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CHAPITRE IX

Existence de la certitude. — Llnyisible.

Établir la certitude de l'invisible c'est faire pour la métaphysique ce qui a été fait précédemment pour la psychologie, la logique, la morale et l'esthétique. L'entreprise peut sembler prématurée, et à vrai dire nous anticiperons un peu sur ce qui sera développé plus tard. Mais dès à présent il est utile de mettre en face l'une de l'autre d'une manière générale la négation matérialiste et la foi à l'invisible.

Le matérialisme, pour qui la seule réalité consiste dans ce qui est visible à l'œil et palpable à la main, a provoqué cette vive risposte : « Il n'y a de réel que l'invisible (1). » La thèse matérialiste a un air de sens commun ; l'assertion opposée ressemble à un paradoxe. Voyons ce qu'il en est.

Platon disait, dans le Phédon, que la vie du philosophe est un apprentissage de la mort. Qu'est-ce que la mort, en effet? C'est la séparation du corps et de l'âme. Or, quand le sage travaille à l'acquisition de la science, et surtout de cette science supérieure qui a pour objet l'essence des choses , il se sépare de son corps autant qu'il est possible en cette vie. Cette pensée de Platon était célèbre dans l'antiquité. Cicéron la rappelle dans sa première Tusculane. Mais elle a été reproduite surtout par les docteurs chrétiens. De nos jours môme, le P. Gratry s'est rencontré avec Platon et Cicéron dans un passage de sa Connaissance de l'âme, « Heureuse l'âme qui, à l'entrée de la vie, en prévoit le terme! Heureuses les âmes vivaces et les esprits lucides qui regardent la route jusqu'au bout!... Heureux, dis -je, les esprits

(1) Voyez rarticle de M. Secrétan sur le darwinisme dans la Bibliothèque de Genève.

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clairvoyants qui regardent et pensent, et qui méditent un point que les autres oublient I Quel est ce point? C'est la mort I • , • . Vrai point de vue de toute la vie, ô mort, heureux celui qui t'aperçoit, et qui, à ta lumière, critique la vie avant de l'entreprendre. Celui-là sort du rêve, il s'éveille, ses yeux s'ouvrent; il voit la double face des choses. ]»

Ce sont là, pourrait-on croire, des pensées bien antiques, et nous autres modernes, partisans des méthodes expérimentales, nous les accueillons d'abord avec un sourire. Mais il se trouve qu^une double expérience, celle de la science et celle de la vie, nous y ramène forcément.

Il est impossible de rien imaginer de moins matérialiste que la physique moderne. Platon avait bien tort de dédaigner la méthode expérimentale, ou plutôt, c'était un grand malheur pour lui de l'ignorer; car s'il l'avait connue, il aurait pu l'invoquer à l'appui de sa doctrine. Qu'est-ce que la matière d'après les résultats de la science actuelle ? Une pure abstraction (1). La notion vulgaire de matière éveille en nous des représentations de couleur, de sons, d'odeur, de saveur, etc. Or, la science établit que ces représentations ne correspondent, hors de nous, à rien qui leur ressemble (2). Couleurs, sons, odeurs, saveurs, tout cela existe comme sensations, c'est-à-dire comme états de conscience ou modifications du moi. Mais, dans la nature extérieure, il n'y a rien de semblable. Que reste-t-il donc, d'après la science physique, de ce que nous appelons matière ? On suppose un fluide en mouvement que l'on nomme éther, et des corpuscules étendus et résistants, auxquels on donne le nom d'atomes. Mais ces hypothèses sont de même nature que les qualités sensibles dont on a dû nier la réalité. Toute la différence c'est qu'au lieu de

(1) C'est un point qui paraît avoir été bien mis en lumière paT M. Dauriac, aans sa thèse mtr les Nations de matière et de force,

(2) Voir, pour plus de développements, notre !!• partie, chap. i.

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percevoir, on imagine; au lieu de la sensation, c'est Tabstraction avec la sensation pour base ; or, l'abstraction n'est pas la réalité. Si donc la matière est quelque chose de réel, ce n'est pas la science qui peut nous l'apprendre, c'est la métaphysique. C'est dans la région de l'invisible qu'il faut chercher la réalité matérielle. Toutes ces vérités seront amplement exposées plus loin. Il sera facile de voir à quoi se réduisent les données de la perception extérieure, ce que c'est que les qualités dites matérielles et pourquoi il faut que la conscience et la raison interviennent dans la formation de l'idée de matière. Platon aurait donc pu invoquer à l'appui de sa thèse la méthode expérimentale et la manière dont on arrive à la connaissance des corps, et ceux-là sont dans le vrai qui disent qu'il n'y a de réel que l'invisible, et que la matière est de l'esprit éteint.

La physique vient de nous prouver que, dans la matière, il n*y a de réel que l'invisible. La physiologie va nous faire voir que, dans l'homme, il y a autre chose que \e corps. L'âme démontrée par la science du corps : cette assertion semble d'abord paradoxale. Il est pourtant vrai que les progrès de la physiologie donnent une nouvelle force aux arguments par lesquels on établit la spiritualité du principe de la pensée, du sentiment et de la volonté. En nous disant au juste ce que c'est que le corps, la physiologie nous amène à nous demander : Mais est-ce donc là l'être humain tout entier? Cette machine merveilleuse, avec tous les ressorts qui la composent, se suffit-elle à elle-même? Est-ce bien rigoureusement le second membre d'une équation dont le premier serait l'homme? Voilà la question que la physiologie soulève au moins indirectement, et nous allons voir comment elle nous suggère la réponse.

Nous voulons savoir si la personne humaine et l'organisme humain sont une seule et même chose. Pour le comprendre, comparons ensemble ces deux termes, la

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personne et Torganisme. Quand je considère ce qu'on appelle la personne, le moi, comme disent les philosophes, une chose me frappe, c'est son unité, cette unité consciente où nos facultés diverses coexistent et se pénètrent mutuellement. Sans doute, il y a dans ce moi la variété des phénomènes, idées, sensations, sentiments, etc. Mais ces faits divers ne ressemblent pas aux soldats d'une armée sans général ; ils viennent tous se croiser dans un centre commun; ils ont tous pour sujet ou pour cause unique l'être qui seul dit : Je pense, je sens, je veux. Voilà ce que nous apprend la plus simple réflexion sur la personne humaine. Voyons maintenant ce que la physiologie nous enseigne sur le corps humain, et pour abréger, ne considérons que le cerveau. Il y a bien dans le cerveau une certaine unité, mais c'est l'unité collective qui n'exclut pas une pluralité réelle. Voyez, en effet : une masse totale partagée en deux hémisphères, chaque hémisphère divisé en plusieurs lobes, chaque lobe offrant des circonvolutions diverses, puis des millions d'éléments organiques appelés fibres et cellules; puis d'étranges particularités de structure que l'on a comparées à des ponts, à des aqueducs, à des canaux, à des entonnoirs ; puis des substances blanches, jaunes, grises, cendrées, etc.; voilà le cerveau; voilà la partie maîtresse de l'organisme humain. Quelle prodigieuse multiplicité I Quel monde d'objets divers I A la vue de tous ces mystères du cerveau, de cette infinité de parties et d'éléments que nous décrit la physiologie, je m'incline et j'admire. Mais puis-je retrouver ici la personne humaine avec sa profonde et rigoureuse unité? Cet organe complexe, ou plutôt cet ensemble d'organes qu'on appelle cerveau, est-ce bien le moi conscient? Cette sorte de polypier, comme on l'a dit, cet appareil répétiteur et propagateur de mouvements et d'impressions, est-ce le sujet actif et libre qui pense, qui veut, qui aime? En vérité, les deux choses ne se ressemblent guère. Ainsi la science physiologique,

en opposant le caractère multiple et collectif du corps à l'unité rigoureuse du sujet personnel, nous prouve que dans le sujet personnel il y a autre chose que le corps. Voilà donc une première preuve de l'existence de l'âme, fournie par la physiologie.

Ici se présente d'elle-même une objection que nous ne voulons pas éviter. Eh quoil dira-t-on, une lésion au cerveau nous ôte le pouvoir de penser? L'ablation successive des différentes parties de l'encéphale, pratiquée sur des animaux, fait disparaître une à une toutes leurs facultés, et vous voulez distinguer le sujet personnel de la masse organisée? A cette objection, la philosophie répond habituellement que le cerveau est pour la pensée l'instrument indispensable, non le principe générateur; qu'il est la condition matérielle, non la cause; que le cerveau est nécessaire au sujet personnel, comme la lyre à l'artiste, comme la machine au mécanicien. Voilà ce que répond la philosophie, et cette réponse n'est point méprisable. Mais aujourd'hui n'appelons à notre aide que la physiologie, et à des expériences qui ne prouvent rien contre nous, opposons d'autres expériences qui nous sont complètement favorables. On sait que telle portion du cerveau étant lésée ou supprimée, la fonction à laquelle elle présidait ne disparaît pas toujours. Cette fonction se réfugie, pour ainsi dire, dans d'autres parties. Un organe inférieur finit par remplir l'office d'un organe supérieur, et cela prouve que, dans l'être humain, les appareils organiques ne sont pas tout; qu'il y a en nous un principe d'activité qui, loin de dépendre entièrement de l'organe, le façonne au besoin et en modifie l'usage, semblable au bon ouvrier qui sait tour à tour employer et réparer sa machine.

Dans la persotme humaine, il y a non seulement unité, mais identité, c'est-à-dire persistance dans la durée. En effet, que l'être qui sent, qui pense, qui veut, soit dans son fond toujours le même, c'est ce que prouvent la mé-

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moire et la responsabilité. Si la personne n'était plus la même d*une époque à Tautre, le souvenir serait impossible, la récompense et la peine seraient illégitimes. La personne est donc identique par le fond de son être. En est-il de même du corps humain? Le corps, à peu près identique par la forme et par les mouvements internes, l'est-il également par le fond et la substance? Je ne voudrais pas être seul à résoudre une pareille question. Mais ce que je n'ai pas vu, d'autres l'ont vu. Ils ont suivi dans le détail cet échange, ce troc matériel qui a lieu entre l'organisme humain et la nature extérieure; ils ont assisté à la formation et au renouvellement des tissus dans leurs parties les plus intimes; ils ont vu la désintégration et la réintégration des nerfs; ils ont constaté l'usure du cerveau et des muscles, et trouvé les produits de cette usure dans tel endroit où on ne les chercherait guère. Tout le monde connaît les belles expériences de Flourens sur les os. Elles ont prouvé que l'os, ce qu'il y a de plus solide dans la machine, se renouvelle couche par couche, et que le moment vient où un os nouveau a remplacé l'ancien. Ce que Flourens a fait pour les os, d'autres savants le font pour le reste du corps. Ainsi, toutes les données actuelles de la physiologie nous prouvent que la matière de l'organisme se renouvelle à chaque instant, et on admet que ce renouvellement est complet dans un laps de temps déterminé. C'est un vrai tourbillon vital; c'est le fleuve d'Heraclite que l'on ne passe pas deux fois. Quelle conclusion à tirer de ces faits? La conclusion est bien simple. Il y a, disions-nous, dans la personne humaine, un fond qui ne change pas; au contraire, dans l'organisme, le fond même change toujours; donc, il y a en nous autre chose que l'organisme. Et voilà encore l'âme prouvée par la physiologie.

Après avoir considéré, dans la personne humaine, les deux grands attributs d'unité et d'identité, nous pourrions

parler des facultés qui la caractérisent. Or, si nous comparions ces facultés aux appareils d'organes que la physiologie nous décrit, la conclusion sérail toujours la même ; nous serions obligé d'affirmer, par voie de contraste, Tâme une et indivisible. Quel que soit donc le point de vue sous lequel on envisage l'être moral, les données de la physiolo^e confirment la théorie spiritualiste et la science du corps prouve l'existence de l'âme.

Après l'expérience de la science , consultons celle de la vie, et puisque l'étude de la nature nous a ramenés en nousmêmes, examinons ce qui s'y passe. Platon dit, dans le passage que nous avons cité en commençant, que le sage fuit le plaisir et tout ce qui distrait l'âme et la troublé, et qu'il arrive ainsi à connaître ce qui est. Mais il devrait ajouter que cette grande leçon, dont le sage seul profite, nous est donnée à tous par la force des choses, et qu'en y conformant notre conduite, nous ne faisons qu'obéir à la voix de l'expérience. Que l'homme le sache ou qu'il l'ignore, la douleur est un état inhérent à sa condition actuelle; j'entends la douleur morale, celle de l'être intelligent. Penser et souffrir, voilà deux mots qui reviennent frécfuemment sous la plume des savants et des philosophes, et ils n'ont pas besoin de se copier les uns les autres pour trouver la formule, tant elle est le résumé fidèle de notre vie tout entière! Et quelle est la cause de la douleur morale? Spinoza nous le dit : ce C'est le contraste entre une perfection moindre et une perfection plus grande, n Le sentiment de notre imperfection se trouve au fond de toutes les souffrances de l'âme. Or, la vue de notre imperfection nous fait penser à la perfection suprême. La douleur morale est donc pour nous une occasion continuelle d'élever nos esprits jusqu'à Dieu. Descartes comprend donc bien le spectacle de la vie humaine, lorsque, après s'être dit qu'il est imparfait et qu'il a l'idée de la perfection, il conclut que cette idée, inexplicable comme simple

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produit de notre activité intenectuell<9', est la manifestation d'une réalité souverainement parfaite. Voilà une première manière de comprendre la leçon de Texpérience. Ce n'est pas tout. Si l'homme ne sait pas interpréter le langage de la douleur, il se désole sans but et subit passivement sa misère. Mais s'il veut agir en être intelligent, il cherche un remède à son mal. Le trouve-t-il dans l'insensibilité stoïque ou dans les illusions du panthéisme? On peut bien, en discourant dans une école, soutenir que la douleur n'est pas un mal. Mais quand elle fait sentir son étreinte, on est d'un autre avis. Spinoza veut que je change mes sentiments pénibles en idées adéquates et que j'envisage toute chose au point de vue de l'éternité. Pure chimère d'un philosophe qui ne vivait que par la pensée et dont le maître avait enseigné que toute notre nature consiste à penser. Panthéisme et stoïcisme nous laissent toujours en face de nos misères. Dites à un homme qui souffre qu'il est une portion de la divinité, il ne le croira pas. S'il l'a cru pendant quelques instants, il change d'avis au milieu des maux dont il fait l'expérience. Les stoïciens élevaient leur sage au-dessus de la divinité. Mais, dit Malebranche, docile cette fois aux leçons de l'expérience, cet idéal stoïque n'est que du fard et du plâtre, qui ne donne dans la vue que de ceux qui n'étudient et ne connaissent pas la nature humaine. « Caton était un homme sujet à la misère des hommes. Il n'avait ni la dureté du diamant que le fer ne peut briser, ni la fermeté des rochers, que les flots ne peuvent ébranler, comme Sénèqué le prétend. En un mot, il n'était point insensible (1). » Ce n'est donc pas au stoïcisme qu'il faudra demander les remèdes applicables à la douleur morale. Ces remèdes où sont-ils? Où trouver la consolation véritable? Écoutons encore Malebranche : a: Les premiers chrétiens, dit-il, étaient misérables par les

(1) Recherche de la vérité^ ITI« partie, chap. iv.

peines qu'ils enduranent^mais ils étaient heureux dans Tespérance d'une récompense éternelle (1)? i> Et le philosophe chrétien a raison. Le faihle doit demander assistance au fort, et comme ici le faihle c'est l'humanité tout entière, l'humanité doit recourir à Dieu. Aii-dessus de la réalité présente qui, malgré tous les progrès, sera toujours pleine de désolants contrastes, il faut placer la certitude d*une réalité supérieure et la foi dans une promesse. Voilà c;e qui se dégage des leçons de l'expérience sainement interprétée.

L'expérience atteste encore qu'en fait on croit aux réalités invisihles, à l'existence divine et à la vie future. Cette foi donne la force aux faibles et la consolation à ceux qui souffrent. La certitude est ici complète, puisqu'elle enveloppe l'âme tout entière, puisqu'elle peut en même temps régler la vie de chaque jour^ inspirer l'héroïsme dans les grandes crises, donner la paix au sein de la lutte et du sacrifice. Dira-t-on que la croyance est un besoin, un penchant naturel, et que l'imagination séduite transforme ses espérances en réalité? c C'est à coup sûr un étrange motif de nier une doctrine que d'alléguer le besoin inné qu'en a Tâme humaine. Mais quoi! Tandis que le scepticisme se laisse mollement aller à ses goûts et à ses penchants, qu'il obéit docilement à la loi qui porte toute créature vers son bien propre et visible, la certitude au contraire triomphe des apparences sensibles, elle résiste à cette tendance de l'homme vers soi; elle lutte, elle se raidit contre l'attrait puissant de la jouissance, et l'on viendra dire que la résistance aux plus chères passions, aux plus tyranniques habitudes, les efforts héroïques, les sanglants sacrifices, sont l'effet d'un entraînement d'imagination insensible à celui qui le subit, tandis que le scepticisme seul est le fruit de l'examen, de l'étude et de

(1) Recherche de la vérité , III« partie, chap. rv.

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la méditation ! Autant vaudrait dire qu'une pierre gravite d'elle-même vers les sommets, et qu'il ne faut d'effort que pour l'en précipiter! Non, c'est la certitude qui commande, qui exige l'effort et le sacrifice (1). »

En résumé, toutes les formes de l'expérience prouvent la réalité invisible que l'on voudrait nier au nom de l'expérience. La physique nous fait comprendre qu'il ne resterait rien de la matière, si on lui ôtait ce que l'âme lui donne d'elle-même. La physiologie montre que, dans l'homme, ce qui est véritablement humain est distinct de l'être matériel. Puis, quand l'expérience scientifique nous a ramenés dç la matière à nous-mêmes, àb exteriorihus ad interiora, une autre expérience, celle de la douleur et de l'imperfection nous oblige à porter nos regards vers la réalité divine, ah interiorihUrS ad superiora, et c'est encore l'expérience qui montre quelle absolue certitude s'attache à ces choses invisibles qui donnent la force et la consolation, pour lesquelles on vit et on meurt.

(1) H. de Ck)88ole8, article publié dans le Correspondant du 26 décembre 1874.

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