Essais..., -2" Essai, t. II, p
DE LA CEIlTITUDli MORALE DANS L'ÉCOLE CRITIQUE. 319
volonté prête à supposer ou à feindre la connaissance ^ en un mot le sage exercice de la liberté. Nous pouvons donc^ éviter Vèvreur., ce qui est le grand point et le point moral... Chacun de nous est respojisable de ses opi?iio?is comme il l'est de ses actes moraux; ou plutôt l'opinion même est ou doit être un acte moral ^ »
En composant ce résumé (dirai-je des théories de M. Renouvier, ou des nôtres?) qu'avons-nous prétendu faire? Est-ce un amusement ? A Dieu ne plaise. C'est une chose fort sérieuse. Comment ne pas retrouver avec le plus sérieux plaisir des idées qui nous sont chères dans la bouche d'un homme d'un esprit vigoureux, original, dont nous n'acceptons point d'ailleurs la philosophie? Nous avons ici quelques réserves à peine à faire, quelques mots à changer : ces pages que nous n'avons connues qu'à la fin de nos études, nous offrent comme l'expression en une autre langue de notre propre peïisée.
Rétablissons maintenant la théorie de M. Renouvier tout entière. Il prétend étabhr que « la certitude n'est pas un absolu. » « Il n'y a pas de certitude , dit-il ; il y a seulement des hommes certains*. » Selon lui, « toute théorie de la certitude qui ne procède pas de l'illuminisme et de la mysticité, mais qui vise au rationnel, » doit admettre « la relativité du vrai. »
1. Essais..., 2« Essai', t. II, p. 348-349. Les italiques sont de nous;