LES SCEPTIGISMES PARTIELS. — LE POSITIVISME
à modifier ses assertions sur un objet dont il se croyait sûr. Ainsi dépourvu de critique et aspirant toutefois à devenir une philosophie, le poaititisme est condamné à marcher de surprise en surprise. Les quêtons s'imposeni à lui sans qu'il s'en doute, à propos des notions premières, à propos des méthodes et du but de la science. Bon gré, mal gré, on est obligé, dans cette école comme dans les autres, d'avoir une théorie de Tinduction, de la raison, de l'origine des idées; or, comment trouver la vraie solution de ces problèmes, en restant fidèle à une doctrine qui ne les a pas prévus, qui croyait même pouvoir les exclure?
Arbitraire par Tabsence de critique, le positivisme Test encore par l'insuffisance des preuves sur lesquelles il repose. Les principales soi^t la théorie des trois états (1), la classification des sciences et la prétention de n'être pas un système a priori. La théorie des trois états est une sorte de démonstration historique. Mais quel est le système }ui n'ait pas cru trouver sa démonstration dans l'histoire? \vant A. Comte, Hegel, Saint-Simon, Fourier, ont fait de 'apparition de leur système le résultat d'une loi. Est-il rrai d'ailleurs que nous voyons continuellement dans 'histoire, les dogmes céder la place à la métaphysique et :elle-ci aux sciences de la nature ? Nullement. Ce que l'on 'oit, ce sont les religions s'épurant et se perfectionnant, nais coexistant avec les doctrines philosophiques, et celles-ci ontinuant de se développer à mesure que se multiplient 3S recherches scientifiques; il y a une action incessante t réciproque, jamais de substitution ni de remplacement éfînitif.
La classification des sciences proposée par A. Comte été vivement critiquée par MM. H. Spencer et Renouvier. rais en admettant que leur véritable échelle de subordi-
^1) Saivant Â. Comte, la adence passe invariablement par les oiB états on modes théologique, métaphysique et podtit
nation soil à peu près celle que se représente le pbilosoph? positiviste, on peut toujours reprocher à celui-ci d'en avoir tiré ce qu'elle ne contient pas, une méthode. Lsynthèse des sciences est une opération définitive qui coordonne les résultats d'opérations antérieures, maisqr ne prouve pas que cet ordre soit celui de la recherchée de l'analyse. D'après A. Comte, on n'arriverait au moiid:^ intellectuel et moral que par les procédés propres at: sciences physiques. Mais est-il besoin de répéter q.l'homme a, pour connaître ses pensées, ses inclinalicc^ sa volonté, un moyen naturel qui diffère des sens et iit méthode qui diffère de l'observation extérieure?
Un argument assez à la mode chez les adhérer; du positivisme, c'est que cette (doctrine est la seule qui !^ soit pas a priori. Mais qu'est-ce que cela signifie! F principe, est-il donc certain qu'il n'y ait rien d'à ]?>"-' dans nos connaissances, même dans celles de l'or expérimental? En fait, à qui le positivisme adress^l-Ji reproche d'être une philosophie a prioril A la doclrs spiritualiste comme à toutes les autres. Mais quelle valri a ce reproche, lorsque, dans l'étude de l'esprit, on s'apr ^ sur des faits certains, observables, notoires, quac^i passe, par une induction régulière, de ces faits aux lui: notre nature, à ses vrais besoins, à ses tendances dorâbl quand, pour s'élever à Dieu, on s'appuie sur l'étude l'âme et l'analyse rigoureuse des idées? C'est bien pile positivisme lui-même qui mérite le reproche îadresse à ses adversaires. N'est-il pas a jjrion' dan^ négations comme d'autres le sont dans leurs affirmati " Il semble dire à l'esprit humain : Tu commenceras l'œ^ de la science, en connaissant des faits et des lois, n^^ n'iras pas plus loin ; tu n'auras jamais la cause, Vexpî tion véritable, la raison des choses. « Cette app?' modestie, dit un auteur contemporain, cache un sinu" orgueil. Car pour déclarer un problème insoluhle^u^