Destination de l'homme, p
t80 CHAPITRE IV.
sur lui l'application de son propre système. Pendant quelques instants traitez -le comme s'il disait vrai, comme s'il était bien certain qu'aucune chose n'existe, que lui-même n'est pas, ou qu'il n'est du moins qu'une matière inerte. La plaisanterie ne sera pas longtemps de son goût ; il ne tardera pas à s'écrier que vous avez tort d'agir comme vous faites, que cela ne peut vous être permis, que vous ne le devez pas. Que vous ne le devez pas ! ce qui sera tout à la fois confesser votre existence et la sienne, et mieux encore, prétendre qu'à son égard certains devoirs vous ont été imposés*. »
Sur ce fondement de la conscience mora'e toute la connaissance humaine se relève. Je veux dire toutes les affirmations de l'intelligence humaine, car ce n'est point là connaître à proprement parler, selon Fichte, c'est croire. Les limites étroites de la vie présente sont dépassées : la vie future se révèle à l'espérance ardente du croyant, et les desseins de la sublime et étemelle volonté qui a fait le monde et qui le gouverne, se laissent entrevoir et se font adorer. Fichte la salue avec amour, cette volonté divine. Il ne parle plus, il chante. L'hymne remplace le discours. « C'est toi qui m'inspires quand ma pensée est conforme à la justice, à la vérité, c'est toi, toute mystérieuse, tout incompréhensible que tu demeures à ma faible intelligence, c'est toi qui m'expliques pourtant le grand