Pascal, Pensées. Relire tout le passage
6. Voir, outre le passage des Pensées sur les principes qui « se sentent », YEsprit géométrique. (Premier morceau connu sous le nom de Réflexions sur la géométrie en général.)
raison » défaillante, et si « nous avons une impuissance de prouver invincible à tout le dogmatisme, nous avons aussi une idée de la vérité invincible à tout le pyrrhonisme'. »
Que penser de tout cela ?
D'abord, qu'en examinant avec quelque soin toutes ces assertions, on y trouve plus d'une équivoque : la raison confondue avec le raisonnement; la croyance prise pour tout assentiment.
Si l'on ôte à la raison la faculté d'atteindre les données mêmes de la connaissance, c'est qu'on ne voit dans la raison que le raisonnement ou la raison discursive. Alors ce sont les principes rationnels eux-mêmes quo l'on retrouve sous le nom de croyances. Quand Hamilton, par exemple, déclare que les données originelles de la raison ne reposent point sur la raison, prenez cela littéralement, c'est une proposition sceptique. Mais entendez par le mot raison la raison discursive, et alors cela voudra dire simplement que nous ne pouvons nous rendre compte de ces premières vérités ni les déduire de vérités supérieures, et que l'analyse et la preuve sont ici impossibles et d'ailleurs superflues. Vous redresserez donc le langage de Hamilton, vous refuserez de dire avec lui que ces premières vérités sont inconcevables : vous vous bornerez à dire qu'elles sont inexplicables. Elles ont une évidence qui enlève et justifie l'adhésion de l'esprit, et, bien loin d'être inconcevables,