‹ De la certitude moraleChapitre 19 sur 98 · Descartes, Méditations, IV · texte numérisé non relu

Descartes, Méditations, IV

l'aii^mentent plutôt et la fortifient; de façon que cette indifférence que je sens lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt paraître un défaut dans la connaissance qu'une perfection dans la volonté : car, si je connaissais toujours clairement ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais e?i peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire; et ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être indifférent*. »

Ainsi Descartes distingue toujours la connaissance et le jugement : le jugement est en toute circonstance un choix, un discernement, il suppose deux contraires possibles entre lesquels il y a à prendre parti ; mais si la connaissance est évidente, le choix se fait sans hésitation : ce qui assurément est plus excellent. Ce n'est donc pas la faiblesse de notre intelligence qui donne à la volonté un rôle dans l'assentiment. Juger, c'est choisir ; choisir, c'est vouloir. Le choix se fait mieux là où Tintelligence est plus parfaite : mais nulle part l'assentiment n'est forcé ; jusque dans la pleine lumière de la vérité, là où l'évidence est entière, l'assentiment est libre ; c'est même là seulement qu'il est entièrement libre.

C'est toute une théorie de la liberté qui est ici en cause. Or, si dans l'idée de l'acte libre Descartes, excluant la contrainte du dehors, laisse subsister une nécessité intérieure, sommes-nous vraiment maîtres de notre

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