INTRODUCTION. XXX IX
ce serait faire preuve de simplicité, la date de l'imprimeur trancherait la difficulté. Mais en repoussant les sceptiques pour faire triompher les vérités de notre temps, comment fera-t-on triompher les vérités d'un autre temps , car ce mot fameux : le présent est plein du passé et gros de l'avenir , est une vérité qui peut passer pour un axiome? Alors, quelle est l'époque où les vérités de notre temps cesseront d'être des vérités? est-ce demain? est-ce l'année prochaine? S'il en est ainsi , comment ces vérités n'existeraient-elles pas déjà? et si elles existent, où sont les sceptiques, sinon dans Y Académie? Et encore, par le même principe, comment les fondements de la vérité peuventils rester à découvrir, puisque toute découverte ne peut être que le résultat d'une découverte ou d'une vérité antérieure qui doit être à son tour, la raison, la cause, ou le fondement de toutes les découvertes subséquentes? Et si nos pères ne possédaient pas la vérité, comment pourrions-nous la posséder?
Par conséquent, demander de séparer la certitude de ce qui n'est pas elle, c'est demander une abstraction de l'esprit et non une réalité ; c'est demander de définir le sens commun , la raison générale et individuelle, c'est-à-dire ce qui de sa nature est indéfinissable ; c'est demander d'assigner par un nombre entier le rapport du cercle au carré; car limitation, définition, séparation, abstraction, sont une même chose pour ce qui de sa nature est essentiellement