CONCLUSION
Sans être dogmatique par nature, on l'est par devoir, dans un ouvrage qui a précisément pour but 4e soutenir les droits du dogmatisme. Il y a une vérité, qui est indépendante de nos jugements et de nos pensées, mais avec laquelle notre intelligence peut se mettre en rapport. Il y a des certitudes sur le visible et Tinvisible ; sur la matière, rame et Dieu ; sur les règles de la pensée, des mœurs et du goût; sur les lois, les genres et les fins dans la nature; sur l'autorité, la tradition et le surnaturel. A cet égard, la doctrine la plus large et la plus conciliante est celle qui a nos sympathies ; et nous croyons avoir prouvé qu'elle est vraie, en montrant la légitimité de tous nos moyens de connaître.
Mais comment tous ces critères de certitude, sens, conscience, raison, témoignage, révélation, s'arrangerontils ensemble ? — Il faut bien qu'ils s'arrangent, puisque chacun d'eux a sa part de vérité, son domaine et sa place au soleil. Nos différentes certitudes sont les unes primitives, les autres dérivées. De là, les relations d'après lesquelles elles se coordonnent. Déterminer les conditions précises de leur accord n'est pas toujours chose facile. Elles ont cela de commun avec toutes les puissances de ce monde. Mais, à coup sûr, le pire moyen de formuler exactement un rapport, c'est de nier un des termes qui le constituent ou de dire au fond de son cœur : Ceci tuera cela.