assez bonne grâce, mais voilà où est le mal.

La science toute seule ne peut qu'aboutir au matérialisme. Ce reproche de matérialisme a toujours révolté les adversaires de Broussais. Mais ils oublient sans doute que Spinoza, le plus spiritualiste des philosophes, l'a mérité à bon droit. C'est que Spinoza n'a vu que la science, qu'il a voulu comprendre et expliquer Dieu par la logique et à sa manière.

Nous ferons le même reproche à toute méthode rationnelle, qu'elle parte du moi ou du non-mai. Car cette prétendue observation du phénomène de la conscience ne diffère en rien de l'axiome de Descartes, et c'est abuser des termes que d'appeler expérience ce qui n'est qu'une pure hypothèse ; ou alors n'était-ce pas en vertu de l'expérience que Descartes disait: Je pense 9 donc je suis? Il n'y a que cette différence entre les cartésiens et les éclectiques, que ceux-ci ont jugé à propos de s'étourdir par le mot expérience dans un temps où le progrès des sciences physiques a mis l'expérience à la mode, et que les cartésiens n'y ont pas songé, ou plutôt n'ont pas dû y songer dans l'intérêt de leur cause; car Aristote admettant l'expérience, c'était assez pour qu'ils ne l'admissent pas.

Qu'un physiologiste se fonde sur l'expérience, cela se comprend, parce qu'il croit tout prouver le scalpel à la main ; mais dès que Ton dit moi on a

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