Essai..., chap. ii, t. I, p
î. Essai..., chap. iv, t. I, p. 99.
3. £ssaî..., chap. xxv, t. II, p. 402. Voir aussi chap. m, Du contraste d$
la science et de la ijkilûso}ihie, et de la philosophie des sciences.
des faits observables eux-mêmes, la nature ne fournit pas des lignes de démarcation et des points de repère sur lesquels chacun soit forcé de tomber d'accord ; les circonstances de l'observation et les conditions de l'expérience ne peuvent être déterminées avec précision, la fantaisie de chacun se donne carrière, la langue ne peut se fixer, ni le terrain de la discussion s'affermir'. C'est ce qu'on voit dans la psychologie, impuissante à former un corps de doctrine scientifique, qui soit comme le pendant des sciences physiques et naturelles *.
L'organisation logique et scientifique n'est pas possible non plus là où les idées ne sont pas susceptibles de vérification expérimentale : dans les sciences mêmes les théories jirennent un caractère conjectural quand elles ne trouvent pas en des faits prochains et en des observations sans cesse renouvelables une perpétuelle justification. Comment les spéculations philosophiques, si hautes, si vastes, aspirant à embrasser un tel ensemble de faits, à coordonner une telle variété de choses en un système qui en donne la raison, conimeiil ces conceptions pourraient-elles avoir la rigueur, la précision , l'exactitude de la science ? Les difi'érences éclatent de toutes parts. Les sciences sont capables d'un progrès continu, parce qu'il y a transmission identique d'une intelligence à l'autre, et cette transmission identique est possible elle-même parce que les idées sont