‹ De la certitude moraleChapitre 65 sur 98 · Essais sur la reliijion, p · texte numérisé non relu

Essais sur la reliijion, p

penser aussi souvent qu'il est nécessaire pour accomplir son devoir. Mais quand la raison est bien cultivée et bien affermie, que l'imagination poursuive sa propre fin et fasse de son mieux pour rendre la vie aimable et riante au dedans de la place, il n'y a pas à cela de danger, et l'on peut se fier au rempart élevé et entretenu par la raison autour de ses limites*. »

C'est d'après ces principes que Stuart Mill résout la question religieuse. Si un penseur est sceptique en religion, et ne peut être que tel, «il fait néanmoins une chose légitime et soutenable au point de vue philosophique en se laissant aller à l'espérance relativement au gouvernement de l'univers et à la destinée de l'homme après la mort, bien qu'il reconnaisse qu'il n'y a pas de raison pour faire plus que d'espérer ^ » « On peut évaluer avec une parfaite exactitude les preuves pour ou contre dans une question, tout en laissant l'imagination se porter de préférence sur les solutions possibles qui sont à la fois les plus propres à consoler et à rendre meilleur {the most comforting and the most improving). On n'exagère pas pour cela la force des raisons qu'on a d'attendre que ces solutions possibles soient réaUsées effectivement plutôt que d'autres*. »

Nous cherchons le bonheur. Or, ce bonheur, Stuart Mill nous l'a déjà dit, ne consiste pas purement et simplement dans les plaisirs humbles et dans l'absence

Page 1