‹ De la certitude et des formes récentes du scepticismeChapitre 2 sur 52 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

écrivons, il n'y a pas des raisons particulières de revenir à ce problème. Et la réponse ne pourra manquer d'être affirmative, si l'on considère l'état actuel de la philosophie, celui des esprits cultivés et des masses populaires ellesmêmes.

Dans la philosophie contemporaine, les questions relatives à la puissance et aux limites de nos facultés intellectuelles sont soulevées à chaque instant par des penseurs distingués appartenant à différentes écoles : MM. Renouvier, Taine, Secrétan, Lachelier, H. Spencer, etc. Or, en face des solutions très diverses que l'on propose, il faut bien tâcher de s'orienter ou d'éviter au moins les méprises les plus graves. Et puis ces discussions n'ont pas lieu seulement entre philosophes. Prenez la peine d'interroger les personnes instruites, quel que soit l'objet spécial de leurs études; vous verrez à quel point elles ont subi l'influence de tous les systèmes dogmatiques ou sceptiques. Ces choses-là sontelles dans l'air que l'on respire ou bien les idées philosophiques arrivent-elles à s'infiltrer de tous côtés par des canaux invisibles? Je ne sais. Toujours est-il que, même en causant avec les gens du monde, on retrouve à chaque instant du Kant, de l'Auguste Comte, du Stuart Mill dans leurs objections, dans leurs aperçus et jusque dans leur langage. Au-dessous des philosophes et des esprits cultivés, considérez ce qu'on appelait autrefois l'homme du peuple.

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