‹ De la certitude moraleChapitre 30 sur 98 · Destination de l'homme, p · texte numérisé non relu

Destination de l'homme, p

se sont développées mon intelligence et l'intelligence des autres hommes, est la volonté, non l'entendement. Si ma volonté est droite, si elle tend constamment vers le bien, la vérité se révélera sans aucun doute à mon intelligence. Si je néglige au contraire de faire bon usage de ma volonté, si c'est par l'intelligence seule que je prétends vivre, il est certain que tout ce que je gagnerai par là ne sera qu'une frivole adresse à agiter quelques subtilités dans le vide des abstractions. Dès lors, donc, il m'est devenu facile d'écarter toute fausse science qui voudrait prévaloir contre ma croyance. Je sais qu'il n'appartient pas à la pensée d'engendrer à elle seule la vérité. Je sais que toute vérité qui ne se réclame pas de la croyance, qui ne s'appuie que sur la science, est par cela même, de toute nécessité, incomplète ou trompeuse ; car la science ne nous apprend que cette seule chose, c'est que nous ne savons rien... Puisque c'est de la conscience morale que découle toute vérité, n'est-il pas évident que toute assertion qui se trouverait en opposition avec les inspirations de la conscience, ou qui tendrait à infirmer ses décisions, ne peut être une vérité? Ne dois-je pas être convaincu qu'elle contient une erreur, quand bien même il me serait impossible de démêler exactement en quoi consiste cette erreur, ou bien sur quoi elle est fondée * ? » Ficthe, remarquant que tous les hommes se mettent

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