Mus Mémoires, p
4. Essais sur la religion, p. 2'i0. Texte anglais, p. 256. "... a religioitsih-
011 est bon et on est heureux, ce qui, ainsi entendu, c^l la même chose. L'espérance qui avive de tels sentiments est donc éminemment profitable. « L'augmentalion du nombre des mobiles qui nous portent à nous rendre meilleurs jusqu'à la fin de notre vie, est pour nous un gain si évident qu'il n'est pas nécessaire de dire on quoi il consiste ' . »
Ce n'est pas tout. Voulant vivre d'une manière noble et procurer le bonheur d'autrui, nous trouvons un précieux secours « dans l'habitude de concevoirpar l'imagination un Être moralement parfait et de prendre l'approbation de cet Être comme le type auquel nous devons comparer et sur lequel nous devons régler notre caractère et notre vie. » Voilà donc « un autre emploi extrêmement important de l'imagination. » Si nous croyons sans réserve à l'existence réelle de cet Ktre qui réalise notre idéal de la perfection, et si, le concevant comme le régulateur de l'univers, nous croyons qu'une entière dépendance nous rattache à lui, c'est une chose incontestable qu'une telle croyance donne à nos sentiments bien plus de force qu'ils n'en sauraient puiser dans une conception purement idéale, et nos aspirations vers la bonté sont énergiquement stimulées et encouragées*.
Cependant Stuart Mill déconcerté par les souffrances
volion lo tlic welfare of oiir follow-cicaliiics, us an obli.L'alory liniit to cvery selfisli aim, atTd an «nd for llic direct promolioii of wliich no sacrilice can bc 10 créai. »
1. Essais sur la religion, p. 235. Texte anglais, p. 230. «Tlie g.iin oblaincd III ilie iiicreased iiiduceineul lo ciiltivate Ibis imprûvemenl t'f cbaracter up I" the end of life, is obvious wiilioul being specified. »
î. Lssais sur la rtUgwn, p. 235-23C.
DIVliRSIîS MANIÈRES DK DÉPRÉCIER LA. FOI MORALE. 293
et les injustices qui abondent dans l'univers, accuse le théisme, et particulièrement le théisme chrétien, de tomber en des contradictions morales révoltantes; il prétend qu'on « prête à Dieu, maître omnipotent du monde, des actes et une manière générale d'agir incompatibles avec la plus vulgaire bonté, a et cela en continuant quand même à « concevoir Dieu comme ayant la plus sublime bonté idéale. » Il rejette donc « toutes les formes religieuses qui essayent de justifier le gouvernement de l'univers; » il dit que c'est une indigne flatterie d'appeler bon un maître omnipotent qui aurait fait le monde que nous voyons ; et il déclare enfin qu'il n'est pas. nécessaire d'attribuer au principe du bien la toutepuissance *. De là il conclut qu'il y a une espérance permise au penseur sceptique. C'est que « le caractère idéalement parfait sur lequel notre devoir serait de chercher à nous modeler, et dont nous voudrions obtenir l'approbation pour nos actions, ait une existence réelle dans un Être auquel nous devons tout le bien dont nous jouissons. » Ainsi « pourvu que l'on reconnaisse que la puissance de l'auteur de l'univers est limitée, rien n'empêche plus de supposer que sa bonté est parfaite*.» Le penseur, sans se faire aucune illusion sur la valeur des preuves de l'existence et des attributs de Dieu, peut alors réaliser l'idéal moral. En abandonnant ridée de l'omnipotence divine, il ne se prive d'au-
1. £ssaî's sur la, Religion, p. 236 et 237. — Mes Mémoires, p. 37 et 38.
2. Es:iaii sur h religion, p. 237. Voir aussi p. 109 (c'est dans le deuxième
cun des avantages de l'idée religieuse. Il échappe aux contradictions morales qui excitent son indignation. Il se fait de la bonté idéale une idée plus vraie et plus consistante', et il a, ajoute-t-on encore, cet autre grand avantage de puiser dans sa conception un sentiment élevé, celui qu'il aide par un concours volontaire l'Etre invisible auquel il doit les biens de la vie : Dieu n'étant pas omnipotent, a besoin de l'assistance de Thomme, et l'honame s'acquitte envers Dieu en coopérant avec lui à l'accomplissement de ses desseins. Nouveau stimulant pour l'activité humaine. Faire avancer le bien, hâter le progrès du bien, en préparer le triomphe définitif, c'est la plus noble des tâches ^.
Voilà donc les idées religieuses que le penseur sceptique peut admettre, selon Stuart Mill, non à titre de vérités prouvées, ni même d'opinions probables, mais à titre d'espérances. Et • remarquant « l'effet précieux que le christianisme a produit sur le génie de l'homme en lui présentant dans une personne divine un type d'excellence et un modèle à méditer, » il se dit qu'il y a là « un secours utile même pour un incrédule. » « Le Dieu fait chair a pris un empire étendu et salutaire sur l'esprit moderne. » Serait-il facile de trouver « une meilleure façon de traduire la règle de la vertu de l'abstrait au concret? » Et qui donc ne se trouverait pas bien « d'essayer de vivre de telle façon que le Christ approuvât sa vie ? » « De quel-