‹ De la certitude moraleChapitre 76 sur 98 · Essais..., 2" Essai, t. II, p · texte numérisé non relu

Essais..., 2" Essai, t. II, p

ration de la raison théorique et de la raison pratique, rigoureusement posée et maintenue par le philosophe,... a pour effet de placer la vérité une dans l'incompréhensible agencement de deux systèmes qui se détruisent mutuellement. Kant a fait de l'homme deux hommes en lui : un qui croit nier nécessairement, pour la logique, un autre qui veut affirmer librement, pour la morale... La raison théorique et la raison pratique contractent de leur séparation un vice égal. « Il faut « rectifier Kant » , et, « en son nom » , mais en évitant les reproches encourus par son criticisme, « unir les deux raisons pour l'établissement de la certitude'.» S'il est admis qu'être certain c'est « aimer, comprendre et vouloir de toutes ses forces « ce qu'on affirme - , « l'erreur, » dans ce système, « dépend de jugements dont nous pouvons toujours suspendre l'arrêt, et ainsi n'a rien de fatal'. » Y a-t-il, en toutes choses, « un critère en quelque sorte matériel et en tout point inéluctable » pour discerner le vrai du faux? Non, et c'est la liberté même qui veut qu'il n'y en ait point. Mais, « si le moyen n'existe pas tout trouvé, une méthode du moins existe pour y suppléer : c'est la réflexion soutenue, la recherche constante, la saine critique, l'élimination des passions invisibles, la satisfaction des justes instincts, l'équilibre observé entre la connaissance qui souvent nous fuit , et la

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