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LE CONSENTEMENT UNIVERSEL

plus d'éclat, a Ils ont interrogé les païens, les poètes, les sibylles, le ciel, la terre et les enfers sur le Christ ; ils ont saisi le moindre soupir, le moindre son lointain qui semblait murmurer le nom du Sauveur des hommes, et ils ont fait de toutes les voix, de tous les bruits, de tous les gémissements, un cantique étonnant et victorieux (1). »

Puisque de tout temps, ^assentiment du genre humain a été regardé comme une marque de la vérité, voyons à quelles conditions il mérite notre confiance.

Il faut d'abord que cet assentiment soit universel ; condition nécessaire pour qu'une croyance puisse être l'indice d'une loi de notre nature et l'expression de la vérité, patrimoine commun des intelligences. Ajoutons bien vite qu'il s'agit ici d'universalité morale, non mathématique, et que les exceptions ne prouvent rien contre la règle. Il y aura toujours des hommes qui, par orgueil ou par esprit de système, révoqueront en doute les croyances les plus généralement admises. Mais comme il est reconnu que certains esprits peuvent sortir des voies de la nature, l'opposition de quelques-uns ne nous empêchera pas de trouver la manifestation de notre vraie nature dans l'assentiment de tous les autres. Peut-être même trouvera-t-on des peuplades entières qui sembleront donner un démenti à tout le reste de l'humanité. Mais que conclure de là? Qu'il peut y avoir, dans les races comme dans les individus, un arrêt de développement, et que des circonstances malheureuses peuvent étouffer parfois les germes que la nature a mis dans tout être humain.

Un des caractères qui distinguent la foi du genre humain, c'est sa perpétuité à travers les progrès de la civilisation et de la pensée. Les logiciens l'ont dit depuis longtemps; il faut que la croyance ancienne n'ait pas été

(1) Lacordaire, Considérati&ns tur le système philosophique de Jkf, de Lamennais^ p. 63 (Paris 1834).

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détruite ou ébranlée par les découvertes de la scienc»^ Est-il vrai, par exemple, qu'aujourd'hui les cieux, au litt d'annoncer la gloire de Dieu, n'annoncent plus que celir de Laplace et de Newton? Ou bien la science moderne. au lieu d'affaiblir l'ancienne croyance, a-t-elle pour eflti de la fortifier et de l'épurer ?

Outre la condition précédente, il en est une qui conceiL^ la compétence du consentement universel. U faut considérer, à ce propos, d'une part la nature des questioQ5 d'autre part la qualité des témoins. Sera-t-il raisonnabl' . par exemple, de consulter le genre humain sur desquestiuK^ de l'ordre physique, comme le mouvement des astres, i. solidité de la voûte céleste ou l'existence des antipode^ Évidemment non, et la raison en est bien simple; cVr que, dans ce cas, les éléments de solution ne sont \ entièrement en nous et que les données du probltr-. doivent être fournies en partie par l'observation savaiiV. En philosophie même, interrogerons-nous le genrehuiu a . sur des questions d'école, comme celle de l'origine «1: idées, et en général, sur les vérités qui forment ce qu < pourrait appeler le corps de la science? Non, le discernement de ces vérités nécessite l'emploi d'une méthc " à part et suppose des connaissances spéciales. Le consentement universel ne nous dira rien non plus des mystèrrde la religion, de ces vérités surnaturelles qui soDt<' domaine exclusif de la révélation. Sur quoi donc sera-tcompétent? Sur deux ordres de vérités, d'abord, sur ceî. qui sont d'une appréciation facile. On pourra sc référer à lui, sinon pour établir, au moins pour confire -' et faire valoir ces premiers principes qui sont le f"^ commun de toutes les intelligences et qu'on ne peut o' sans rompre tout commerce avec les autres hommes, si se mettre hors d'état de les entendre et d'être entei: . par eux. La compétence du consentement univers'étendra aussi à de9 vérités qui, sans être élémentaire

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