‹ De la certitude moraleChapitre 45 sur 98 · Timée, 49 B · texte numérisé non relu

Timée, 49 B

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autres sens du mot et en use. Mais celui-ci est fréquent chez lui. A l'exemple d'Aristote il appelle foi, mWv, toute conviction, toute adhésion, et plus volontiers celle dont la certitude est en dehors de toute contestation, c'est-à-dire l'assentiment aux premiers principes. Il dit que ces principes sont certains par eux-mêmes, parce que nous obtenons la perception intime de leur vérité par eux-mêmes, ou par leur évidence intrinsèque et immédiate, et non par d'autres connaissances qui les précèdent. S'il y a démonstration, c'est une nécessité qu'il y ait d'abord quelque chose qui fasse foi ou qui soit certain par soi-même, Trpôxepov elvaî ti tzkszov H lauToî», et c'est précisément ce qui est dit premier et indémontrable ; et c'esît à cette conviction ou certitude primitive et indémontrable que toute démonstration se ramène

(Im T/jv àvaTtoSeixtov acx TriffTiv r, Tiaaa à7rooe'.;tç àvotYSTat).

Si l'on trouve un discours qui ait pour effet, en partant de principes déjà certains, de rendre certaines ellesmêmes les choses qui ne le sont pas encore (Xc'yo; toioûto;

oTo; Ix TÔiv YjOY] Tîtarwv toTç outto) mozoï^ IxTTOpi^eff&ai t-Jjv Ttt'uTtv

Suvfltîxevoç), on pourra dire que c'est là l'essence même de la démonstration ' . Or, quels sont les mots grecs que je viens de traduite par ces mots certain^ certaines, certitude ? Précisément ces mots Triaxwv, TTt'cxot;, iriartv. Il y a

donc une adhésion produite ou par l'évidence ou par des preuves apodictiques, qu'il n'hésite pas à nommer foi. Toute foi n'est donc pas une anticipation volontaire

1. Siromata, VIII, n» 3. Voir Kleutgen, la Philosophie scolastique exposée et défendue, trad. franc., t. II. p. 400.

DU DANGKU D'KXAGliHUR LE ROLli DE LA Fol MORALE. 219

(TtpdÀrn|/tç Ixoufftoç) • par laquelle on admet ce qu'on ne voit pas ; toute foi n'est pas l'assentiment raisonnable d'une

unie libre {'\i^yj\<i aÙTS^ouaiou Xoytxvi au^xaTâôest;) ^ à la

parole de Dieu et à la vérité révélée. Il y a une foi qui est l'assentiment à l'évidence des principes premiers eux-mêmes, ou à l'évidence démonstrative.

Ces remarques suffisent pour dissiper les équivoques. C'est la raison que bien souvent on invoque quand on paraît la détruire ; et c'est l'acte essentiel de la raison que l'on désigne du nom de foi. Néanmoins ce serait philosopher d'une manière étroite que de relever ces confusions de langage sans en chercher l'explication. Peut-on admettre que c'est par l'effet d'un pur caprice que le même mot reçoit des sens au premier abord si différents ? Il faut maintenir les distinctions : mais les confusions si naturelles et si fréquentes ne cachent-elles pas quelque relation commune entre des choses d'ailleurs distinctes ? C'est toujours la même difficulté que nous avons tant de fois rencontrée : maintenir les choses distinctes sans les séparer, sans les opposer ; les maintenir unies sans les mêler, sans les confondre. Examinons encore et ces sens multiples du mot foi et cette tendance cliez tant de penseurs à agrandir le rôle de la foi. N'y aurait-il pas une raison profonde à tout cela ?

S'il y a une métaphore qui s'offre naturellement à l'esprit quand on veut parler des opérations de l'intelli-

i. Slromata, 11, n» 2.

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