‹ De la certitude moraleChapitre 48 sur 98 · Essai..., chap. iv, t. I, p · texte numérisé non relu

Essai..., chap. iv, t. I, p

objection sophistique * ; mais enfin l'objection sophistique est possible. C'est le propre de notre raison de chercher partout la raiso7i des choses : entre des objets divers elle aspire à trouver des liens de dépendance et de subordination, c'est-à-dire un ordre; parmi plusieurs arrangements concevables, elle en juge un plus simple, plus régulier, plus parfait que les autres ; elle le préfère parce qu'il satisfait mieux aux conditions d'unité, de simplicité et d'harmonie qui, à ses yeux^ constituent la perfection de l'ordre. Cette appréciation est le propre office de la raison*. Or des jugements de cette sorte n'ont les caractères ni de l'observation immédiate, ni de la démonstration logique. La certitude proprement dite ne leur appartient point : ils affirment quelque chose qui ne tombe pas sous les sens, et comme ils sont fondés sur la convenance, ils ne peuvent exercer sur l'esprit une contrainte semblable à celle d'une preuve apodictique. Ils ne produisent que la probabilité : on peut appeler cette probabilité rationnelle, du nom <^. ; la faculté même qui fournit et applique sans cesse I ;Jée de l'ordre et de la raison des choses ' ; on peut aussi V appeler philosophique'', puisque cette idée est le principe de toute philosophie, le but final de toute spéculation philosophique, le caractère éminent auquel on reconnaît l'esprit philosophique et les œuvres si différentes

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