‹ De la certitude dans ses rapports avec la science et la foiChapitre 22 sur 46 · INTRODUCTION. XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXV

sous plus d'un rapport ; car en présence d'une opposition formidable, on compromet pour longtemps peutêtre la philosophie elle-même en la cherchant là où elle n'est pas, là où elle ne peut pas être et où elle ne sera jamais, et en outre on s'expose à montrer son impuissance, non certainement du côté du savoir et du talent, mais au contraire en produisant au grand jour toute la fragilité d'un échafaudage que ni l'un ni l'autre n'auront réussi à soutenir. Tant que les éléments de conviction sont répandus dans d'innombrables volumes, tant qu'on nous renvoie à la nécessité de posséder l'érudition de dix âges d'hommes pour être initié à la vérité, comme on n'a garde de le faire, la victoire demeure auxérudits; mais dès qu'ils daigneront se réduire à la simple expression d'une centaine de pages, à moins qu'ils ne nous donnent ces cent pages comme un évangile qui deviendra la vérité? ou que deviendra la raison au nom de laquelle ils s'annoncent s'ils ont découvert la vérité, bien plus s'ils l'expliquent, s'ils la prouvent, s'ils la comprennent? On demande dans le programme qui fait connaître les intentions de l'Académie si la certitude et la plus haute probabilité se confondent, ou autrement s'il y a une certitude probable et une probabilité certaine! Et après avoir décidé ce point important, mais alors seulement, on dira d'où nous vient la certitude. Ensuite on trouvera les fondements de la vérité, c'est-à-

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