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toute sa raison, aimer de tout son cœur, étreindre de toute 'sa volonté l'objet de sa croyance'.» Si l'on nie « l'intervention des aiîections et de la volonté, » on oublie que « c'est tout l'homme , et non l'intelligence seule,» qui affirme*. Craindrait-on que la passion entrant pour quelque cho^e dans l'affirmation, la rendît mobile ? « Les passions ne changent pas au gré des systèmes ; on ne se donne pas celles que l'on veut. Et de là vient précisément qu'en leur qualité de faits incoercibles , elles font parler la nature et révèlent ses vues'.» Ainsi «une force, un attrait puissant, fondu*^ dans notre nature entière, nous attachent au sentiment delà réalité et de l'ordre*. » Si la certitude est croyance, c'est une « croyance commune à tous les hommes, essentielle à leur nature, quant à ses données ou applications fondamentales '. » Mais cette puissance de l'instinct n'empêche pas la volonté d'intervenir : la certitude n'est-elle pas réfléchie ? « La réflexion n'est point anéantie par la force de l'instinct ; or une réflexion réelle précédant l'affirmation, fait toujours de celle-ci un mode volontaire®. » Ne méconnaissons donc jamais l'unité de l'homme. « Kant a dit : je devais abolir la science pour faire place à la foi. Quelle formule ! Quel oubli !... La sépa-