LES 6CBPTICISME6 PARTIELS. — LE POSITIVISME
;fii?ne
.^ Ce qui frappe tout d'abord dans ce principe, que la - "^'^'sonnaissance humaine se borne aux faits et aux lois, c'est "^' 'arbitraire. Sur ce point on nous fait des aveux qu'il est P' ^. 3on de recueillir. Un des interprètes du positivisme ^^'^ s'exprime ainsi sur les objets dont s'occupent la métaphyi^^ ' sique et la théologie : c La philosophie positive rejette i^^: tout cela et ne veut pas les connaître. Nous avouons que cette manière de procéder est arbitraire... Ce premier 5»r? principe doit être accepté sans discussion et sans autre ^^'' preuve que l'impossibilité où nous nous trouvons mani- ^ ^'; festement d'aller au delà. Il ne s'agit pas de nous dire qu'au-dessus des lois matérielles, il y a encore des puissances, et que la science ne peut pas tout expliquer; car nous ne voulons pas connaître ces puissances, si même elles existent, et nous ne voulons pas expliquer ce que la science ne peut et ne pourra jamais expliquer (1). ^ L'aveu est plein de franchise. On déclare que l'on ne veut pas connaître certaines choses, que la façon dont on procède est arbitraire. On donne bien un semblant de raison en alléguant l'impossibilité d'aller au delà, en parlant des limites de la science. Mais on omet de dire que c'est en consultant les sens que l'on ne va pas au delà des phénomènes extérieurs, et que la science dont il s'agit est celle des objets matériels. Comme si la perception extérieure était notre seul moyen de connaître, comme si un esprit juste n'avait aucun avantage sur un esprit faux, dans les questions qui ne relèvent ni du calcul mathématique, ni de l'expérience positive.
Cet arbitraire que nous reprochons au système positiviste se manifeste dans l'absence de toute critique des idées générales, dans l'insufGsance des preuves, dans les perpétuelles atténuations d'une doctrine à laquelle on prétend rester fidèle.
(1) WjronbofE, Philotophie poiitive^ septembre 1867, pp. 169-170.
Le savant interprète de la philosophie kantienne, M. Renouvier, reproche avec raison au positivisme k n'avoir aucune doctrine sur la certitude, tout en procédant par affirmations imperturbables, c A. Comte n'a nulle part essayé de pénétrer les conditions du comiadireetè croire (1). i H n'a pas cherché à donner les raisons les plus profondes de son système; et cependant c'est cbos«: à laquelle un philosophe est tenu quand il affirme ti prend parti. Il ne suffit pas de déclarer que la coQnaiBsa!i:c humaine se borne à des faits et à des lois. Il faut justiiic: une telle assertion, et pour cela, soumettre à une critiqv approfondie toutes les notions et vérités prémices. Ci qu'a fait, sous ce rapport, l'école positiviste? A-t-eb^ repris, pour son compte, le travail de Hume sur Vïàk r cause? A-t-elle rien entrepris qui rappelât l'œuvre Kant? S'est-elle demandé, à l'exemple du philosoj allemand, si l'esprit met du sien dans les principes ; servent de base à toutes les sciences (2) ? A-t-elle esanr toutes les assertions des écoles dogmatiques sur Dieu, 5. l'âme, sur la matière? Rien de tout cela. Dans cette écron écarte la théodicée d'un trait de plume, en déclara que c'est le domaine de l'inconnaissable. On £ait de mtH pour la psychologie rationnelle. Quant à la psychologie :j se borne aux faits, A. Comte la ramène à Tobserry i extérieure; M. Littré, mieux renseigné, admet l'ana!;! réfléchie, montrant par là combien était défectueuse sur ce point la conception primitive du système. Se matière, on déclare qu'on en ignore la nature intime. ^ mais, du moins, on n'a jamais eu le moindre doute sur phénomènes. Or, voici qu'une théorie fondée sur les couvertes de la physique ramène les phénomènes app extérieurs à des états de conscience, et oblige le posÀ\i^^
(1) Oritique phiUsophiquey 7^ année, 1. 1, pp. 49 et sût.
(2) Cf. : Liard, la Science positive et la MétaphysiqWt p. €?•