Essais sur la religion, p
de douleur ' ; on n'est vraiment heureux que par le Large développement des plus nobles et des plus hautes facultés. Mais comment « les aspirations élevées ne seraient-elles pas tenues en échec et rabattues par le sentiment de l'insignifiance de la vie humaine, » si l'imagination ne venait embellir la réalité et donner essor à l'espérance *? Stuart Mill parle souvent de l'insignifiance de la vie ' : il la constate, il s'en plaint, il ne la croit pas sans remède. La vie que mènent la plupart des hommes est, selon lui, puérile et nulle ; et ceux qui sont élevés audessus du niveau ordinaire, voyant les maux dont la vie est remplie, se prennent à penser « qu'elle ne vaut pas la peine qu'elle cause *. » Il faut ne pas ignorer le peu qu'est la vie, entendue d'une humble manière et considérée dans ses trop réelles et trop nombreuses misères; mais il faut que « l'espérance fasse de la vie et de la nature humaine des objets d'im haut prix pour le coeur. » « Alors les sentiments qui sont éveillés en nous par nos semblables et par l'humanité en général reçoivent une force nouvelle et comme ime forme plus solennelle et plus auguste'. » On se dit qu'on sait à quoi consacrer son oxistencc '' ; et puis «l'on trouve moins cruelle cette ironie
1. Nous rappelons de nouveau la deinièie page de la Logique que nous avoivs citée plus haut, puis VVtUilariauisw, el dans c«t écril, parliailièieiiieut le cliap. ii, What utilitarianism is.